Mœ' do Sévi^né. lettre du 23 avril 1CS
COIT.S DE LITTÉRATURE
Uimnè hii-n, pour ii
. arer et de
s ] r de fidè- - - r que rkumklt reeouuaissance du prince -,
■id'tia.
La ! 3s du prince, la clémence du roi, quel admi-
rable équilibre! Mais l'assimilation dos « saint- pénitents el deCoi;».! • n'est-elle pas • ' et pour pallier la
de G ssez de nous apprendre que, du moins, il ne
g avilir chez les étrangers la grandeur de sa maison, qui garda le pas sur celle d'Autriche? A propos des négociationde la paix des Pyrénées, est-il exael de nous montrer Condé, ce Condé qui tergiverse et chicane, comme une grande victime qui se sacrifie au bien public? 11 est vrai que Bossuet a devant lui le duc d'Enghien et !•• duc de Bourbon, fils et petit-fils de Condé. si durement traités par Saint-Simon; qu'il est réduit à les louer, et qu'il les loue avec délicatesse, mais non de façon
is qu'il leur a trop généreux ment prèl
Mais le morceau qui frappa le plus les contemporains, c'est le parallèle de Turenne et de Condé. Mme d •'■ trouvait
ce parallèle <• un peu violent1 ». Il est vrai qu'elle répondait à une lettre de Bussy.
Je no v.u5 dirai que deux mots, Madame, *ur votre lettre du 10 de ce
ailez de la pompe funèbre de M. le Prince. Non- l'avons vue
ici imprimée. Il estTrai qu'elle est fort extraordinaire, lu mort pour
qui ell ne j'ai ouï parler de l'oraison funèbre qu'a faite M. 'le
Meaux. elle n'a fait honneur ni au mort ni a l'orateur: on m'a mandé que le
me. dit au rui qu'il venait de l'oraiaon fun n dit que M. de Meaux, comparant
: grandi •■• donna à M. 1 i ivacité
et la fortune, et à M. de Turenne la prudence et la bonne
De quoi étaient choqués les i ontemporains ? De ce que Tu-
étail mis en parallèle avec le premier prince du sang?
de c< urne le disait Corbinelli, le familier de Mme de
■ parallèle avait été poussé jusqu'à la comparaison de leur mort, » l'avantage du côté de M. de Turenne étant trop
". Klle reconnaît que l'oraison de Bossuet e-t f^rt belle : nire pu moins celle de Bounlaloue.
grand » de ce côté : Turenne, «emporté d'un coup soudain, meurt pour son pays » ; Gondé « meurt dans son lit, en publiant les louanges de Dieu ». Cependant ces sortes de parallèles étaient fort à la mode. En 1684, la Fontaine fit paraître une Comparaison d'Alexandre, de César et de M. le Prince, dédiée au prince de Conti, ce neveu tendrement aimé, dont la disgrâce fut un des chagrins les plus vifs de Condé et dont le rappel à la cour fut une de ses dernières joies. C'est un parallèle en règle, où la Fontaine se pique d'être méthodique et complet. On y peut relever certains traits curieux. L'auteur lient, par exemple, à expliquer pourquoi Alexandre et Condé ont été moins éloquents que César : non qu'ils aient entièrement négligé le soin des paroles, « ils ne les ont pas considérées comme un ornement en la personne d'aucun héros ». Auquel des trois donnera-t-il la préférence? Il ne sait trop, et il esquive prudemment la difficulté, car il ne veut ni, en mettant M. le Prince au-dessus des autres, offenser « la délicatesse qu'il a sur le fait des panégyriques », ni, en le faisant marcher le dernier, exciter son dépit : « Le plus sûr est de laisser la chose indécise à son égard. » Il esquisse le portrait du soldat, qui se laisse parfois emporter à la chaleur du combat; mais « quand la témérité est heureuse, elle met les hommes au nombre des dieux ». Mais il insiste sur les qualités de l'homme, du père, « un père à adorer », de Fonde, patruus patruissimus. <■<■ Je serais seulement curieux de savoir s'il pleure, et encore plus curieux de le voir en cet état-là. » Nous savons par Mlle de Montpensier que l'amitié lui arrachait parfois des larmes. Quant à la modération, a c'est une vertu de particulier et de philosophe, non de Majesté ni d'Altesse ». Et d'ailleurs le séjour de M. le Prince à Chantilly nous en apprend assez sur sa sagesse.
N'est-il pas au-dessus de l'homme à Chantilly, et plus grand cent fois que ses deux rivaux n'étaient sur le tr,jne?ll y a mis à ses pieds des passions dont les autres ont été esclaves jusqu'au dernier moment de leur vie. Charles- Quint a toujours tourné les yeux du côté du monde, et ne l'a quitté qu'en apparence, Dioclétien par un pur dégoût, et Scipion par contrainte. M. le Prince, sans y renoncer entièrement, trouve le secret de jouir de soi. Il embrasse tout à la fois et la cour et la campagne, la conversation et les livres, les plaisirs des jardins et des bâtiments.". Il faut donc que je finisse ce parallèle après avoir donné à M. le Prince l'avantage du dernier temps.
