C. de Litt. — Bosscet (Oraisons funèbres
>me Philippique. II. Ifartha, dans une étude pré< délie tte, i montré que l'oraison funèbre chez les Romains n'esl ilion littéi livés : créée par le
peuple, - - ii eurs de la nation, elle fui une forme du
culie pendu aux grands hommes et, p ir suite, à la patrie. Li a tins n'en furent pas red : Denys d'Hali-
- rent que la première harangue ii - intérieure à Marathon : c'esl
Vaiérius Publicola qui, le premier, aurait • ■ Brutus ra tique ci
grandes ramilles, et, parmi Leurs verl
lient le plus souvent des parents qui rendaient ce dernier devoir à leurs parents. Sous la République, on cite les - d'un Fabius par sou frère; d'un autre Fabius par sou ; : d'un Méte I pion Émilien lui loué pu son ami Lélius. On c mcoil quel abus put et d . - d ms
île une famille était inl
ges - gers tnt altéré souvent l'histoire : chaque famille, foulant tirer à soi la gloire des actions et des dignités, inventai! des triomphes, multipliail les consulats. Plus lard, on ne prit même plus la peine
ire historique à ces oraisons familiales : à «lou/ ins, Oi -
: Julien ; devenu empereur, il célébra tour à tom s i Marcellus, - Agrippa,
son lils adoptif Drusus, sa sœur I A neuf ans, Ti
loua On vit même le fils ine, Néron, succé-
dante : l'imbécile empereur cl - pp ine avait
importune. »r do-
ns, dit Plii . • liarc-Aurèle gués pané-
. [ui avail refusé l'empire, et d'Antonin. Quelqui - - funèbres de femmes ont un cara
particulièrement touchant : telle l'oraison consacrée par Lucrétius Vespertillo - iria, qui, stérile, avait voulu,
:ourant au divorce, permetti mari de conti
ile union. D'autre paît, si l'horizon de l'éloquence
était trop borné, la ix fu-
- au Forum communiquait à la harangue la
moins Les anci très, ces
M. Marthi leurs cha
- ■ u d'-uiiaulour de la tribu iteur chargé de L'oraison
LES ORAISONS FUNÈBRES 3
funèbre, qui élait un fils, un frère ou un parent du défunt, prononçait son discours devant ce sénat d'aïeux devant lequel il semblait qu'il ne fut pas permis de mentir. » Le Grec Polybe n'imaginait pas de plus beau spectacle pour un jeune homme épris de gloire que cette réunion de grands hommes qui revivaient dans leurs images, et que ce deuil d'une famille devenant le deuil du peuple tout entier.
Le christianisme devait transformer l'oraison funèbre en l'épurant. Toutefois, ce n'est pas dans ce genre que les Pères grecs et latins nous ont laissé leurs œuvres les plus parfaites. Nous avons de saint Grégoire de Nazianze cinq oraisons funèbres : celle de son père Grégoire, évêque de Nazianze avant lui; celles de son frère Césaire et de sa sœur Gorgonie; celles de son ami saint Basile et de saint Athanase. Elles ont plus de charme que de puissance : saint Grégoire de Nazianze, comme l'observe Villemain, est un écrivain élégant et brillant plus qu'un orateur sublime, et pourtant il a quelques morceaux d'une éloquence aussi forte que pure, en particulier dans l'oraison funèbre de Césaire, où le « moi > de l'orateur sacré se montre avec discrétion, mais sans contrainte. Moins écrivain, moins rhéteur aussi, mais plus philosophe que son ami l'évêque de Nazianze, saint Grégoire de Nysse, frère de saint Basile, fit aussi l'oraison funèbre de ce frère qu'il se sentait supérieur, celles de saint Mélèce, de la femme et de la lille de son protecteur Théodose le Grand. C'est de Théodose lui-même que saint Ambroise prononça l'éloge funèbre, éloge médiocre, et moins éloge, à vrai dire, que sermon; et cependant celui qui le prononçait élait ce même évêque sous la main de qui Théodose repentant s'était courbé. L'oraison que saint Ambroise consacra à la mémoire de son frère Satyrus est moins impersonnelle, et par suite plus touchante. Dans le troisième de ses Dialogues sur l'éloquence, Fénelon vante l'émotion et la tendresse qui sont répandues dans les oraisons de saint Basile par saint Grégoire de Nazianze, et de Satyrus par saint Ambroise. Mais Fénelon lui-même, alors qu'il oppose l'éloquence des Pères à celle des prédicateurs modernes, est contraint d'avouer que les Pères ne sont pas des modèles toujours sûrs.
L'histoire de l'oraison funèbre pendant le moyen âge est affaire d'érudition. On nous cite l'oraison de Guillaume le Conquérant par Gilbert, évêque d'Évreux. On nous dit que jusqu'au xive siècle environ, au lendemain de la mort d'un moine, des « rouleaux mortuaires », parchemins enroulés autour d'un
OOURS DE LITTERATURE
cylindre, étaient envçyés dans tous s ints pour annon-
cer la s tus du défunt; qu'en chaque cou-
vent on ajoutait au rouleau dii - sou titres».
[ui soient dignes «le ce nom
v:>nt c ■'.' saint Bernard consacra aux
L Gérard, i-ci sermon plu g qu'oraisoa,
tthéliqu .1 y expi ime des sentiments
; première on pourrait re\e\ er quel
. mouvem< ' s.
mère? 0 m fel ! 6 la pins
-tu fait? Tu <r elle tu ne peux r lemmenl i
corps ravi quand, dernière victime, te sern< détrui pre victoire... Humbert vivra éternellement ; toi,
tu mourras pour toujo
- >ns prim mme celle de
-■lin par l'évêque d'Auxern . 89, produi-
raient longtemps dans lamémoire populaire. Mais il faut arriver à la fin du ] a début du .wiic pour rencontrer des noms qui ue souffrent pas trop du voisinage de cl* grand nom &>t saint Bernard. L'oraison funèbre en ►'•tait venue au point d'envoyer tout droit au ciel, par la voix de Pierre du Cbâtel, évêque de Màcon, un prince aussi peu irréprochable que Fran< si ; il est vrai que la Sorbonne se mit »-n travers de cette apothéose. Le cardinal du Perron, dans ses s »ns funèbres d ! et de Marie Stuart, a plus d'art que d'émotion. Plus sincèremenl [ue, saint François . quand il prononçait à Notre-Dame l'oraison funèbre du du 1602), n'avait pas le - de renoncer au iprit, et disait, par exemple : «L al de Mahomet • siforten Hongrie, qu'il semblait se vouloir rendre pleine lune. • Mais avec saint François de Sales on entre déjà - le xvn€ si