Gandar, Bossuet orateur, I
COUUS DE LITTÉRATURE
ci ost inquiétée dès iOO.'J sans qu'il songo h s'écarter d'elle. 11 est vrai que M"'° de Mainterion n'a pas rompu avec elle encore ni, par conséquent, avec Fénelon, qui reçoit même, en 1695, rar(hev(^ch6 de Cambrai. Mais on se demande en vain quel intérAt Fénelon pouvait avoir, après les conférences d'Issy (1()0G), à déclarer la guerre à Bossuel, si puissant à la cour. inondant et après ces conférences , les deux prélats avaient seml)lé en com[)let accord; mais le désaccord latent éclata lorsque Bossuel publia son Imtruction sur les états d'orauion (1697). Loin d\y donner son approbation, Fénelon y répliqua par VExplirdtiondi's viaxÀmes des suints, livre indigne de lui, il faut le reconnaître, et dont Saint-Simon n'a pas tort de critiquer le style confus. Jusque-là, c'est du côté de Bossuet que nous inclinons. Mais voici que l'autorité royale intervient dans lacontrovoise : Fénelon est exilé dans son archevêché de Cambrai; on lui refuse l'autorisation d'aller plaider sa cause à Rome, où il se fait représenter par l'abbé de (]hanlérac, dévoué, mais qui doit lutter contre les intrigues de l'abbé Bossuet, neveu de l'évèque de Meaux et véritable ambassadeur ecclésiastique de la cour. Des lettres hautaines, menaçantes, du roi appuyaient Fimplacal)le envoyé et pressaient, exigeaient un dénouement contraire à Fénelon. Bossuet lui-même s'efforçait de hâter la solution d'une affaire où, h. ses yeux, il y allait de la foi, en lançant sa Relation sur le (piiélisme ; mais Fénelon, plus heureux, cette fois, dans sa réplique, ramenait l'opinion de son côté par sa IVIponse à la Rdation de M. de Meaux, Après bien des hésitations, en ItHiO, la cour de Borne se décidait à condamner les Maximi'.s des saints, mais se refusait à englober dans cette coiulanination les divers écrits polémiques de Fénelon. La politiqu<i plus encore que la religion avait triomphé. D'avance, Fdnelori s'était déclaré prêt à se soumettre, tout en regrettant qu'on n'agît point envers lui « avec l'équité, la bonne foi et la charité chrétienne qu'un doit à un confrère * ». L'auteur de l'épi^Tanmie attribuée par la Beaumelle à Racine l'avait compris :
Dans r<» combat où «leux prélatH de France
Sombltîiil chiiiTlior la vi'Titii,
L'un (lit (111*011 détruit l'ospéraiico,
L'autre qu(î c'est la charité :
C'«;st la foi qui se perd, et personne n*y pense.