Lettre au chevalier Destouches
LETTRES
Lettre du marquis de Fénelon à Louis XIV pour lui annoncer la mort de son oncle, l'illustre archevêque de Cambrai, dont il exalte le génie et les vertus.
(Paris. — Baccalauréat, août 1890.)
Lettre du duc de Beauvilliers à Fénelon pour lui proposer au nom du roi d'être précepteur du duc de Bourgogne.
(Paris. — Baccalauréat de l'enseignement moderne,
août 1894.)
On connaît la gloire militaire de Vauban (sièges, forliAcations, etc., etc.). Saint-Simon dit de lui : « Peut-être le plus honnête homme et le plus vertueux de son siècle..., le plus simple, le plus vrai et le plus modeste. » C'était un « patriote; il avait, toute sa vie, été touché de la misère du peuple et de toutes les vexations qu'il souffrait. » Pendant vingt ans, il étu* dia Tétat économique de la France, soit par lui-même dans ses voyages, soit par ceux qu'il envoyait à ses frais. Il publia enfin le livre, fruit de ses travaux, la Dixme royale. On en connaît les principales dispositions (les impôts multiples remplacés par un impôt unique, suppression de Tinégalité des classes en matière d'impôt, etc., etc.). Mais le roi fut circonvenu partons ceux qui devaient leur richesse aux abus de la perception: officiers de finances, traitanis, etc. Même les deux gendres de Colbert, Beauvilliers et Chevreuse, trompés par Dcsmarets, se déclarèrent contre la Dixme, Louis XIV ne vit plus dans Vaubnn qu'un « criminel ». Un arrêt du conseil condamna le livre (14 février 1707). Le 30 mars, Vauban mourait, « consumé de douleur ».
A cette date, Fénelon est à Cambrai; l'auteur du Téléma-
FÉNELON 1i
que, rancien précepteur du duc de Bourgogne , toujours chéri de son élève et du duc de Beauvilliers, est en disgrâce. II a lu le livre de Vauban, dont il vient d'apprendre la mort. Vous supposerez qu'il écrit à ce sujet au duc de Beauvilliers.
(Lille. — Baccalauréat, juillet 1888.)
Lettre de Fénelon à un jeune missionnaire prêt à partir pour la Chine.
(Agrégation de l'enseignement secondaire des jeunes filles, 1892.)
On suppose que Fénelon, qui, dans un de ses Dialogues des morts y met un langage si ferme dans la bouche de Gommines parlant à Louis XI, explique au duc de Bourgogne la portée de ce dialogue et lui fait connaître de plus près le caractère et le talent de Gommines.
Le 18 novembre 1750, la Beaumelle écrivait à Louis Racine : « A propos de M. Bossuet, j 'aurais bien de la peine à me résoudre à faire imprimer Téioge que vous lui donnez aux dépens de M. de Fénelon, que vous traitez de bel esprit. Est-il possible que vous jugiez si sévèrement Thomme de France dont les talents, le cœur et l'esprit ont eu le plus de conformité avec les talents, le cœur et l'esprit de Monsieur votre père? Fénelon et Bossuet me paraissent dans leur genre ce que Racine et Gorueille ont été dans le leur, et j'aime plus Racine que Gorneille. »
On fera la réponse de Louis Racine.
Le savant et pieux M. Tronson, sous qui Fénelon avait fait ses études à Saint-Sulpice, fut à la fois heureux et effrayé du choix qui fut fait de lui pour précepteur du duc de Bourgogne. <c Vous voilà, lui écrivait-il, dans un pays où l'Évangile de Jésus- Ghrist est peu connu, et où ceux mêmes qui le connaissent ne
se servent ordinairement de cette connaissance que pour s*( faire honneur auprès des hommes. Vous vivez maintenant par j des personnes dont le langage est tout païen. »
Fénelon lui répond dans une lettre où la gravité se tempe d'enjouement; où il dit ce qu'il a vu déjà, ce qu'il craint (vc sur la cour les Lettres spirituelles, etc.), mais aussi ce qu espère.
DISSERTATIONS ET LEÇONS
L'éloquence de Fénelon dans le Sermon sur l'Epiphanie.
(Paris. — Leçon d'aghégation, 1889.)
Comparez les Dialogues des morts dans Lucien, Fénelon et Fonlenelle.
(Paris. — Licence es lettres, nov. 1857.)
