NARRATIONS, LETTRES ET DIALOGUES
Duquesne septuagénaire écrit à M™« de Maintenon pour la supplier d'empêcher la révocation de l'édit de Nantes.
(Paris. — Baccalaur1\t, novembre 1898.)
Lettre de M™® des Ursins à M™® de Maintenon pour lui raconter les divers incidents de son expulsion du territoire espagnol.
(Clermont. — Baccalauréat, juillet 1891.)
Lettre de M™® de Maintenon à M™° de Fontaine, maîtresse générale des classes à Saint-Cyr.
Apprenant que la maison de Saint-Cyr menace de devenir une école de bel esprit, elle prie M""^ de Fontaine de combattre ce travers.
La manie du bel esprit est très choquante chez les jeunes personnes.
Elle déplaît môme chez les écrivains de profession. Et c'est par d'autres qualités que se recommandent les bons ouvrages.
On aime la poésie de Racine à Saint-Cyr. Mais croit-on imiter ce grand auteur par la recherche des faux brillants et par un langage apprêté ?
(Rennes. — Baccalauréat, oct. 1888.)
M""® de Maintenon à une élève de Saiîit-Çyr, qui s'ingéniait à imiter Balzac et Voiture. Elle dira à ce propos comment elle comprend le genre épistolaire.
(Rennes. — Baccalauréat moderne, novembre 1898.)
Racine écrit à M™" de Maintenon, en décembre 1688, qu'il vient d'achever Esther et que les répétitions de cette pièce vont pouvoir commencer.
(Paris. — Baccalauréat moderne. — Juillet i899.)
Entretien de M"" de Maintenon et de ses filles de Saint-Cyr sur la lecture, sur la nécessité d'en développer le goût cbez l'institutrice, sur ses avantages, sur ses périls.
(Fontenay-aux-Roses. — Devoir de première année.)
Lettre de M°^« de Maintenon h sa nièce, élevée à Saint-Cyr, sur le style épistolaire.
Après avoir dit qu'il est difficile de soumettre ce genre de style à des règles fixes, M°^® de Maintenon ajoute que le principal mérite d'une lettre est le naturel. En quoi consiste le naturel et à quelles conditions il existe. Il doit être exempt de bassesse, et ne point blesser les convenances.
De l'abus de l'esprit, des faux brillants et du style précieux.
(Doubs. — Brevet supérieur. — Aspirantes, 1888.)
M"^" (le Maintenon demande à Hacine, qui, depuis la cabale montée coude sa Vhrdre, avait abandonné le théâtre, de bien vouloir comj)oser i)our les Jeunes Mlles de Saint-Cyr un poème rnor.il pouvant seivir à exercer leur mémoire et à former leur
goût.
(Caen. — Drevet sipKRiErR. — Aspirantes, 1891.)
Le 4 août 1687, Racine écrit à Boileau, qui prend alors les eaux de Bourbon, qu'il a fait le voyage de Maintenon, où près de trente mille hommes construisaient alors à grands frais un immense aqueduc, a J'eus l'honneur, dit-il, de voir M"*»» de M..., avec qui je fus une bonne partie d'une après-dînée, et elle me témoigna même que ce temps-là ne lui avait point duré. Elle est toujours la même que vous l'avez vue, pleine d'esprit, de raison, de piété et de beaucoup de bonté pour nous. Elle me demanda des nouvelles de notre travail (d'historiographes)*... »
On imaginera une conversation entre M™® de Maintenon et Racine.
« Nous soupons tous les soirs avec M™® Scarron ; elle a l'esprit aimable et merveilleusement droit, c'est un plaisir que de l'entendre raisonner sur les horribles agitations d'un certain pays qu'elle connaît bien (la cour). » (M"^° de Sévigné à M™® de Grignan, lettre du 13 janvier 1672.)
On suppose que M™e de Sévigné, qui aime raisonner, elle aussi, et moraliser, donne, dans un entrelien sur ce sujet, la réplique à M™'' de Maintenon.
Le 30 mai 1693, Racine écrivait à son ami Boileau que le roi avait nommé chanoine delà Sainte- Chapelle Jacques Boileau, son frère aîné, doyen de Sens. Il lui conseillait de remercier M"^" de Maintenon, qui envoyait par son entremise « ses baisemains » au satirique vieilli; ou tout au moins de faire d'elle « une mention honorable, qui la distingue de tout son sexe, comme en effet elle en est distinguée de toutes manières ».
