‹ Cours de littérature (volume 4)Chapitre 154 sur 178 · C. de Litt. — FÉNELON [Télémaque · texte numérisé non relu

C. de Litt. — FÉNELON [Télémaque

v8 COUHS DE LITTÉRAÏUUE

ont troj) luaf^nifiquc : la parole «le Toléniaque n'est point si iiiàlo et si pleine; la (lialecli(|ue n'en fait point toiite la force; .'lie a plutôt ces mérites discrets et doux qu'il attribue à celle de Nestor, « cette douce insinuation à laquelle on ne peut ré- >isler quand il parle, ces manières naïves de raconter, cette >a^(; modération (lui est un charme pour apaiser les esprits irrités ». (Vest la parole d'un j(^une sa|];e plutôt que celle d'un roi ; c'«;st la parole de Téiielon lui-même, avec « cette facilité (•liarmante qui s'épanche satis s'éi)uiser* », et à laquelle on a pu a]q)liquer ces li^Mics charmantes de Chateaubriand dans les Natclœ:::

(:<; «ju'il fjiiSii il ('prouver ii'i'lail pas d.'S traus|».)rlâ, niais UiH! successiull il-* si>iitiiiioiit4 puisihles ol liiolTaMi!.':: il y avail <l;iiis 8>in iliscoiirs ]*: wi tiai* (jueilo traïuiuillfj tianiiMiiic, y ne siiis qiifil*; tUtuai leulcur, jo ue suis quuUc l'jugueur de gricus qu'aucuiio exprcssiuii ne peut rendre.

Il ne songeait pas rnlin et surtout à lui apprendre à écrire ; mais, à coup sur, il n'eût pu lui enseifzner à écrire comme il écrivait lui-même, car jamais style ne fut plus individuel, et, par là, plus inimitable, (jue le style fénelonien. Parce que rien ou pres(iue rien dans ce style ne ressort en relief, on peut croire (lu'il n'est pas orij^'inal. M'"" Necker refuse à Féneloii riioniieur d'avoir [lerl'ectionné la langue: « 11 a fait, dit-elle, un usage harmonieux d'un assemblage de mots et de phrases (omuis. » C'est trop peu lui acconlin* vraiment. Si la langue do 1 emdon est, pour le t'und, celle de tous les classiques, le ton et racceiit en sont tout nouveaux. Même (|uand sa phrase est périodi([ue, elle ne progresse pas, pour ainsi dire, en droite IJL'ne comme celle de Bossuet, par un mouvement plus ou moins vit' ou grave, mais réglé «;l dirigé vers un but (jui n'est jamais perdu de vue; elle se développe plutôt par ondidations successives (pii lentement s'élargissent, et donnent l'impression moins d'un cercle (jui se resserre, comme est [)ro[)remtînt la période, (jue d'un cenle qui se «lilate, s'ouvre et sans cesse s'infléchît. La phrase, de léuelon laisse le souvenir, non d'un«' grande idée i:énérale fortumeiit arc-boutée sur d(îs idées secondaires, mais d'un sentiment (]ui se fond en nuances {irescpie insensibles. Toutefois ce styb.' (jiii glisse? et ([ui coule n'est pas dépourvu de toute vigujMir : >ans prétendre à l'énergicpie concision d'un Pascal ou d'un la Ili)ch(;fuucauld, il atteint parfois à une simplicilé sobre qui n'e>l pas sans ell'i'l.

1. l.i Harpr, /;7y7'.'''t' /•'■/'"■"«, \ CUV !.• Ki'tjnard, iii-ï*", 1771.

Un jour un lion affamé vint se jeter sur mon troupeau : déjà il commençait un carnage affreux ; je n'avais en main que ma houlette ; je m'avance hardiment. Le lion hérisse sa crinière, me montre ses dents et ses griffes, ouvre une gueule sèche et enflammée; ses yeux paraissent pleins de sang et de feu ; il bat ses flancs avec sa longue queue. Je le terrasse: la petite cotte démailles dont j'étais revêtu, selon la coutume des bergers d'Egypte, l'empêcha de me déchirer. Trois fois je l'abattis; trois fois il se releva ; il poussait des rugissements qui faisaient retentir toutes les forêts. Enfin je l'étouffai entre mes bras ; et les bergers, témoins de ma victoire, voulurent que je me revêtisse de la peau de ce terrible lion.