Mais il y a eu, au xvne siècle, et beaucoup avant l'oraison de Bossuet, des parallèles particuliers de Condé et de Turenne. Saint -Évremond, qui avait éprouvé combien il pouvait être
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eoxdedépl >ndé,avail
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remania en 1- ■ i la mort de Condé. On j JS*1 '
a M. le Prince la f"tee do génie, la prrandeui 1 u renne a li s icité, une is incertain dans les conseî
: i .-liant ton rli mieux qu'homme du
inl un plan de sa guerre, disposant
ligné de la lenteur que de la
tinté dn pn - : le au delà
.oublier qui puisse être utile; l'autre, au— - ' qu'il le doit
n'oublie rien d'utile, ne fait rien de BOperflu... Quelque ardeur qu'ait
M. le Prince pour les combats, M. deTurenne en donnera davantage, pour
préparer mie. -: mais il ne] bien dans l'action
ips imprévu- qui f^nt gagner pleinement une victoire; c'est par Là que
sont pat .... M. le Piinc.' a les lumières plut
lus vive; il remédie lui-même à tout, rétablit ses désordre»
... La nature lui a donné le grand sens, la capacité,
. du mérite, autant qu'à homme du monde, et lui a dénié ce feu du
rit qui en f rut l'éclat et l'agrément... rtu de M. le Prince n'a pas moins de lumière qu>- de force; mais, à dire la et de liaison que celle de M. de Tu
D'antre part, la 14e des Réflexions diverses de la Rochefoucauld mort en 1680 est couronnée par ce même parallèle. Nous citons encore; car Bossuet ne les a pas lus sans doute, niais il est bon de montrer combien des hommes si peu semblables et qui se placent à des points de vue assez différents «■nt pu se rencontrer dans la même admiration raisonnée. Saint-Évremond avait eu à se plaindre de Coudé; la Rochefoucauld avait été son fidèle lieutenant pendant la Fronde.
- le? exempli ur venir aux exemples
u trouvera que la nature et la fortun- ont conservé bette
iiiion dont j fférents modèles en deux
«amander. Nous verrons M. le Prince el
M. de Turenne disputer de la gloire de- armes, et mériter, par un nombre
infini d'actions éclatantes, la réputation qu'ils ont acquis". Ils paraîtront avec
eur et une expéri s ; infatigable» de corps et d'esprit, on les
nt, .-t quelquefois opposés l'un à l'autre;
.k et malheureux dans • de la guerre,.
leur conduite et à leur connu; montrer tou-
jrrands, même par leurs disgrâces; tous deux sauver l'État; tous
Insdc
vivacil sur plus retenu*, et toujours proportion:. n de la
ace, inimitable en la manièn et d'exécuter
tes plus grandes choses, entraîné par la supériorité 'le son génie, qui lui soumettre les événements et les faire servir à sa gloire.
La Rochefoucauld parle aussi de la mort de Tu renne. convenable à une si belle vie », mais il écrivait avant la mort de Condé. Du moins il le montre dans la vie privée, exerçant des vertus paisibles et soutenu de sa propre gloire. « Rrille-t-il moins par sa retraite, s'écriait-il en terminant, qu'au milieu de ses victoires? »
Bossuet était fait pour admirer Turenne , pour admirer el pour aimer Condé. Quand la nouvelle de la mort de Turenne parvint à Versailles, nul n'en fut plus ému que lui : «M, de Condom pensa s'évanouir; » et, huit jours après, le même témoin nous apprend que « M. de Condom n'est point encore consolé de M. de Turenne1 ». On sait quelle grande part il avait prise autrefois à la conversion de Turenne du protestantisme au catholicisme. Les oraisons funèbres de Turenne par Fléchier et Mascaron lui furent connues : quand il parle de la mort de Turenne, il se souvient visiblement de la première. D'autre part, le moyen d'oublier ici Turenne en parlant de Condé? Il suffit de jeter les yeux sur ce qui précède le parallèle pour voir combien naturellement il sort du souvenir de Nordlingue évoqué. Tantôt unis, « tantôt opposés front à front », ces deux grands capitaines sont à la fois opposés et réunis par l'histoire comme ils le sont dans l'oraison funèbre. Quand Condé reçut la mission de rétablir les affaires compromises par la mort de Turenne, il sentit vivement combien lui manquait son ancien adversaire. « Il a dit à des gens qui l'ont vu à Chàlons, écrit Mme de Sévigné2, qu'il aurait bien souhaité de causer seulement deux heures avec l'ombre de M. de Turenne, pour prendre ses lumières sur la connaissance qu'il avait de ce pavs-Ià. ■> Turenne ne sera donc pas sacrifié par Bossuet à Condé, pas plus que la gloire de Condé n'aura à souffrir que la gloire de son rival soit rajeunie. L'antithèse n'aura rien de sèchement géométrique; les nuances mêmes qui rapprochent y seront indiquées aussi bien que celles qui séparent, et le parallèle des deux grands hommes aboutit non seulement à un éloge du roi qu'ils ont tous deux servi, mais à la glorification des desseins de Dieu sur le monde :