‹ Cours de littérature (volume 3)Chapitre 99 sur 228 · LETTRES, DIALOGUES ET TABLEAUX · texte numérisé non relu

LETTRES, DIALOGUES ET TABLEAUX

Lettre de Bossuet au prince de Condé en faveur de la ville et du pays de Metz. — Bossuet résidait à Metz, en qualité d'archidiacre, dans l'année 1653, époque où cette ville, exposée, comme place frontière, aux incursions des Allemands, des Lorrains et des Espagnols, avait de plus à se défendre du parti des princes et de son chef, le prince de Condé, alors en rébellion ouverte contre la cour. Elle avait obtenu de Condé, moyennant une contribution annuelle, une sauvegarde contre les bandes espagnoles à la solde des princes et les troupes françaises à la solde de l'Espagne. Les agents français voulaient aggraver les conditions de la sauvegarde et rançonner la ville. Bossuet s'en plaint dans une lettre au prince, alors à Rocroy, qu'il venait de prendre sur les troupes royales.

Condé, n'étant encore que duc d'Enghien, avait connu la famille de Bossuet à Dijon, où le jeune prince était venu à plusieurs reprises avec son père Henri de Bourbon, prince de Condé, gouverneur de Bourgogne.

On sait d'ailleurs qu'en 1(347, quand Bossuet soutint sa thèse de docteur au collège de Navarre, le vainqueur de Rocroy y assista et fut tenté d'entrer en lice avec lui.

Bossuet s'autorisera de ces souvenirs pour justifier sa démarche auprès du prince.

Il peindra les souffrances de la ville et du pays de Metz et les dévastations qu'entraîne la guerre civile.

Il demandera qu'il ne soit du moins rien ajouté à la contribution qui a été imposée au pays, et que lui rend plus insupportable le genre de guerre dont il a été forcé de se racheter à ce prix.

Il laissera percer l'espérance de voir cette charge entièrement cesser par une paix sincère et durable entre les princes et le jeune roi.

(Concours de l'école normale, 1855.)

Gounill l 5). Gourville, secrétaire de Gondé,

••<t chargé pai M izario de ramener au parti du roi le prince qui étail a >rs dans le corps espagnol eu vue de Dunkerque (mai 1

I. i ?i toires qu'il poursuit dans une guerre contre son n'augmenteront pas la gloire de ses premiers succès.

Déjà la fortune a tourné contre lui; son génie ne trouvera pas chez les Espagnols d'utiles auxiliaires contre Louis XIV.

Quoi qu'il fasse, Ounkerque est condamné.

Qu'il rentre en ^ri-àce auprès du roi, en remettant son épée au service de la France, il retrouvera le succès et l'honneur.

noours polr l'école de Saint-Cyk, 1888.)

Lettre du président Rose, secrétaire de Louis XIV, à Bossmt, pour lui demander, au nom du roi, de prononcer à Notre- Dame l'oraison funèbre du prince de Condé.

(Paris. — Baccalauréat, juillet 1892.)

Lettre de Bossu et à la Bruyère pour l'engager à accepter les fonction- de précepteur du petit-fils du grand Condé et lui montrer les - [u'il peut retirer de ce poste pour obser-

ver les mœurs de la cour.

Paris. — Baccalauréat, novembre 1885.

Lettre de l'abbé de lîanoé à Bossuet pour le remercier de lui avoir envoyé l'oraison funèbre de Gondé.

ris. — Baccalauréat, uov, 1882.

Lettre d'un bourgeois de Paris, qui vient d'assister à l'orai- : inèbre de Condé prononcée par Bossuet à Notre-Dame. Paris. — Bag \ la ri! hat, août 1883.)

On supposera une lettre écrite à Bossuet par Henri-Jules de Bourbon, prince de Condé, pour le remercier de l'oraison funèbre de son père.

(Besançon. — Baccalauréat, juillet 1889.)

Lettre du duc de Bourbon, fils du grand Condé, à Bossuet, pour le prier de composer l'oraison funèbre de son illustre père.

(Clermont. — Baccalauréat, nov. 1885.)

Lettre du prince de Condé à Louis XIV lors du traité des Pyrénées, pour solliciter sa rentrée en grâce.

Il compte, pour l'obtenir, sur les glorieux débuts d'une carrière tout d'abord consacrée au service du roi et à la grandeur de la France.

Il exprime le regret sincère d'avoir ensuite oublié tous ses devoirs en cédant à un accès d'ambition et de dépit.

Il espère que l'humble aveu de sa faute et le désir de la réparer bientôt par de fidèles services lui obtiendront la clémence du roi.

(On pourra s'inspirer, pour rédiger cette lettre, des idées émises par Bossuet dans l'oraison funèbre de Condé.) (Clermont. — Baccalauréat de l'enseignement spécial, 1889.)

Décrire la cérémonie où Bossuet a prononcé son oraison funèbre du prince de Condé; sentiments de l'auditoire, sentiments

de Bossuet.

(Albi. — Collège de filles.)

Bossuet écrit au prince de Condé et lui recommande la Bruyère comme précepteur de son petit-fils.

(Castres. — Collège de filles.) C. de Litt. — Bossuet {Oraisons funèbres). 3

COURS DK LITTERATURE

i; ssj-Rabutin écrit à Mme de Sévigné 31 mars 1687) :

'ai oui parler de l'Oraison funèbre qu'a faite M. dé

Meaux, elle n a tait honneur ni au mort ni à L'orateur. On m'a

lé que le comte de Gramont, revenant de Notre-Dame,

dit au roi qu'il venait de L'oraison funèbre de If. de Turenne. En

effet, on dit que M. de Meaux, comparant ces deux capitaines,

ssité, donna à M. Le Prince la vivacité et la fortune,

et a M. de Turenne La prudence et la bonne conduite. »

M de Sévigné lui répond.