Boileau travaillait alors à sa satire X, sur les Femmes; il y inséra un délicat éloge de M™o de Maintenon. On suppose qu'il lui adresse cette satire, qui déjà suscite contre lui bien des colères, et qu'il justifle ses intentions aux yeux de la fondatrice de Saint-Cyr»
1. Boileau lui répond : «Vous faites bien de cultiver M"" de Maintenon ; jamais >y' porsonne ne Tut si digna qu'elle du poste qu'elle occupe, et c'est la seule yertu où ) je n'aie point encore remarque d^ (féfaqts. » y
Peu de temps après son mariage secret avec Louis XIV (1684), M"»® de Mainlenon propose au roi la fondation de Saint-Cyr.
Le roi vient de visiter la maison de Noisy, et s'en est montré fort content ; mais il a pu juger aussi combien cette maison devient insuffisante en présence des besoins et des misères honorables qu'il s'agit de soulager.
Beaucoup de familles nobles du royaume se sont ruinées au service du roi : leurs enfants ont besoin d'être soutenus pour ne pas tomber tout à fait dans l'abaissement ; c'est une dette de reconnaissance à payer.
Pour elle, orpheline et pauvre pendant longtemps, elle a trop de raisons pour prendre en pitié la noblesse indigente.
Elle espère que le roi mettra le comble à ses bienfaits par un acte digne de sa grandeur.
M"»" de Mainlenon écrit au maréchal de Noailles peu de temps avant la mort de Louis XIV*.
Le roi n'a plus que quelques instants à vivre. Elle quitte la cour pour n'y jamais rentrer.
De cette existence contrainte elle ne regrette rien, si ce n'est l'homme qui l'a élevée jusqu'à lui et qui a su être vraiment un roi.
Désormais elle se consacre tout entière à ses enfants de Saint- Cyr. C'est là sa vraie vocation; c'est là qu'elle trouvera le seul bonheur terrestre auquel elle aspire.
A Sainte-Hélène, Napoléon opposait et pré ferait M"*" de Mainlenon à M'"" do Sévigné.
a Le slylo, la grâce, la pureté du langage de M"^® de Maintonon me ravissent; je me raccommode avec elle. Si je suis vio-
1. On a lin roiirt billot dfi M"" do Maintonon à M"» des Ursins (H sept. 1715), écrit au leiuitMiiaiii de la mort du roi : « H n'y a qu'à baisser la tète sous le coup (|ui nous a frappôs... J'ai vu mourir lo roi (*oinmn un saint nt coinm» un héros. J'ai (piittc lo mondt' (|u«; Jt; n'aimais [)as ; j(; suis dans lu plus aimable retraite que j<' puisse désirer... »>
MADAME DE MAINTENOiN 69
lemmenl heurté par ce qui est mauvais, j'ai une sensibilité exquise pour ce qui est bon. Je crois que je préfère les Lettres de M'^'^deMaintenon àceUesdeM°a«deSéYigné : elles disent plus de choses. M™^ de Sévigné certainement restera toujours le vrai type, elle a tant de charmes et de grâces I Mais, quand on a beaucoup lu, il ne reste rien. Ce sont deâ œufs à la neige dont on peut se rassasier sans charger son estomac. »
Un de ses compagnons d'exil, au contraire, goûte peu la raison souvent froide de M™® de Maintenon. Dialogue.
Voltaire fut blâmé par quelques-uns d'avoir tracé dans son Siècle de Louis XIV un portrait modéré de M"*® de Maintenon, à qui le xviii® siècle attribuait toutes les fautes et toutes les misères qui assombrirent la fin du règne de Louis XIV. Il se défend, dans le Supplément au Siècle (1753) (3° partie), en distinguant entre l'histoire et la satire. Il y va même jusqu'à dire : « A quiM™«de Maintenon fit-elle du mal? qui persécutait-elle? Elle fît servir les charmes de son esprit et de sa dévotion même à sa grandeur, elle dompta son caractère pour dompter Louis XIV. Mais quel abus odieux fit-elle de son pouvoir? »
Un de ses amis, qui a lu le Supplément, lui exprime, dans une lettre, son libre sentiment sur le rôle joué par M"*« de Maintenon, en s'efforçant de ne pencher ni du côté de la satire ni du côté de l'apologie.
M™° de Rémusat écrivait à une amie, le 14 juillet 1816, pour lui exprimer son chagrin et son étonnement qu'elle n'aimât pas les lettres de M°*« de Maintenon. Pour elle, elle ne se lassait pas de les relire, y trouvant un « accord parfait de ce qui compose la vertu et la raison... Enfin, conclut-elle, M™" de Maintenon était naturelle, modeste, vraie, sensible, eji même temps réservée, bonne parente, bonne amie, chrétienne... »
On écrira la réponse de son amie, qui accordera à M«»« de Maintenon tout ce qu'il convient de lui accorder, mais sans lui accorder tout.
