‹ Cours de littérature (volume 3)Chapitre 66 sur 228 · Hara esl pins favorable aa cai · texte numérisé non relu

Hara esl pins favorable aa cai

•lu roi. ii<.'.t il parie avec une sympathie qui n'esl guère moins chaleureuse que

- caractère de Charles était un lé ; mais ses vertus

moment «ur ms vices ou plus proprement sur «es imperfec-

•it<- l'épithete de bon plutôt que cell - - qualités If*

ent établi qu'à cède

: » polaire ou qu'à le« réprimer... D'ailleurs, si l'on

- ultés auxquelles il fut si souvent réduit, cl com-

forcé de convenir

honneur doivent tenir rang entre ses plus brillantes vertu?.

cliie politique a été la punition, comme la conséquent l'anarchie religieuse. Ainsi le voulait la Providence.

Le portrait de Cromwell est rattaché plus directement e; au raisonnement, et l'on comprend aisément pourquoi. La révolution d'Angleterre s'est accomplie malgré Charles Ier, mais par Cromwell. Par Cromwell seul? Non, Cromwell n'est qu'un envoyé, un iléau de Dieu, et c'est à ce titre même que Bossuet ne peut s'empêcher de lui témoigner une sorte de respect : on peut détester, mais non mépriser ces hommes par qui les arrêts de la Providence s'accomplissent. Tout porte dans ce fameux jugement sur Cromwell, tout est argument :

Un homme s'est rencontré, d'une profondeur d'esprit incroyable, hypocrite raffiné autant qu'habile politique, capable de tout entreprendre et de tout cacher, également actif et infatigable dans la paix et dans la guerre, qui ne laissait rien à la fortuue de ce qu'il pouvait lui ôter par conseil et par prévoyance; mais au reste si vigilant et si prêt à tout, qu'il n'a jamais manqua les occasions qu'elle lui a présentées; enfin un de ces esprits remuants et audacieux qui semblent être nés pour changer le monde. Que le sort de tels esprits est hasardeux, et qu'il en parait. dans l'histoire à qui leur audace a été funeste ! Mais aussi que ne font-ils pas, quand il plaît à Dieu de s'en servir ? Il fut donné à celui-ci de tromper les peuples et de prévaloir contre les rois. Car, comme il eut aperçu que dans ce mélange infini de sectes, qui n'avaient plus dérègles certaines, le plaisir de dogmatiser sans être repris ni contraint par aucune autorité ecclésiastique ni séculière, était le charme qui possédait les esprits, il sut si bien les concilier par là qu'il fit un corps redoutable de cet assemblage monstrueux. Quand une fois on a trouvé le moyen de prendre la multitude par l'appât de la liberté, elle suit en aveugle, pourvu qu'elle en entende seulement le nom. Ceux-ci, occupés du premier objet qui les avait transportés, allaient toujours, sans regarder qu'iis allaient à la servitude : et leur subtil conducteur, qui, en combattant, en dogmatisant, en mêlant mille personnages divers, en faisant le docteur et le prophète aussi bien que le soldat et le capitaine, vit qu*il avait tellement enchanté le monde, qu'il était regardé de toute l'armée comme un chef envoyé de Dieu pour la protection de l'indépendance, commença à s'apercevoir qu'il pouvait encore les pousser plus loin. Je ne vous raconterai pas la suite trop fortunée de ses entreprises, ni ses fameuses victoires, dont la vertu était indignée, ni cette longue tranquillité qui a étonné l'univers. C'était le conseil de Dieu d'instruire les rois à ne point quitter son Église. Il roulait découvrir par un grand exemple tout ce que peut l'hérésie, combien elle est naturellement indocile et indépendante, combien fatale à la royauté et à toute autorité légitime Au reste, quand ce grand Dieu a choisi quelqu'un pour être l'instrument de ses desseins, rien n'en arrête le cours: ou il enchaîne, ou il aveugle, ou il dompte tout ce qui est capable de résistance. ((Je suis le Seigneur, dit-il par la bouche de Jérémie; c'est moi qui ai fait la terre avec les hommes et les animaux, et je la mets entre les mains de qui il me plaît. Et maintenant j'ai voulu soumettre ces terres à Nabuchodonosor, roi de Babylone, mon serviteur. » Il l'appelle son serviteur, quoique infidèle, à cause qu'il l'a nommé pour exécuter ses décrets. « Et j'ordonne, poursuit-il, que tout lui soit soumis, jusqu'aux animaux. » Tant il est irai que tout ploie et que tout est souple quand Dieu le commande! Mais êc-:-u-