Expliquer et développer cet éloge adressé par Horace à Virgile dans les Dialogues des morts de Fénelon : « Vous animez et passionnez toute la nature. »
(Paris. — Licence ês lettres, juillet 1876.)
Apprécier cette pensée de Fénelon : « Ceux qui n*ont jamais souffert ne savent rien, ils ne connaissent ni les biens ni les maux; ils ignorent les hommes, ils s'ignorent eux-mêmes. »
(Lyon. — Lycée de jeunes filles. — Diplôme de fin d'études, 1892.)
Que pensez-vous de cette opinion attribuée à Fénelon : « Aimez mieux votre famille que vous-mêmes, votre patrie que voire famille, l'humanité que votre patrie? »
(Fontenay-aux-Roses. — Devoir de première année.)
Fénelon écrit, le 30 décembre 1699, au duc de Chevreuse, à qui il reproche de suivre trop son esprit d'anatomie et d'exactitude en chaque chose, et de ne pas savoir couper court : « Pour
G. de Litt. — fénelon. 5
être sobre en paroles, il faut Têtre en pensées. » Expliquez ce mot et marquez-en la portée, en vous plaçant au point de vue littéraire.
(Fontenay-aux-Roses. — Devoir de seconde année.)
Expliquer et développer cette pensée de Fénelon : « Jugeons des gens par leurs actions, et non par leurs discours. »
(Creuse. — Brevet élémeiNtaire. — Aspirants, 1892.)
« Bossuet est le premier dans Téloquence du génie, Fénelon le premier dans l'éloquence de la vertu. » (M.-J. Chénier.) De celte formule assez vague, que l'on précisera, ne peut-on tirer les différences essentielles entre le style des deux grands évoques?
Comparaison de la fable de Fénelon, les Deux lionceaux, avec la fable xxiv du livre VIII de la Fontaine, ^Éducation, Faire sortir de cette comparaison particulière une comparaison générale entre la Fontaine et Fénelon fabulistes.
Expliquer le jugement de Louis XIV sur Fénelon, qu'il appelait un bel esprit cbimérique.
Pourquoi l'on ne pourrait dire de Fénelon, comme de Bossuet, qu'il est un Père de l'Église.
Voltaire a dit de Fénelon :
J'approuve fort votre style flatteur,
Et votre prose, cncor qu'un peu traînante.
Que pensez-vous de ce jugement? Quelles sont les lualités, quels sont aussi les défauts de Fénelon écrivain?
Marquer avec précision la place intermédiaire que Fénelon occupe entre les écrivains du xvii® siècle et ceux du xviii*.
Fénelon a dit que savoir lire, c'est savoir digérer ce qu'on lit. Qu'entendàit-il par là?
« L esprit de chaque homme s'étend ou se raccourcit suivant l'application ou l'inapplication où il vit. » (Fénelon, Lettres sur la religion,)
Faire comprendre en quoi Fénelon diffère de Bossuet; montrer que les différences qui les séparent ne sont pas purement individuelles, et que Fénelon est bien l'homme d'un âge nouveau. Caractériser surtout les diverses influences, antiques et modernes, qui ont formé leur double génie.
Le style de Fénelon. Est-ce un éloge ou un reproche qu'on lui adresse quand on dit qu'il a été un poète en prose?
Comparez la manière de sentir, de peindre et d'écrire de Fénelon et de Chateaubriand.
Expliquez ce mot de Fénelon : « Il n'y a que l'imperfection qui exige la perfection avec âpreté. » {Lettre à Beauvilliers, novembre 1699.)
Villefranche-de^Rouergae. — J. Bardoaz, impr.
IM
Les idées sur réducatlon de la femme avant F^neloii.
Pour rendre pleine justice à Toriginalité et à la hardiesse relatives de Fénelon dans cet écrit charmant, mais incomplet, il ne faut pas perdre de vue deux choses: Tune, c'est qu*on a tort d'écraser sous le titre solennel autant qu'inexact de « traité » une consultation, un « mémoire », comme il l'appelle, destiné d'abord à des amis intimes, au duc et à la duchesse de Beauvilliers ; l'autre, c'est qu'avant Fénelon quelques écrivains, sans doute, avaient effleuré ce sujet délicat, mais comme par aventure et en passant ; que, le premier, il l'aborda de front, et, s'il n'en toucha pas le fond, en esquissa du moins les lignes essentielles d'une main assez sûre.
On cite Christine de Pisan, cette étrangère si Française de cœur, qui, par les exemples des femmes illustres d'autrefois, prouvait que la science ennoblil, loin de corrompre les mœurs, comme les hommes le soutenaient.