Partout où il ne faut que de rimaginalion et du sentiment, Fénelon n'a point à craindre de rival. Il peint, et il fait voir ce qu'rl voit; il sent, el, parce qu'il sent, il fait sentir. Il est deux sentiments surtout qu'il pouvait inspirer au duc de Bourgogne : le sentiment de la nature et le sentiment de l'antiquité. 11 est vrai que ces deux sentiments n'en font qu'un chez lui : c'est à l'école des anciens qu'il a appris à voir et à peindre la nature, et il ne la voit, a-t-on dit, que d'après eux, à travers eux.

Assurément il ne peut comprendre ni décrire la nature comme le ferait tel poète moderne, ni même comme le faisait, un demi-siècle après lui, J.-J. Rousseau. Pourtant il avait le pressentiment de ces beautés nouvelles, celui qui, dans les Dialogues des morts, imaginait entre Ébroïn et Léger ce singulier dialogue :

ÉBROÏN. — J'avoue que j'ai été fâché de venir ici; mais maintenant je suis assez content d'y être. Voici le plus beau désert qu'on puisse voir. N'adniirez-vous pas ces ruisseaux qui tombent des montagnes, ces rochers escarpés et en partie couverts de mousse, ces vieux arbres qui paraissent aussi anciens que la terre où ils sont plantés? La nature a ici je ne sais quoi de briU et d'affreux qui plaît et qui fait rêver agréablement,

LÉGER. — Toutes ces choses sont bien fades à qui a le goût de l'ambition, et qui n'est point désabusé des choses vaines. Il faut avoir le cœur innocent et paisible pour être sensible k ces beautés champêtres.

Ses peintures, cependant, comme celles de la plupart des écrivains du xvii® siècle, sont toujours un peu vagues. La grotte de Calypso est joliment « tapissée d'une jeune vigne qui tend ses branches souples également de tous côtés » ; mais n'essayez point de la reproduire par le dessin : vous seriez arrêté par l'incertitude de maint détail, ou par leur invraisemblance; car ces prés semés d'amarantes et de violettes, ces tapis verts, ces bois touffus qui portent des pommes d'or, c'est aux bords de la mer qu'ils s'étendent. Mais nous sommes chez une déesse dans une île mystérieuse. Voyons donc, au livre suivant, la

iO COURS DE LITTÉRATURE

(l(jscriplion de l'É^^ypte. Un seul trait précis : la côlc d'Egypte apparaît « presque aussi basse que la mer». Ailleurs, rien qu»* (le banal et d'ciracé : jardin délicieux, maisons de campaj^ne agréablement situées, moissons dorées, prairies pleines de troupeaux, bergers qui jouent de la flAte et du chalumeau, qu'ont de signilicatif tous ces traits accumulés ? J'y préfère une seule ligne d'un pittorcs(|uc concis, celle-ci, par exemple : « Les cOtes du Péloponôse soniblaient s'avancer dans la mer pour venir au-devant de nous... La mer grondait sourdement, et ses Ilots n'étaient presque plus que comme les sillons qu*on trouve dans un champ labouré. » En revanche, Fénelon sem- ])lo avoir pris aux anciens un certain sentiment de la vie universelle, une certaine sympathie pour Tâme obscure des choses. Voyez comme, pour les funérailles d'Hippias, tombent <;n gémissant les grands pins, les chênes, ces vieux enfants dv la teire, les hauts peupliers, les ormeaux, dont les télés sont si vertes et si ornées d'un épais feuillage, les hêtres, honneur des forêts! Voyez cette harmonie entre la joie des navigateurs et la sérénité de la mer :