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rqués, con il quand doit ilurc

an point de vu.' littéraire, ni comme un - g . qu'on détache pour les considérer à pari, qu'un lel morceau veut être étudié. <>n l'a rapproché du portrait de Catilina par Sali us te, el il parall certain que Bos- - uvient de l'historien latin. Ce n'est pas, d'ailleurs, le iiir profane qu'il mêle à cette première des oraisons funèbi - - - parler d»-s réminiscences, il cite Quinte-Gurce, Pline l'Ancien, Tite-Live. Maison ajoute que le portrait de Catilina est celui du conspirateur en soi, plutôt que de la personne qu'a été Catilina, tandis que le portrait de Cromwell est vrai romwell seul et ne saurait s'appliquer à un autre : c'est Cromwell seul qui joue mille personnages, docteur à la fois et prophète, soldat el capitaine. Mais il y a des traits précis dans le portrait de ce Catilina que Sali us te a bien connu, et il y a une raie suivie qui domine le portrait de Cromwell. Ce qui -M surprenant, c'est que le même portrait puisse être tout ensemble, avec la même plénitude de signification et la même intensité de vie, aussi hautement symbolique el aussi énergiquement individuel. D'une paît, tout le morceau est subordonné à l'idée directrice, Cromwell instrument des vengeances -u; d'autre part, Cromwell est scruté jusqu'au fond de l*&me pai les yeux d'un observateur que les apparences ne trompent [.a-. I philosophe religieux, prévenu contre

awell, qui travestit en hypocrite '«-lui en qui M. (iuizot tau e passionné, dupe de son propre orgueil. C'est le moraliste qui a péi ses replis el jusqu'en ses

contradiction-.

A force d'être un moraliste, il peut être, sans doute, un historien ' ; mais historien à proprement parler, il ne peut pas,

1. Relisez parallèlement avec \' Histoire de$ variation» les orai«ons funèbi en particuliei eellesde : gteterre et rie Michel le Tellier; rap

• beth. Calvin, Melancbthon. le plus étudié, le pins n iirrait-oa <lir<-. el le plus sympathique; Luther, si largement des- -•■ toute l'horreur de l'fc ■' ;i hu-

entrainantm images; comparer ce Luther au fameo»

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ramenant an même orgueil delà

l'amour-proprc devenues 'I- grands trompeurs de mul-

— L'abbé I - ie 1 >--" * i été plus

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il ne veut pas l'être. Il a pris parti résolument, en Louis XIV qui juge la révolution d'Angleterre d'après la Fronde, et en prêtre catholique qui déteste « le libertinage d'esprit, I fureur de disputer des choses divines sans fin, sans règle, sans soumission », et ce « dégoût secret de tout ce qui a de l'autorité ». Le Français, parlant devant la sœur de Charles II restauré, croit et dit que « ce prince magnanime » l'ait régner avec lui la justice, la sagesse et la clémence », triple éloge dont l'histoire n'a pas ratifié un seul. Le prêtre se propose de démontrer qu'on énerve la religion quand on la chang* l'on n'oublie pas, de plus, que la théorie de l'action providentielle, dont les hommes ne sont que les instruments inconscients, se mêle à tout dans ce discours, y domine tout, on conclura qu'il n'y faut pas chercher l'histoire vraie, ou du moins l'histoire complète; car de ce que l'historien et l'orateur se placent à un point de vue différent l'un de l'autre, il ne résulte pas qu'ils ne puissent jamais se rencontrer.