Corbinelli, le familier de M - igné, approuvait la criti-

que de Bussy, dont l'avis, disait-il, était à Paris celui de tous \ - sseurs. Il avait même pris la liberté de dire à M. de

ix qu'il aurait pu ne pas pousser son parallèle entre Tu- Irenne et Gondé « jusques à la comparaison de leur mort ». On imaginera un dialogue entre Bossuet, Corbinelli et Mm0 de gné.

On sait ce que Bussy et Corbinelli reprochaient au parallèle de Turenne et de Condé que nous admirons aujourd'hui dans la dei : ison funèbre de Bossuet. Un jugement qui éton-

nera plus encore est celui de Mme de Coligny, fille de Bussy. Klle écrit à son père (14 mai 1681 :

Nous avons lu l'oraison funèbre de M. le Prince faite par M. de Meaux. Je crois qu'il a bien retouché au parallèle en le faisant imprimer. Cette pièce nous parait inégale: il y a de beaux endroits, de fort médiocres et de fort languissants, souvent de mauvaises épithètes et de méchantes expressions. Je ne parle ainr-i qu'à von?, Monsieur, parce que vous me l'avez ordonné, et que, si je dis mal, vous me le ferez connaître sans vous moquer de moi.

M . gré son esprit critique et le ressentiment qu'il avait gardé

mpa a Coudé, Bussy avait le goût trop fin pour être pb-i-

,t de l'avis de sa fille. Sans moquerie, — puisqu'elle Le

demande, — mais avec enjouement, il lui fait sentir que l'éloquence d'un Bossuet mérite d'être jugée moins à la légère.

Bourdaloue assistait à l'oraison funèbre de Condé, dont il était l'ami. On composera la lettre qu'il écrit à Bossuet au sortir de la cérémonie, et l'on n'oubliera pas que lui-même Bourdaloue a composé une oraison funèbre de Condé assez différente de celle de Bossuet.

On sait que la Bruyère vécut à Chantilly aux côtés du grand Condé et qu'il devait cette faveur à Bossuet. Cinq ans après que Bossuet eut prononcé l'oraison funèbre de Condé, en 1692, il traçait lui-même du prince, sous le nom d'.-Emile, un beau portrait (chapitre du Mérite personnel), où l'on remarque plus d'une réminiscence de ce discours. On supposera qu'en envoyant à Bossuet l'édition des Caractères où ce portrait parut pour la première fois, il rappelle avec une respectueuse admiration l'impression que l'oraison funèbre fit jadis sur lui.

Après le sanglant combat du faubourg Saint-Antoine, où il fut grièvement blessé, la Rochefoucauld ne chercha pas à rentrer en grâce près de la cour victorieuse, mais se détacha lentement du parti de Condé, qui était devenu l'un des chefs de l'armée espagnole. On suppose qu'il lui écrit pour lui expliquer sa conduite.

Le sang qu'il a versé au service des princes le met à l'abri du reproche de lâcheté. Il n'en tient pas moins à justifier, près de celui qu'il a suivi à travers tant de belliqueuses aventures, une résolution que la nécessité lui impose.

Fait pour l'observation, il le craint, plus que pour l'action, lassé de ces luttes stériles, il n'avouerait pas sa lassitude s'il ne s'agissait, à cette heure, de combattre, non plus seulement le ministre étranger, mais la France, et dans les rangs d'une armée étrangère.

Il imagine pour Condé un autre rôle, et il fait briller à ses yeux un autre avenir, plus cligne du vainqueur de Rocroy.

:i lui. pendant qu< rendu à la France mettra sa

gloire à être l'émule d< rurenne, i , se souvien-

dra et, bislorien, rs ce qu'il a vu, le jugera aussi en

philos - s " : esques d'autrefois.

Mais plus il pénètre les calculs intéressés de l'hypocrisie

humaine, plusgrandit Bon admiration pour l'héroïsme désinlé-

[ui, comme Condé, l'ont honneur à l'homme.

DISSERTATIONS ET LEÇONS

Comparer les oraisons funèbres de Turenne dans Fléchier et dans Mascaron. Les rapprocher de celle de Condé.

(Paris. — Leçon d'agrégation, 1862.)

Comparer Bossuet et Bourdaloue dans l'oraison du prince de Condé.

(Paris. — Leçon d'agrégation, 1864.)

Comparer lalangue et le style de Bossuet dans le Panégyrique de saint Bernard et dans YOraison de Condé.

Paris. — Agrégation des lettres, 1892. — Leçon.)

Montrer que, dans la première partie de l'oraison funèbre de Condé, Bossuet a embouché la trompette épique, et qu'on peut comparer celte partie à un chant d'Homère.

(Aix. — Baccalauréat.)

Mettre en parallèle Condé et Turenne; apprécier leur rôle politique, leur génie militaire, leur caractère.

(Grenoble. — Baccalauréat de l'enseignement spécial, 1889.)

Développer cette pensée de Bossuet : « La bonté est le premier attrait que nous avons en nous-mêmes pour gagner les

COURS DE LJTTÉRA1 DRB

autres hommes ideur qui vien! par- dessus, loin d'af-

faiblir la bonté, n'est faite que pour l'aider à s-' communiquer urne une fontaine publique qu'on élève pour ta • ndi ■-.

ni ■ulins. — Lycée de pilles. — Diplôme

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