‹ Cours de littérature (volume 3)Chapitre 75 sur 228 · ORAISON FUNÈBRE DE MARIE -THÉRÈSE D'AUTRICHE · texte numérisé non relu

ORAISON FUNÈBRE DE MARIE -THÉRÈSE D'AUTRICHE

REINE DE FRANCE (1-r sept. 1683.

La vie de la reine. — Quel parti Bossuet en pouvait tirer pour louer et peindre la femme.

Treize ans s'écoulèrent entre l'oraison funèbre de Henriette d'Angleterre et celle de Marie-Thérèse d'Autriche. En remontant dans la chaire de Saint-Denis, Bossuet ne s'y sentait plus inspiré par une émotion personnelle ni par un sujet vraiment digne de son éloquence. Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne, avait été, il est vrai, reine de France, mais sa vie avait eu peu d'éclat, et sa mort ne fut point un « coup de tonnerre ».

Née en 1638, fille de Philippe IV, roi d'Espagne, et d'une fille de Henri IV, Isabelle de France, l'infante épousa son cousin germain Louis XIV en 1660, au lendemain de la paix des Pyrénées, dont cette union fut le gage. Elle avait toujours rêvé d'être reine de France, sa mère lui assurant qu'elle ne pouvait être heureuse autrement, et, avant d'aimer la personne de Louis XIV, elle avait aimé ses portraits. Il eut en elle, dit Saint- Simon1, « une épouse qui avait de la beauté, qui ne vécut jamais que pour lui, avec la douceur, la complaisance, la vertu la plus parfaite, et qui, pour l'amour de lui, avait oublié sa maison, sa patrie, et était devenue aussi passionnément Fran-

i. Parallèle des (rois rois.

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