I. Vo la p. 14 Mu premier fascicule. A cot« de cei km
reJoppemeats, je note un trait j i h-;. Bossuet ailleurs qui
olémiqae : » Slesfrere» snce, tandis que ce méde in n'est
inant des jours et heures qui ne sont point ■ nirablement de la mala
LES ORAISONS FUNEBRES 11
et prudente : Bossuel, loin d'esquiver La difficulté, l'aborde d ■
front, avec une sincérité habile.
Deux maladies dangereuses ont affligé on nos jours le corps île L'Église : il
,i pris à quelques docteurs une malheureuse et inhumaine complaisance, une pitié meurtrière, qui leur a fait porter des coussins sous les coud pécheurs, chercher des couvertures à leurs passions, pour condescendre à leur vanité, et flatter leur ignorance affectée. Quelques autres, non moins extrêmes, ■ 'lit tonu les conscionces captives sous des rigueurs très injustes : ils no peuvent supporter aucune faiblesse, ils traînent toujours l'enfer après eux. et ne fulminent que des anathèmes. L'ennemi de notre salut se sort également des uns et des autres, employant la facilité de ceux-là pour rendre 1? vice aimable, et la sévérité de ceux-ci pour rendre la vertu odieuse...
Certes, je ne vois rien dans le monde qui soit plus à charge à l'Église que ces esprits vainement subtils, qui réduisent tout l'Evangile en problèmes, qui forment des incidents sur l'exécution de ses préceptes, qui fatiguent les casui-tes par des consultations infinies : ceux-là ne travaillent, en vérité, qu'à nous • nvelopper la règle des mœurs... Mais que dirai-je de ceux qui détruisent, par un autre excès, l'esprit de la piété, qui trouvent partout des crimes nouveaux, et accablent la faiblesse humaine en ajoutant au joug que Dieu nous impose? Qui no voit que cette rigueur enfle la présomption, nourrit le dédain, entretient un chagrin superbe, et un esprit de fastueuse singularité; fait paraître la vertu trop pesante, l'Évangile excessif, le christianisme impossible?...
Vous, docteurs relâchés, puisque l'Évangile est un joug, ne le rendez pas si facile : de peur que si vous êtes chargés de son poids, vos passions indomptées ne le secouent trop facilement; et qu'ayant rejeté lejou,:. nous ne marchions indociles, superbes, indisciplinés, au gré de n<:>> désirs impétueux. Vous aussi, docteurs trop austères, puisque l'Évangile doit être léger, n'entreprenez pas d'accroître son poids : n'y ajoutez rien de vous-mêmes, ou par faste, ou par caprice, ou par ignorance. Lorsque ce Maître commande, s'il charge d'une main, il soutient de l'autre : ainsi tout ce qu'il impose est léger; mais tout ce que les hommes y mêlent est insupportable.
Vous voyez donc, chrétiens, que. pour trouver la règle des mœurs, il faut tenir le milieu entre les deux extrémités: et c'est pourquoi l'oracle toujours sage nous avertit de ne nous détourner jamais ni à la droite ni à la gauche. Ceux-là se détournent à la gauche, qui penchent du côté du vice, et favorisent le parti de la corruption; mais ceux qui mettent la vertu trop haut, à qui toutes les faiblesses paraissent des crimes horribles, ou qui, des conseils de perfection, font la loi commune de tous les fidèles, ne doivent pas se vanter d'aller droitement, sous prétexte qu'ils semblent chercher une régularité plus scrupuleuse. Car l'Écriture nous apprend que si l'on peut se détourner en allant à gauche, on peut aussi s'égarer du côté de la droite, c'est-à-dire en s'avançant à la perfection, en captivant les âmes infirmes sous des rigueurs trop extrêmes. Il faut marcher au milieu...
C'est malgré lui que cet homme modeste et pacifique a été contraint de se signaler parmi les troubles de l'Eglise. « Mais un docteur ne peut passe taire dan* la cause de la foi. » Nicolas Cornet vit que la nouvelle école, celle des jansénistes, en s'emparant des doctrines de saint Augustin sur la grâce, et en les poussant à leurs extrêmes conséquences, n'allait à rien moins
- DE I.I [TÉRÀTURE
ruiner ins mt la Liberté de L'homme; il n'1
s hommes, élo [uents, bai dis, décilumineux, mais plus capal
de tenir le raisoi sur le
tant, et plus asemhle I s vérités
ir unité naturelle . Bossue!
lui une véritable guerrech la paii de l'I - . une
- leui dernières - ienl
j an vie 1667, - i du Bouloi . de\ anl l'ar-
que Hardouin de P de noml
• la prem sons fu
et la s^uil»* qui ne nous ait pas lie de la reine
. Anne d'Àutrii oir Ion jouis monlr
bienveillance parti» dul s'en souvenir
émotion. Son discours, dit Ledieu, fut d'autant plus touchant qu'il •.'■tait lui-même plus douleur de la perte qu'il
avait laite. .V lis n - nous coi
témoig - manuscril m ouvé.
Il faudra des sollicitations pu pour décida I àne
plus d i public les grandes oraisons funèbres qui voni
suivi 1687, I : i d é .
