‹ Cours de littérature (volume 3)Chapitre 68 sur 228 · DUCHESSE D'ORLÉANS · texte numérisé non relu

DUCHESSE D'ORLÉANS

21 août 1670.

Les circonstances : vie et mort de Madame. — Madame et Bossuet.

Dix mois après avoir prononcé à Sainte-Marie de Chaillot l'éloge funèbre de Henriette de France, reine d'Angleterre, devant Henriette d'Angleterre, duchesse d'Orléans, sa fille, Bossuet devait prononcer à Saint-Denis celui de Henriette d'Angleterre, enlevée par une mort soudaine et mystérieuse, à vingt-six ans.

Celte mort, « moins attendue qu'un coup de tonnerre » (l'image qui se présente si naturellement à l'esprit de Bossuet est aussi chez Mme de la Fayette1), produisit une impression profonde sur les contemporains. « Corbinelli, écrit Mm0 de Sévigné à Bussy2, vous dira la mort de Madame, c'est-à-dire Fétonnement où l'on a été en apprenant qu'elle a été malade et morte en huit heures et qu'on perdait avec elle toute la joie, tout l'agrément et tous les plaisirs de la cour. » Le frivole Bussy en est a surpris et effrayé » ; la froide Mme de Grignan en est « hors de sa place ». Pour bien comprendre cette émotion des contemporains et celle que respire le discours de Bossuet lui-même, il faut connaître, dans ses traits généraux, ce que fut cette vie couronnée par cette mort.

Henriette-Anne d'Angleterre, cinquième enfant de Charles Ier

1. Histoire de Henriette d'Angleterre. Mfflc de la Fayette écrit encore, le 30 juin 1673 : « Il y a aujourd'hui trois ans que je vis mourir Madame ; je relus hier plusieurs de ses lettres : je suis toute pleine d'elle. »

5. Lettre du 6 juillet 1070. Voir aussi les lettres à M1»* de Grignan des 4 juillet 1671, 3 juillet et 3 déc. 1672.

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