Tous les I)ancs des ramcurti élaicnt pleins de joueurs di; flùlcs. Achitoai les iiitcrroiiipail de temps en temps par li>8 doux accurds de sa voix et de aa lyre, (li^Mies (r<Hn; (>ntendns à la table «les dieux et de ravir les urelUes d'ApoUoa iiiômo. rne truu|>e de jeunes Phéniciens d'une rare beauté, et vêtus de fln Un plus blanc que la iwlim, dansèrent longtemps les danse» de leurs payv, puU celles «rKfrypte, cl eiilin celles do la Grèce. De Icmps en temps des trompettes faisaii>nt r(>l(>ntir l'ondi; jus(|u\iux rivages éloignes. Le silence de la nuit, le calme d(> la mer, la lumière tremblante de la lune répandue sur la face des ondes, li; nombre azur du ciel semé de brillaules étoiles, servaient à rendre ce spectacle encore plus beau.

On croirait pres([uc lire du Ghateauhriand. Mais autour de ce vaisseau rjiii glisse mélodieusement sur les flots, Fénelon ^Touixi les Tritons et les Néréides, toutes les divinités marines, (]ui écoutent ravies, et celte mythologie n'est guère plus naturelle que celle ({ui ])eiiit de couleurs un peu empruntées le cortège (i'Amphitrite et sa conque à Téclatante hlanchcur, aux roues d'or, ({ui vole à la surface des eaux paisibles. 11 faut convenir que ces réminiscences mythologiques, trop prodiguées, ont quehfue cJiose de convenu et de froid, bien qu'après tout le lecteur nourri des souvenirs de l'antiquité ne se plaigne pas de les voir reileurir h chaque pas de sa lecture. Ce n'était pas ce (ju'admiraij'nt le moins les critiques du xvni* siècle. Rivai'ol jugeait Télrmcupœ ^( plus antique que les ouvrages des anciens ».

C'était, pour Maury, « celui de tous les ouvrages modernes qui a le plus d'analogie et de ressemblance avec les chefs-d'œuvre des anciens ». Après eux leur admiration fait loi : de Féletz y voit « un ouvrage tout à fait antique et dans lequel les anciens, s'ils pouvaient le lire, retrouveraient tout ce que Fénelon trouve dans les leurs* ». De nos jours, au contraire, on est surtout frappé par les disparates de l'œuvre, et quelques-uns n'y voient ([u'un pastiche agréablement faux de l'antique. Il faut s'entendre. Veut-on nier que Fénelon ait pu être un autre Homère? Cela va de soi. Les épithètes, les répétitions, les redondances homériques, ne suffisent pas à faire un Homère. Et qui donc a jamais été, qui donc pourra jamais être l'Homère français? Dans la Grèce même, il n'y a eu qu'un Homère, et, chez les Latins, on sait à quelle distance de ïlllade est demeurée VÉnéide, malgré la délicatesse et la profondeur du génie virgilien. Fénelon est y)lus virgilien qu'homérique : les personnages mêmes qu'il reçoit d'Homère, il les attendrit et les civilise : Philoctète, apaisé, rend hommage aux vertus d'Ulysse ; Ulysse oublie sa duplicité traditionnelle, et, partant tout Troie, recommande à son fils enfant de pratiquer avant pour la sincérité : « Quiconque, dit-il, est capable de mentir est indigne d'être compté au nombre des hommes. » Çà et là quelques peintures rappellent la manière d'Homère (si l'on peut dire qu'Homère en ait une), mais sans pouvoir soutenir longtemps la comparaison.