I/oraisoii funèbre après Koxsuet.
oraison funèbre d'Yolande de Mentor, mdé,
il v a un intervalle d
a Louis de Bourbon, quelle distance mora I ins la
• a de Forais l ssuet annonçait son inten-
tion de consaci
d'une ardeur qui n'était pas si près de s'éteindre qu'il le dit, voulait-il, comme on a pu le croire, échapper à l'embarras de . •' du plutôt, avec sou sûr instinct delà
grandeur et de l'harmonie, ne sentait-il pas qu'il y avait une suprême convenance à ne plus louer personne après Condé? D'au': - célébrer les vei tus de Harl)
Gnampvallon. En annonçant â S\mt de la mort d
LES ORAISONS FUNÈBRES l:;
archevêque de Paris, M"10 de Coul anges écrivail 12 août ! « Il s'agit maintenant de trouver quelqu'un qui se charg L'oraison funèbre du mort; on prétend qu'il n'y a que deux petites bagatelles qui rendent cet ouvrage difficile : o'esl la vie et la mort. » Le P. Gaillard fut cet audacieux -te, et
Mrac de Coulantes écrivait encore (16 sept.) : « Il a imaginé de faire un sermon sur la mort au milieu de la cérémonie, de tourner tout en morale, d'éviter les louanges et la satire, qui sont deux écueils bien dangereux. Tout le prélude des oraisons funèbres n'y sera point; il se jettera sur les auditeurs pour les exhorter: il parlera de la surprise de la mort, peu du mort, et puis Dieu vous conduise à la vie éternelle. »
La fausseté de ce genre, lorsqu'il n'est pas soutenu par la gloire du héros et par le génie de l'orateur, éclatait de plus en plus à tous les yeux1. Combien de grands sujets s'offrirent désormais même aux grands orateurs? Pour un Louis XIV, qui lui arrachait l'exorde partout cité : « Dieu seul est grand. » Massillon avait à pleurer éloquemment un prince de Conti [1709 . un dauphin (1711), ou, plus tard, Madame, mère du Régent (1723). Au début de l'oraison funèbre de Villeroi, archevêque de Lyon, il se plaignait qu'on mêlât à la pensée du tombeau le souvenir de mille événements profanes. Bossuet lui-même n'eut dans le P. de la Rue qu'un très insuffisant panégyriste.
On devine ce que l'oraison funèbre devint en plein xvnr3 siècle. C'est tout au plus si l'on cite, sans y aller voir, les oraisons funèbres du cardinal Fleury et du maréchal de Belle-Isle par le P. de Neuville : celles de Marie Leczinska, du dauphin, fils de Louis XV, et de Louis XV lui-même, par l'abbé de Boismont : quelques-uns des éloges funèbres écrits par celui-ci étaient prononcés devant l'Académie française, ce qui suffit à en indiquer le caractère. Peut-être faut-il faire une honorable exception en faveur des oraisons de J.-B. de Beauvais, évèque de Senez, et dont la principale est celle de ce même Louis XV, relativement indépendante et hardie. C'est là que se trouve la phrase que devait s'approprier Mirabeau, sur ce silence des peuples qui est la leçon des rois.
Dirons-nous qu'il y eut une sorte de renaissance de l'oraison funèbre au xixe siècle avec Frayssinous et Lacordaire? Mais le nom de ce dernier est le seul qui surnage, et, parmi ses éloges funèbres, c'est à peine si l'on se souvient de l'éloge d'O'Connei,
J. Voyez lu Bruyère, eh. :w De la Chaire), 18 et 20.
!li<'li<jue i uni de rendre hommage à la
slante.Eni i, on lit encore quelques beaux
il funèbre de Drouot (Nancy, 1847), parce
• laire y fait revivre l'enfance studieuse de ce fil- du
de ce Boldat, la vieillesse désin-
chrétien. Sans prétendre comparer à
et un orateur et an écrivain inégal, nous ne croyons pas
la fin lia ira ligi le clore cette étude sommaire
raison
incertaine encor<dans aet - - ivreté, Le désintéi
icoap à Dieu! El roua qui avez aourri ce trrand homme.
toul ce que . pu vous r.-.v . jusqu'au j"ur où votre poudre, sanctifiée
la voix de - léral Drouot nous appa-
ii leeonnùm iie, capitaine habile et intré-
pide, ami h : ton | t i Heur ardent el ! le la patrie,
solitaire Btoïque, chrétien sincère, huml-i- aimant les paurres ju>-
ivre lui-même; l'homme eni aon le plus
i inonde dan- la première moitiéde ri.
BIBLIOGRAPHIE
TEXTES
Édit. Catien (Dupont), Didier (Delagrave), Gazier (Colin , Jacquinet (Belin , Montigny Garnier .
LIVRES
Barante De . — Étude* critiques et historiques; Didier, 1859, nouv.
édit.; p. 17-20, 29-32.
Bausset -De'. — Histoire de Bossuet ; 4 vol. in-12, Beaucé-Rusand,
1828 ; t. I", 1. n, p. 136 à 142, 157, 158. Bersot (Ernest). — Essais de philosophie et de morale, t. 1er, p. 289 à