Peu après la révocation de l'édit de Nantes, M"« de Maintenon, troublée des récits lamentables qui lui arrivent de Texode des protestants, ses anciens coreligionnaires, cherche la paix de l'àme dans la lecture. Elle parcourt des yeux sa bibliothèque de Versailles. Une sorte d'attrait irrésistible la pousse à choisir et lire les Tragiques d'Agrippa d'Aubigné, son grand-père. Son impression pénible, ses réflexions, sa vision des protestants fugitifs ou persécutés.
DISSERTATIONS ET LEÇONS
Expliquez ce mot de M^^ de Maintenon : « L'imagiaàUon gâte tout à force de tout embellir. »
(Montpellier. — Lycée os jbuNes filles.
Diplôme de fin d'études, 1891.)
On a dit : «Écrire une lettre, c'est faire son portrait. » Vous appliquerez cette maxime à M"!» de SéVigné et à W^^ de Maintenon, en traçant leur caractère d'après ce que vous connaisse^ de leur correspondance.
(Amiens. — Lycée de filles. — Diplôme d'études secondaires.)
« Vous seriez bien malheureuses, disait M"*" de Maintenbii aux élèves de la classe bleue, si ce que vous apprenez ne ser-» vait qu'à vous rendre plus difficiles à vivre ; il faut, au contraire, qu'il serve à vous rendre accommodantes et à vous faire supporter les travers que vous pouvez trouver, sans les partager. »
Comment comprenez-vous cette pensée? Gomment la commenteriez-vous dans un entretien familier avec des élèves d'é-* cote normale?
(Certificat d'aptitude au professorat des écoles NORMALES. — Moralc. — Aspirantes, 1897.)
M?^° de Maintenon, dans une de ses lettres, s'exprime ainsi i t< Cultivez soigneusement dans vos filles les sentiments d'honneur, qui sont comme naturels aux personnes de notre séxé^
principalement aux nobles; et n'allez pas exiger d'elles des pratiques qui pourraient affaiblir cette bonne gloire... » Discutez, à ce propos, ce que vaut le mobile de l'honneur dans l'éducation morale, en particulier dans celle que peuvent donner nos établissements d'instruction primaire publique.
(Concours d'admission des aspirantes a la direction DES écoles normales. — Juillet 1888.)
Qu'est-ce que la littérature? Les Lettres de M"*° de Maintenon sont-elles un ouvrage de littérature?
(rontenay-aux-Roses. — Composition de littérature.)
On a dit souvent que M"*° de Maintenon avait été la première institutrice laïque de France. Quelles différences et aussi, pcul-ôtre, quelles ressemblances vous paraissent exister entre M'"'^ de Maintenon et une institutrice moderne?
(Fontenay-aux-lloses. — Leçon.)
VU
Tracez le portrait moral de M'"^ de Maintenon en la jugeant sans parti pris d'indulgence ni de rigueur.
(Foiitcnay-aux-Roses. — Leçoni)
M""' de Maintenon a dit: « Ne faites jamais dépendre votre bonheur des autres. » Est-ce égoïsme ou sagesse?
(Foiitenay-aux-Iloses. Devoir de morale. — Gironde. Brevet supérieur. Aspirantes, 1890.)
Commentez et appréciez ce jugement d'un critique contemporain : a Lue jeune fille élevée par M°*o de Sévigné serait bril-
lante, spirituelle, finement railleuse, mais assez frivole tout compte fait. Une jeune fille élevée par M"*« de Maintenon serait née avec une tête bien mal faite, si elle n'était sérieuse, résignée, droite, courageuse, capable d'être épouse, digne d'être mère. »
(Fontenay-aux-Roses. — Devoir de littérature.)
La « raison » de M°^<> de Maintenon. En quoi elle appartient à son siècle ; en quoi elle s'en distingue.
(Fontenay-aux-Roses. — Leçon.)
N'y a-t-il pas quelque injusticeà juger toujours M"»® de Main* renon en la comparant à M"^® de Se vigne? Différence de la vie et de l'œuvre.
(Fontenay-aux-Roses. — Leçon.)
Michelet a-t-il raison de dire qu'à aucune époque de sa vie il ne trouve en M"*® de Maintenon la femme? Sans méconnaître certaines qualités presque viriles, faire le portrait de M"*® de Maintenon femme.
(Fontenay-aux-Roses. — Leçon.)
Dans quelle mesure une comparaison est-elle possible entre la pédagogie de Fénelon et celle de M™® de Maintenon? En indiquant les rapports, marquer surtout les différences de l'esprit et de la méthode.
(Fontenay-aux-Roses* — Leçon.)
D'après les lettres que vous connaissez de M"*« de Sévigné, de M"^« de Maintenon et de Voltairci cherchez à caractériser