‹ Cours de littérature (volume 3)Chapitre 56 sur 228 · I. 'oraison îmméhwe au dix-septième siècle* — Les premières · texte numérisé non relu

I. 'oraison îmméhwe au dix-septième siècle* — Les premières

oraisons fiinMircs de Bossmet*

Lesorah tèbrea - ni nom -. dans la pre-

mière partie du tvn* siècle : il y en eut quinze de Henri IV,

LES ORAISONS FUNEBRES

parmi lesquelles on cile celles de Bertaut, le poête-évêque de Séez, de Coetfeteau, de Cospéan; vingtet une d'Anne d'Autriche, dont une de Mascaron et une autre de Bossuet, celle-ci perdue. Louis XIII fut loué par Godeau, l'évêque de Grasse, les dé de l'hôtel Rambouillet, qui prononça aussi l'éloge funèbre de Mathieu Mole; et parle P. Senault, dont il y a des oraisoi Marie de Médicis et de Henriette de France. Les souverains étrangers eux-mêmes avaient leurs panégyristes en France, et Jean de Lingendes, évêque de Màcon, doit à son oraison de Victor-Amédée Ier, duc de Savoie, d'avoir élé cité avec honneur au chapitre xxxu du Siècle de Louis XIV. Mais quelle idée les prédicateurs de ce temps se faisaient de ce genre d'éloquence, l'un d'entre eux, et non des moins estimés, François CL'ier, nous l'a dit dans la préface de ses Actions publiques [1652 .

La première cause de la difficulté des panégyriques vient, ce me semble, de ce qu'ils ne sont apparemment institués et introduits que pour l'ostentation,

le divertissement et la pompe. Or, les choses de cette nature doivent être en un excellent degré de bonté, de beauté et de perfection. La nécessité se contente de ce qui lui fait besoin; le plaisir veut l'abondance, là richesse, la superfluité, l'appareil... La commodité ne cherche que ses aises; l'ostentation veut un char de triomphe, un appartement superbe, un palais enchanté. Ainsi en est-il du panégyrique, qui est comme un tournoi et une monti plutôt une entrée préparée pour un homme illustre. Il faut que les portes de la ville soient ornées de festons, d'inscriptions et de statues: que les rue< soient traversées d'arcs triomphaux, de tableaux et d'emblèmes magnifiques ; que les fontaines y coulent de vin et de lait , etc. : c'est-à-dire qu'il est nécessaire que l'orateur emploie en cette occasion tout son art et toutes lesfleurs de son éloquence : autrement il ne connaît pas son sujet, et frustre l'espérance de ses auditeurs.

Dans ces exercices de rhétorique et dans ces pompes solennelles la vérité n'a rien à voir. Ils étaient rates, les orateurs semblables à ce récollet qui eut à louer Gaston d'Orléans, tâche délicate entre toutes, et qui s'en tira au désespoir de la grande Mademoiselle, fille de Gaston, ne voulant pas comprendre «que c'était un genre de prêcher ditférent des sermons ordinaires; que les religieux qui ne bougeaient de leurs cellules n pas comme on en usait à la cour » ; ne disant rien enfin « de tout ce que l'on devait dire, car il y avait les plus belles choses du monde de la vie de Monsieur qui se pouvaient tourner d'une manière admirable ». Bourdaloue, dans ses oraisons funèbres, par exemple dans celle de Condé, ressembla plus d'une fois à ce « saint » que Mademoiselle renvoyait à ses prières; mais ce n'est pas par ses oraisons funèbres que Bourdaloue est célèbre.

On a déjà m1 ce qu'il \ avait de profane, de précieux même, •bresde Fléchier, sauf en quelques lie qui ésl I urenne, parce qu'un Tu renne son-

ars eu quelque mesure une éloquence qui n'a pas à her loin la louange. Mas [ni a composé aussi mie

son funèbre de Tu renne après avoir écril celles d'Anne d'Autri lie, o*e Henriette d'Angleterre, du duc de Beaufort, du chancelier Séguier, a plus de sérieux et de grandeur. Il semble q ron ait eu à faire un moindre effort que Fléchier

ru renne un porlrail vrai. C'est aussi la sincérité de l'orateur chrétien qu'on peut louer dans le portrait de Madame Mascaron abuse quelquefois des portraits, alors à la mode : m lis Mascaron n'a pas l'émotion ni la délicatesse de On lui a reproché de rester trop exclusivement sermondans l'oraison funèbre; cependant, il accorde une large dans sou discours au récil historique : témoin l'oraison funèbre de Beaufort. Entre Mascaron et Fléchier, l'admiration du public contemporain hésitait. Mme de Sévigné juge que Tua été loué « divinement » par Mascaron, et que Fléchier ittu d'avance; mai-, quand elle lit ensuite Fléchier, elle /il est encore au-dessus. Cet!»' même Mme de Sévigné, dans une lettre datée du G mai 1072, nous apprend ce qu'était alors une oraison funèbre, spectacle des yeux et régal de l'esprit plutôt qu'enseignement grave et chrétien.

Je fus hier à un service de M. le chancelier à l'Oratoire. Ce sont les pein- - sculpteurs, les musiciens et les orateurs qui en ont fait la dépense; '•n un mot, les quatre arts libéraux. C'était la plus belle décoration qu'on - ner. Le Brun avait fait le ck-ssin ; le mausolée touchait à la voûte, le mille lumières el de plusieurs figures convenables à celui qu'on voulait louer. Quatre .squelettes en bas étaient chargés des marques de sa dignité, comme lui étant les honneurs avec la vie. L'un portait son mortier, l'autre de duc, l'autre son ordre, l'autre lei le chancelier. Les

étaient éplorés el désolés d'avoir perdu leur protecteur: la Peinture, la Musique, l'Éloquence et la Sculpture. Quai: u tenaient la Qtalion : la Force, la Justice, la Tempérance el la Religion. Quatre Anges ou quatre Génies recevaient au-dessus c itte belle âme. Le maniait encore orné de plusieun a tenaient une chapelle . . qui tenait à la voûte. Jamais il ne s'est rien vu de si magnifique, ni de si bien Imaginé : c'est le chef-d'œuvre de le Brun. Toute l'église était - . d'emblèmes qui avaient rapport à la vie ou aux er. Plusieurs actions principales y étaient peintes... L'assemblée était belle el grande, : infusion : j'étais auprès de M. de Tulle, de M. Colberl el de M. de &£onmoutb...H est venu un jeune père de l'O ratoire pour faire l'oraison funèbre. J'ai 'lit à M. de Tu. :i de le faire

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