‹ Cours de littérature (volume 4)Chapitre 134 sur 178 · Gréard, l'Education des femmes par les fa tiimea · texte numérisé non relu

Gréard, l'Education des femmes par les fa tiimea

FÉNELON a9

ni engager aucun combat, sans une pleine sûreté que votre armée sera vîctoriçuse ; et que cette recherche d'une sûreté impossible vous fait temporiser et perdre ié9 olus importantes occasions. Je suis très convaincu, Monseigneur, que la vérité aC!t ^^^^ 6st entièrement contraire à ces téméraires discours ;mais il s'agit de détromper cé'JÎ «^i «n ^wit prévenus. On dit même que vos> maximes scrupuleuses vont jusqu'à ralentir 7?'^^ zèle pour la oonservatiQ.H des conquêtes du roi, et Ton ne manque pas d'attribuer ce scrupule aux instructions que je vous ai données dans votre enfance. Vous savez, Monsei-^ gneur, combien j'ai toujours été éloigné de vouloir vous inspirer de tels sentiments ; mais il ne s'agit nullement de moi, qui ne mérite d'être compté pour rien : il s'agit de l'État et des armes du roi, que je "suis sûr que vous voulez soutenir avec toute la fermeté et la vigueur possibles i .

Fénelon dresse là, pour ainsi dire, le catalogue des griefs du public. « de plus en plus déchaîné « contre le duc, « jusque dans les gazettes ». Il le reprend souvent ailleurs par le détail. Le prince a, dit-on, « une dévotion sombre, timide, scrupuleuse » ; il la faut rendre douce, simple, commode, sociable,, car « un grand prince ne doit pas servir Dieu de la même façon qu'un simple particulier... » et ne saurait, à la cour ou à l'armée, « régler les hommes comme des religieux ». Est-ce Fénelon qui la lui a inspirée ? Ce qui est certain, c'est qu'il na cesse de lui recommander une piété qui convienne à son état, et qui lui élargisse le cœur. L'a-t-il fait toujours, et ne s*aperçut-il pas un peu tard qu'il avait à élever un prince, non un^ novice ? Qui peut le savoir ? Tout au plus est-on en droit^deconjecturer que les ecclésiastiques ne sont peut-être pas les meilleurs précepteurs des princes, car ils veulent tous préparer « des fils de saint Louis », et saint Louis est une exception; parmi les rois.

Le public reproche ensuite au jeune duc son caractère irrésolu, faible et renfermé. Lui-même, le duc reconnaît ce qu'il y a d'indécis dans son caractère ^ ; il avoue aussi, sans le savoîr,^. ce qu'il y a de faible, en le consultant, dans cette même lettre,, sur ce point grave : est -il « absolument mal de loger dans, une abbaye de filles » ? Ailleurs il écrit qu'il pardonne à ceuxi qui lui veulent et lui font du mal et prie pour eux tous les* jours de sa vie, môme les jours de bataille. Cette charité chrétienne de l'élève dépasse, je le crains, celle du précepteur.. Mais le précepteur n'y est-il pour rien ? Je me le demande lorsque je le vois recommander avant tout à chacun de ses^ amis ou de ses pénitents de vivre avec les hommes comme-

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