Plulon était sur un trône d'ébène : son visage était pâle et sévère, ses yeux creux et étincelants, son front ridé et menaçant. La vue d'un homme vivant lui était odieuse, comme la lumière offense les yeux des animaux qui ont accoutumé de ne sortir de leurs retraites que pendant la nuit. A son côté paraissait Proserpine, qui attirait seule ses regards, et qui semblait un peu

i. « Jo viens de le relire avec toute la maturité do l'àgo. Cette fois, quelle im pression m'en reste-t-il? Je le dirai avec la môme franchise. Le Télémaque m'a apparu encore sous un jour tout nouveau; il m'a surpris comme si je ne l'avais jamais lu. Je ne crois pas qu'il eiistc au monde ua ouvrage plus singulier, où les contrastes se rapprochent et se heurtent davantage, quelque dissimulés qu'ils soient par un art prodigicui, un ouvrage ^)lus chrétien et plus païen tout ensemble, plus sage et plus chimérique, plus ingénu et plus habile, plus naturel dans sa forme apparente, plus raffiné et plus calculé au fond, un ouvrage qui se rapproche davantage des anciens quand on le lit superBciellement, et qui s'en écarte plus quand on en sonde les ressorts secrets. C'est le comble et le chef-d'œuvre de l'esprit; c'est h^ livre d'un grand poète, d'un sage, homme de génie, auquel.il a manqué pourtant l'une des plus précieuses qualités d'un homme de génie, d'un grand poète et d'un sage, la candeur, la vraie simplicité d'âme, une certaine naïveté de bon sens qui fera le charme éternel d'Homère et de Bossuct. L'esprit a suppléé atout; il est tout dans le Télémaque ; le Télémaque iusti^e le mot de Bossuet lorsqu'il disait do Fénelon : // a plus d'psprit que moi; il en a à faire peur. Toute la vie de Fénelon s'ejplique par le Télémaque, ses succès, ses disgrâces, son charme entraînant, et l'antipathie profonde qu'il inspirait à Louis XIV. » (De Sacy.)

adoucir son ronir : olle jouissait d'une l»eaut('* toujours nouvcllft; mni» elle paraissait avoir joint à ces gr<\ces divines je ne sais quoi de dur et de cruel d>j son époux.

En rcvanclie, un grand nombre d'épisodes sont pénétrés d'une sensibilité toute virgilienne : la mort du fils d'idoménée, celles (riphiclès, fils d'Adraste; de Pisistratc, fils de Nestor; d'Amphimaque, font songer aux morts, divinement pleurées par Virgile, d'Kuryale ou de Pallas. Et les métaphores elles-mômes sont toutes virgiliennes : « Tel qu'un beau lis, au milieu des champs, coupé dans sa racine par le tranchant de la charrue, languit et no se soutient plus... Comme une fieur qui s^épanouit dans un cliamp et qui doit être coupée par le tranchant de la faux du moissonneur... Son teint se flétrit comme unetleur que la main d'une nymphe a cueillie dans les prés... Sa bouche, plus vermeille que les roses dont l'aurore naissante sème l'horizon, se flétrit... Philoctète lui-môme en eut pitié; tous les combattants gémirent... » Voilà, sans doute, une pitié plus virgilienne et clirétienne déjà qu'homérique.

Est-ce à dire que Eénelon n'ait senti que cette antiquité déjà christianisée, qui trouvait un écho facile dans son &me délicate, sensil)le, et légèr(;ment mélancolique? Non : seul ou presque siîul en ce siècle, qui parlait souvent de la Grèce et ne la comprenait pas toujours, il a été Grec au fond du cœur. Grec dansia mesure où pouvait l'élrc un contemporain de Louis XIV. J'ose dire qu'il l'a été plus que Uacine. Profane ou dévot, poète ou historiographe, Uacine volontiers regarde vers Homère, plus souvent encore vers Euripide, poète beaucoup moins primitif, mais ne perd jamais tout à fait de vue la cour du grand roi. Si, quoi que Taine en ait dit, ses personnages ne sont pas uniquement des courtisans du xvii° siècle, ils sont un composé très curieux et du Grec d'autrefois et du Français d'alors. Abbé, puis prélat de cour, bientôt disgracié, mais jamais ébloui par le faux éclat de Versailles, ce n'est pas dans le Télémaque seulement que Fénelon cxalt(î Ithaque, sa pauvreté, sa vertu. Large et souple, cette jlme était capable, plus que toute autre peutêtre, d»* com[)rendre sous leurs aspects les plus divers, de concilier, dans leurs traits les plus inconciliables on apparence, et la simplicité de la société antique et la civilisation de la société moderne; mais celte imagination de poète et d'utopiste volontiers côtoyait la chimère, y plongeait mt^me parfois avec délices, d'autant plus éprise de la « naïvelé » des