Je me merveille trop fort de l'opinion d'aucuns hommes, qu'ils ne vouldroient point que leurs filles, femmes ou parentes, apprensissent sciences, et que leurs meurs en empireroient. Par co puez tu bien veoip que toutes opinions d'ommes ne sont pas fondées sur raison, et que ceulx ont tort; car il ne doit mie estre présumé que de sçavoir les sciences moralles, et qui apprennent les vertus, les meurs doivent en empirer, ains n'est point de •double qu'ils en amendent et anoblissent^.
Mais qu'elle s'émerveillât et s'indignât d'une opinion si peu fondée sur la raison, nous le comprenons trop : elle était
i . Le Livre de la cité des dames. C, de Litt, — FÉNELON {Éduc, des filles). 1
i> COURS DE LITTÉUATUIIK
femme, cl femme savante, un peu pédante quelquefois, malgn^ le sérieux de son esprit et la générosité de son âme. Un peu susl>ocle aussi, dans sa propre cause, est Louise Lahé, la belle (îordiôre lyonnaise, qui, dans une lettre à son amie Clémence (le IJourgos, en télé du recueil de ses aiuvres, s'applaudit qu(* <' les sévères lois des hommes n'empeclient plus les femmes de s'appli(iuer aux sciences et disciplines » , et prie les vertueuses damesd'élever un peu leurs esprits au-dessus de leurs ({uenouilles et fuseaux, pour se rendre dignes, sinon de commander, du moins dV-tre les dignes compagnes de ceux qui commandent. Mais, avec Louise Labé, nous atteignons déjà le XM° siècle.
Dans la première partie de ce xvi° siècle, l'Espagnol Vives (141)2-1540), successivement professeur à Oxford et à Louvain^ rvéque de Valence, pose assez nettement la question, mais m? la résout pas, dans son InslUiUion de la femme chrétienne, dédiée à Catherine d'Aragon, femme de Henri VIII, dont il éleva la nile.
Ji^ suis (ravis qu'il faut soigner iViducatiûu des Jcunos filles plus qu'un ii(r It) ])mis(i ^'éiirralcmcnt. Bien dos {çens se méfitMit de la femme inatruile, disant qu'elle joint h la malice naturelle les ressources d'un savoir dangereux. Mais, k ce prix, il faut se méfier aussi bien des hommes chez qui un naturel mauvais se double d'un savoir dinigercux. La science que Je voudrais voir i-r^paiulue dans rhuinanit(i tout enti(';re est sobre et modeste ; elle forme T&mtr <l rend meilleur, bien loin d'exciter les passions mauvaises ou de donner le» moyens de les satisfaire. Tels sont, pour parler de la femme, les préccptcH (le conduite et h^s exemples de vertu : si les connaître est mauvais, jo iir vois pas en quoi les ignorer peut (ître bon. Quoi donc ! vous voulez que votrt^ lille soit savante pour le mal et ignorante du bien* ?
Sur le nMe de la mère, à la fois mère, nourrice, institutrice. Vives ne trouve pas de paroles moins fermes, caria mère, qui donne à ses enfants les premi('îres leeons, est toute-puissante, il le montre, pour le bien comme pour le mal.
("omme Vives, Érasme est partisan d'une science sobre et modeste pour les femmes, et se place surtout au point de vue moral (hîs ellets dangereux de la science -. Il est vrai que ce Voltaire du xvi" siècle traite, dans une de ses boutades, la femme d'animal ineple et ridicule, div(îrLissant d'ailleurs et agréable. « Dt* inrme (ju'un singe, dit-il, est toujours un singe, une femme,
1. /V iiistifiifiortf fi-minr v/irintinuT. Voyez P. Souiiuct, les Écrivains péifn» f/nffucs (lu M'iziiiiiu' sii'i'ir; I)nl:i;ria\f'.
i. Voyez Kouss(l<)t, Hittnirr ilo irilnrtitinn ihs frunncs, Dclugruvc.
quelque rôle qu'elle joue, est toujours femme, c'est-à-dire sotte ' et folle. » Mais, dans ses Colloques, il s'égaye aux dépens de ceux qui soutiennent que les livres font perdre aux femmes le peu qu'elles ont de cervelle. Dans un de ces dialogues, c'est la femme qui a l'avantage.
ANTHRONIUS.
Pouf moi, je ne voudrais pas être le mari d'une femme savante.