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ET DE SON TEMPS

Des origines au seizième siècle*

On ne peut guère faire remonter l'histoire de la prédication française en France qu'au xii° ou même au xni« siècle; car c*est en latin que parlèrent d'abord les prédicateurs, du moins ceux qui parlaient au clergé. Les clercs affectaient de dédaigner la langue romane : Lingua Romana coram clericis saporem siiavitatis non hahet. Il est clair cependant que ce n'est pas en latin qu'on parlait au peuple, ni même au bas clergé, quand l'ignorance se fut épaissie. Au ix® siècle, les capitulaires de Charlemagne, les conciles de Tours, d'Arles et de Reims imposent l'emploi de la langue romane dans la prédication. Mais ces premiers sermons, homélies familières ou même triviales, n'étaient pas transcrits et n'ont pu arriver jusqu'à nous.

A la fin du xi« siècle et dans la première partie du xii°, la vie intellectuelle et morale semble se réveiller en France : la naissance des premiers grands monuments de notre littérature, la réforme de la vie religieuse dans les monastères et le grand élan des croisades provoquent dans les esprits un mouvement favorable à l'éloquence. Saint Bernard assurément fut un grand orateur, non seulement dans le sermon, mais dans l'oraison funèbre : on sait qu'il prononça celle de Humbert, moine de Citeaux. On sait aussi qu'il accommodait sa parole à la condition et à l'intelligence de ses auditeurs; mais les sermons que nous avons sous son nom sont peut-être traduits du latin. C'est aussi en latin que Maurice de Sully, évoque de Paris au in« siècle, et sorti du peuple, malgré ce beau nom, composa un recueil destiné à fournir des modèles d'éloquence aux prédicateurs embarrassés. Cependant c'est à ce Maurice de Sully et à ses sermons écrits en langue vulgaire qu'on peut faire com-

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