âges primitifs qu'elle réagissait avec plus d'énergie contre le faste trompeur et ruineux de l'époque. Télémaque, « c'est de l'antique ressaisi naturellement et sans effort par un génie moderne, par un cœur chrétien qui, nourri de la parole homérique, s'en ressouvient en liberté et y puise comme à la source; mais il la refait et la transforme insensiblement à mesure qu'il s'en ressouvient ^ » Que cela est vrai! C'est une mythologie bien artificielle, semble-t-il, qui respire dans l'épisode idyllique etélégiaque tout ensemble de lajeunePholoé, fille du fleuve Liris, et de son fiancé Gléanlhe, qui l'a délivrée « d'un serpent ailé » à qui son père l'avait promise, contraint par un oracle. Mais Cléanthe tombe sous les coups de Télémaque , Pholoé le pleure, la mythologie n'a plus rien ici qui choque, tant elle est naturelle et humaine.

Elle remplit de ses gémissements les bois et les montagnes qui sont auprès du fleuve; elle noya ses yeux de larmes, arracha ses beaux cheveux blondg, oublia les guirlandes de fleurs qu'elle avait coutume de cueillir, et accusa lo Ciel d'injustice. Comme elle ne cessait de pleurer nuit et jour, les dieux, touchés de ses regrets, *et pressés par les prières du fleuve, mirent fin à sa douleur. A force de verser des larmes, elle fut tout à' coup changée en fontaine, qui, coulant dans le sein du fleuve, va joindre ses eaux à celle du dieu son père : mais l'eau de cette fontaine est encore amère, l'herbe du rivage ne fleurit jamais ; et on ne trouve d'autre ombrage que celui des cyprès sur ces tristes bords.

C'est que la mythologie n'est que dans la forme, et que le sentiment est au fond, est le fond même. Philoclès, longtemps exilé, quitte avec regret la grotte où il a vécu heureux loin de la cour. Les adieux qu'il adresse à sa solitude sont tout fleuris de réminiscences mythologiques ; et pourtant qui n'en est touché?

« Ilélas! disait-il, faut-il que je vous quitte, ô aimable grotte, où le sommeil paisible venait toutes les nuits me délasser des travaux du jour! Ici les Parques me filaient, au milieu de ma pauvreté, des jours d'or et de soie. » n se prosterna en pleurant pour adorer la Naïade qui l'avait si longtemps désaltéré par son onde claire, et les Nymphes qui habitaient dans toutes les * montagnes voisines. Écho entendit ses regrets et, d'une triste voix, les répéta à toutes les divinités champêtres.

Ame de lettré ingénu, qui ne fut jamais un « auteur » et ne connut jamais le procédé; âme de grand seigneur devenu

i. Sainte-Beuve, Causeries du lundi, t. II.

bientôt prclre et qui a horreur de la vulgarité presque autant que (le la corruption; âme restée pure et jeune, tout en s'affinant et en se mûrissant; âme compliquée et pourtant simple à certains égards; âme de psychologue, de diplomate et d'enfant, où l'habileté a de la candeur, et la candeur delà finesse, Fcnelon a résolu ce difficile problème d'être à la fois, par les idées, presque un homme du xyiii® siècle, et, parle sentiment, pr(3sque un ancien. Ses libres imitations ne sont point des pastiches, car il s'y est mis tout entier. Et ceux-là perdent leur temps qui en contestent la fidélité, fiers d'une érudition renouvelée : elles sont vraies, puisque le sentiment qui les anime est vrai. La divination a précédé la critique, et sur la critique garde cet avantage d'ôtre comme baignée de poésie.

BIBLIOGRAPHIE

TEXTES

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LIVRES

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