Comment Bossnet trace un portrait de femme el de reine.

Sur ce fond à demi historique se détache du moins une figure singulièrement vivante de reine et de femme. La femme, il a sans doute adouci, attendri les traits de sa physionomie énergiquement personnelle. Celte princesse, que Mme de Motteville nous peint maigre et petite, à la taille gâtée, dont l'éducation avait été rétrécie par l'esprit léger, mesquinement dévot, et la manie d'étiquette de sa mère ; qui manquait enfin des « grandes et belles connaissances que donnent l'étude et la lecture », il la dresse devant nous dans un portrait en pied où il y a de la grandeur et de la grâce, de la vérité aussi, mais une vérité corrigée, idéalisée :

Elle eut une magnificence royale, et l'on eût dit qu'elle perdait ce qu'elle ne donnait pas. Ses autres vertus n'ont pas été moins admirables. Fidèle dépositaire des plaintes et des secrets, elle disait que les princes devaient garder le même silence que les confesseurs et avoir la même discrétion. Dans

laume d'Orange, dans l'oraison de Louis XIV. Au moins il s'interdit l'outrage. Cette modération relative est d'autant plus remarquable qu'il parlait dis ans après que le cadavre de Cromwell, au lendemain de la restauration de Charles II, avait été traîné sur la claie et pendu.

10 iDRS DE LITTERATURE

n'a d »uté d I autre a mieux pratiqué cel art obli-

areu"

. al que

a que c im-

:i moins que l'autorité. Vous

til le- affaires; etuue main ri habii - ■ l'État,

C'e-t pla art une réminiscence de Virgile, mais c'est

• a lt reine d'Angleterre une douceur et une prud qu'elle c'eut pas toujours. Quand celle que le pape Urbain VIII exhortait à devenir L'Esther de son peuple opprimé, la Clofilde qui soumettrait au Christ s<»n victorieux époux », partaiL sil'on peut ainsi parler, pour la conquête de l'Angleterre hérétique avec ses trente -six chapelains; quand elle travaillait à rage mémorable du rétablissement de l'Eglise »; que

- île chapelle royale voyait « plus de trois cents conver-

itisme, tandis que l'Église catholique, ère opprimée, « faisait retentir hautement les cantiques

- .n dans une terre étrangère », c'est de discrétion tout au moins et d'habileté que manquait Henriette. Il est vrai que cette

se princesse, quand elle servait l'Église, « croyait servir L'État -, et que Bossuet ne peut pas ne pas le croire avec elle. M ; - nients suffiraient à prouver qu'elle n'a pas servi

les intérêts de sa religion « sans commettre l'autorité du roi son se . Et ces « nuages » dont Bossuet parle avec tant de

hardiesse ;t 1 i fois et de discrétion, qui ont troublé un moment le bonheur conjugal de la reine, d'où venaient-ils, sinon de ses imprudences? Et quand, pour la soustraire aux influences de son entourage, on renvoyait en Fi ince ses chapelains, quand on la séparait des femmes de sa maison, et que, pour les rappeler, elle brisait les vitres de sa fenêtre qu'on tenait fermée,

rchait les mains, déchii ait sa robe, à quoi aboutissait-elle

par res démonstrations violentes, sinon à provoquer contre les

catholiques des mesures plus rigoureuses? Cette fille de Henri IV

était " vive, prompte et remuante ». MIue de Ifotteville, qui l'at-

rit pour Bossuet un mémoire particulier sur la vie

lie qu'elle avait connue de fort près. Bossuet en a tiré un mais il y a laissé de coté les traits qui eus-ent trop

lé la physionomie de l'héroïne, alors qu'il voulait retracer surtout la Ogure de la chrétienne.1. Par exemple, il a m'

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