Hachette
Càffiàox. — De l'Oraison funèbre en Grèce; thèse, 1861, in-8°. Ci'Cheval. — Histoire de l'éloquence latine depuis l'origine de Rome
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— Histoire de l'éloquence romaine depuis la mort de Cicéron jusqu'à
l'avènement de l'empereur Hadrien; Hachette, in-12, 1893.
2 vol. in-12 ; t. I«-r, ch. ier et n. Deschanel. — Le Romantisme des classiques ; 3e série, 1888, Calmanu
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Faguet. — Le Dix-Septième Siècle; Lecène. Gazier. — Revue bleue, XIII, art. sur l'Oraison funèbre de Nicolas
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Gandar. — Bossuet orateur; Perrin, édit. 1888, in-12; I, 6, 3. Gérizez. — Essai sur l'éloquence et la philosophie de saint Bernard;
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Hurel. — Les Orateurs sacrés à la cour de Louis XIV ; Didier, in-8°. Jacquinet. — Les Prédicateurs du dix-septième siècle avant Bossuet ;
Didier, 1863, in-8°.
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R tuard,
i-12, t, l'r juin . Himi: .
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dit., 2 vol
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in-12; 11.
— .Y Calmann-Lévy; t. II et XII.
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JUGEMENTS
Bossuet s'était donné aux oraisons funèbres, genre d'éloquence qui demande de l'imagination, et une grandeur majestueuse qui tient un peu à la poésie, dont il faut toujours emprunter quelque chose, quoique avec discrétion, quand on tend au sublime.
Voltaire, Siècle de Louis XIV, eh. xxxn.
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Jamais les rois ont-ils reçu de pareilles leçons? jamais la philosophie s'exprima-t-elle avec autant d'indépendance? Le diadème n'est rien aux yeux de l'orateur: par lui le pauvre est égal au monarque, et le potentat le plus absolu du globe est obligé de s'entendre dire devant des milliers de témoins que ses grandeurs ne sont que vanité, que sa puissance n'est que songe, et qu'il n'est lui-même que poussière. Trois choses se succèdent continuellement dans les discours de Bossuet : le trait de génie ou d'éloquence; la citation, enfin la réflexion ou le coup d'oeil d'aigle sur les causes de l'événement rapporté. Souvent aussi cette lumière de l'Église porte la clarté dans les discussions de la plus haute métaphysique ou de la théologie la plus sublime; rien ne lui est ténèbres. L'évêque de Meaux a créé une langue que lui seul a parlée, où souvent le terme le plus simple et l'idée la plus relevée, l'expression la plus commune et l'image la plus terrible, servent, comme dans l'Écriture, à se donner des dimensions énormes et frappantes.
Chateaubriand, Génie du christianisme.
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L'oraison funèbre, telle que Bossuet l'a pratiquée, n'existait pas avant lui, elle ne se retrouve plus après lui; il l'a épuisée tout entière. L'oraison funèbre de Bossuet est nécessairement composée d'éléments divers. Il y a une part obligée de pané-
: il faut faire l'éloge du mort. La France tout entière
rsonne d itten-
dant qu'on rendt I - nd mort, qui a
été l'un de ses chefs, un pasteur des bomroi s. La s ilenni
pour lui. dernier hommage que cette brillante
••'• lui puisse offrir. Mais Bossue! croirait faire un acte indig stère si son discours n'était que cela. Cet
moralement profitable. Et sur cepoinl il y aura •ment une part d'enseignement, pour laquelle il se g modèles anciens, avec les panégyristes, les mon s s, 3 auteurs d'épitres consolatoires. Mais il y met moraliste doit se distinguer des moratre avant tout un moraliste chrétien.
tel a été le premi< r, — et c'est là ce qui constitue sa grande si ce qu'autrefois on ne marquait pas assez en int de lui, parce qu'on {"étudiait surtout au point de vue littéraire, et qu'on voyait surtout en lui un écrivain (ce qu'il n'a pas voulu être), et pas assez un docteur et un prêtre chrétien et niellant au service de sa foi une admirable éloquence, — il a été le premier qui se soit bien rendu compte qu'autre - devait être un éloge funèbre, autre chose une oraison funèbre. Il a été le premier à sentir que celle-ci ne devait pas •• emphatique d'un grand personnage mort, éloge et emphase d'autant plus déplorables qu'ils se trouvaient dans la bouche d'un prêtre et dans la chaire d>- vérité; qu'elle ne dorai! me autre forme de l'enseignement religieux, sa
forme la plus haute et la plus saisissante. C'est une espèce de sermon, mais un sermon vivant, pour ainsi dire, un sermon en action, un sermon qui n'est pas seulement doctrinal, un sermon qui n'est pas seulement un conseil, une leçon, mais où tout est rie, où tout est sentiment, où tout ^st passion, et où à chaque instant la vérité générale est appuyée d'un exemple particulier et de l'exemple le plus éclatant possible, où l'oraleur n'est plus seul à parler, où les faits, les hommes, leslivres saints et les Pères de l'Église, où la vie et la mort prennent la dent tour à tour.
NisabDj Histoire, de la littérature française; Didot.
Les - : mèbres, dont pendant longtemps l'opinion des
gens du inonde a fait le plus glorieux titre de Bossuet à l'élo-
LES ORAISONS FUNEBRES 19
quenee, sonl sans doute écrites dans un admirable lan mais ce qui leur a valu ce succès classique, c'est précisément un mérite littéraire et une habileté de panégyriste qui, lorsqu'on y réfléchit sérieusement, ne sont pas toujours en parfaite harmonie avec la chaire de vérité. Peut-èlre lui-même en jugeailil ainsi : on ne voit pas qu'il ait jamais recherché l'occasion de prononcer des oraisons funèbres.
De Barante, Études littéraires et historiques; Didier.
De grands exemples, de grandes fortunes, sont l'aliment nécessaire de l'oraison funèbre. Faute d'une matière suffisante, la rhétorique s'y glisse. Bossuet échappe à ce danger par l'importance des personnages qui sont le sujet de ses discours, et aussi parla gravité d'une parole toujours purement chrétienne. Si parfois, dans le tableau qu'il retrace de la vie de ses héros, il ménage la vanité inquiète des familles et l'impérieux orgueil de la cour, la vérité reprend tous ses droits dans la leçon qu'il tire du spectacle de leur mort. Plus il les élève aux yeux des hommes, plus il les abaisse sous la main de Dieu; et leur grandeur devient, pour ceux-là mêmes qui s'en faisaient gloire, un avertissement et une menace...
« Faire voir dans une mort la mort et le néant de toutes les grandeurs humaines, » tel est, sous la pompe de l'éloge, le fond sévère de ces fêtes funèbres. Mais ce fond unique, l'orateur le revêt des couleurs les plus variées. Des six grandes Oraisons, aucune ne se ressemble par la disposition et par la nature du développement. Avec la même souplesse d'intelligence qui lui avait ouvert tous les accès de l'histoire, Bossuet va droit au cœur de ses divers sujets, apportant aux questions de politique, de droit, de casuistique religieuse ou de morale humaine qu'ils soulèvent, les lumières du sens le plus droit. Et sa vigoureuse imagination, nourrie de la plus pure moelle de l'Écriture et de l'antiquité, polie par un travail assidu et par l'habitude incessante de la parole devant une cour éprise du beau langage jusqu'en présence de la mort, répand sur tous les sujets des trésors d'éloquence et de poésie.
Gréard, Précis de littérature; Masson.