‹ Cours de littérature (volume 3)Chapitre 91 sur 228 · ORAISON FUNÈBRE DE LOUIS DE BOURBON · texte numérisé non relu

ORAISON FUNÈBRE DE LOUIS DE BOURBON

PRINCE DE CONDÉ (10 mars 1687.)

Bossuet et Condé avant l'oraison funèbre. — Le « moi » de Bossnet dans l'oraison de Condé.

Entre toutes les oraisons funèbres de Bossuet, celles de Madame et de Condé, on Ta souvent observé, se distinguent par l'émotion personnelle qui les anime. Bossuet avait vu mourir Madame, et il avait été le témoin de la vie de Condé.

Les Condé, gouverneurs de la Bourgogne, connaissaient les Bossuet. Le jour où Bossuet, dit M. Gandar, soutint sa tenta-tive pour devenir bachelier (24 février 1648) , « le grand Condé, à qui il avait dédié sa thèse, vint aux flambeaux, avec son cortège habituel de petits-maîtres, pour assister à la soutenance; la lutte fut vive et si vaillamment soutenue, que le jeune héros, non moins ardent pour la dispute que pour le combat, fut tenté de se jeter dans la mêlée et de mesurer ses forces contre un adversaire digne de lui. » Plus tard, à Metz, Bossuet dut plus d'une fois souffrir de voirie héros de Rocroy, allié des Espagnols, désoler le pays qu'il avait autrefois sauvé, et plus d'une fois un cri de douleur lui échappa1. Il n'en ressentit que plus de joie lorsque, après la paix des Pyrénées, Condé rentra dans le devoir. Pendant le carême prêché aux Minimes en 1660, le jour des Rameaux, M. le Prince vint, à l'improviste, assister au sermon sur l'Honneur du monde, dont le sujet semblait choisi à son intention; et Bossuet, avec cette présence d'esprit

1, Voyez le sermon sur les Bontés et les Rigueurs de Dieu.

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