‹ Cours de littérature (volume 4)Chapitre 37 sur 178 · DISCOURS · texte numérisé non relu

DISCOURS

Le P. Lacordaire, soit daas ses conférences du collège Stanislas, qu'il fît à l'époque de sa maturité, soit dans ses entretiens du collège de Sorèze, où sa vieillesse alla chercher un repos mérité, revenait souvent à Bossuet, dont il est, et dans le sermon et dans Toraison funèbre, un des moins indignes successeurs. Mais il ne pouvait lui échapper que la gloire oratoire d'un Bossuet supposait de longs siècles d'efforts plus ou moins heureux et de tâtonnements. On suppose qu'il rend un hommage chaleureux à ceux qui, dans la chaire, dans les controverses, dans le gouvernement de l'Église, ont précédé Bossuet, aux saint Bernard, aux Gerson, aux François de Sales, même aux Calvin, car Lacordaire, qui parlait avec modération de Luther, était capable de sentir ce que la prose oratoire devait à Calvin et à ses disciples, ne fût-ce que pour avoir réveillé et fortifié l'éloquence de la chaire catholique.

LETTRES

Il y avait près de soixante-dix ans que Bossuet était m(frt quand on publia ses Sermons pour la première fois. On supposera que, sur la fin de sa vie, sollicité de les faire imprimer, il s*y soit refusé, et qu'il donne les raisons de son refus dans une lettre à M"*® de Maintenon.

1° Il lui est reconnaissant et obligé du désir qu'elle lui a témoigné de voir paraître les Sermons, mais il a résolu de ne pas les publier.

2° S'il a fait imprimer autrefois des Oraisons funèbres, c'était un dernier devoir qu'il rendait aux illustres morts dont il y avait célébré la mémoire. Il a fait imprimer aussi son sermon sur ï Unité de l'Éfjlise, mais c'était un acte public, une déclaration, presque une profession de foi de l'Église de France.

3° S'il osait espérer que les sermons qu'il a jadis prononcés fussent encore utiles à l'édification des fidèles, il en a fait passer la substance dans les principaux ouvrages qu'il a donnés au public. En ce momenl, il achève d'en résumer la doctrine dans ses Élévations sur les mystères et les Méditations de VÉvangile.

4° Enfin, l'Eglise de France n'est pas si pauvre en prédicateurs, parmi lesquels il citera le P. Hourdaloue et le P. Massillon, pour qu'il ne craignît pas, en déférant au désir de M™« de Maintenon, de céder à un mouvement de vanité indigne d'un vieillard, d'un chrétien, d'un évéque.

(CoNcoi'RS DE l'École normale, 1887.)

Lettre du P. Sennult à Iioss7iet (1601). — • Au mois de février 1659, Bossuet s'était installé à Paris; celte année-là, il ne prononça que quelques sermons isolés, entre autres le Panégyrique de saint Paul. En 1000, il prêcha le carême aux Minimes de la place Royale et, l'annéf; suivante, aux (Carmélites du faubourg Saint- Jacques. — D'ailleurs il était déjà connu de la cour; le 19 mars

1659, il avail prononcé devant la reine mère Anne d'Autriche le Panégyrique de saint Joseph, et le 8 septembre 1660, devant les deux reines et les plus grandes dames de la cour, le sermon pour la vêture de M"° de Bouillon.

A Ja suite de ces brillants succès, il fut désigné pour prêcher au Louvre le carême de 1662. On supposera que le P. Senault, de rOratoire, un des plus célèbres sermonnaires du temps, lui écrit à cette occasion ((in 1661). — On n'oubliera pas que le P. Senault fut désigné pour prêcher au Louvre Favent de 1662.

1° Nul n'était plus digne du choix de Sa Majesté que l'orateur qui a si magistralement trac 3 dans le Panégyrique de saint Paul les lois de l'éloquence religieuse.

2° Quelle puissance de logique et d'éloquence ne faut-il pas pour traiter devant un auditoire d'élite les sublimes mystères de la religion chrétienne ! (Providence, Mort, Impénitence finale.)

3° Et lorsque l'orateur descend des hauteurs des dogmes chrétiens jusque dans les profondeurs des passions humaines (Honneur du monde. Ambition), combien sa tâche n'esl-elle pas difficile et même périlleuse !

4° L'orateur qui est si profondément imbu des saintes Écritures et des Pères de l'Église saura toujours être le digne interprète de la Parole de Dieu et, dans la prédication qui lui est confiée, ajouter un nouvel éclat à son nom déjà glorieux.

(Glermont. — Devoir de lfcenci-:, janv. 1892.)

Bossuet, âgé de trente-quatre ans, n'était encore qu'archidiacre au diocèse de Metz, mais sa réputation d'éloquence grandissait de jour en jour. En 1661, il prêcha le carême aux Carmélites du faubourg Saint-Jacques. Son secrétaire, Ledieu, rappelle qu'il fut alors très suivi par Messieurs de Port-Royal, qui étaient les plus vifs à exciter les applaudissements. C'est dans cette station que fut prononcé le Sermon sur la Mort.

Vous supposerez que Pascal, alors âgé de trente-huit ans et qui devait mourir un an après, s'est décidé, malgré ses souffrances et ses tristesses, à quitter son austère retraite pour entendre la parole du jeune abbé et que, dans une lettre à sa sœur, il essaye de caractériser par des traits expressifs l'orateur éloquent dont il admire le génie et envie la foi sereine.

(Cantal. — Brevet supérieur. — Aspirantes, 1888.)

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