‹ Cours de littérature (volume 4)Chapitre 60 sur 178 · C. de Litt. — RossuET (Oraisons funèbres · texte numérisé non relu

C. de Litt. — RossuET (Oraisons funèbres

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pas nous faire oublier ce qu'il y a (rénergiquement vrai dans la leçon. De môme pour le développement sur le conseil du roi, présidé par le Tellier, qui par lui « modère tout Te cours de la justice ».

Combiuii (lu fois s'csl-on plaint que le» affaires n'avaient ni de règle ni (lo fm; que I:i furcc des clioses ju{,'ées n'était presque plus connue; que la compagnie où Ton renversait avec tant de facilité les jugements de toutes l(^s autres, ne respectîiit pas davantage les siens ; enfin que le nom du prlnro «'•tait employé h rendre tout incertain, et que souvent l'inquiétude sortait du lieu d'où elle devait être foudroyée ! Sous le sage Michel le Tellier, lo conseil fit sa véritable fonction ; et l'autorité de ses arrêts, semblable k uu Juste contrepoids, tenait par tout le royaume la balance égale.

Est-ce qu'il n'est pas facile, ici encore, de retenir ces détails si curieux pour l'histoire des mœurs et des institutions au xvii° siècle, sans être obligé d'admettre que le Tellier ait déraciné h jamais tous les abus ? Est-ce que nous n'entendons pas « les gémissements des malheureux plaideurs »? Est-ce que nous ne voyons pas ce tribunal, (ju^évidemment Bossuet a vu lui-niôme, ces juges inattentiCs, ou inquiets, ou distraits, qui vous écoutent par bienséance, pendant que leur pensée est ailleurs, et ceux dont les oreilles sont bouchées par les préventions?

Mais ces détails ne pouvaient suffire à Tintérôt d'une oraison funèbre telle que la conçoit Dossuel, génie épris de grandeur. Il donne donc pour cadre à Thistoire des avancements successifs de le Tellier l'histoire même de la France, et le discours, après l'exorde, s'ouvre par une belle page historique où liichelieu et Mazarin sont rapprochés et loués. Dans la première ï)artie du discours, on sont un peu le procédé, car il y a quel- (pie distance de Richelieu à le Tellier; mais on admire la brièveté saisissante de certains traits : « Le cardinal de lUchelieu était parti, peu regretté de son maître, (jui craignit de lui devoir trop. » Dans la seconde partie, quand le Tellier arrive aux aflaiios, lo procédé, si c'en est un, semble légitime, et l'on np songe mr*nio ])as à s'é(<»nn<ir cjue les grands hommes groupés avec, art par Hossuet autour de son héros d'un jour soient là comme pour lui faire cortège.

Le côté brillant; le Tellier ntinlstre de la gtiene et grand chancelier. — Le Telliers Bossnet et la révocation de l'édlt de liantes.

Le rapprochement de Je Tellier et de son fils Louvois n'est pas le seul qui s'offrît naturellement à Tesprit de l'orateur : ce rapprochement, d'ailleurs, serait trailé dans un tout autre esprit par un historien, et tournerait à Fanlithèse, car le Tellier lui-même semble avoir eu peur quelquefois de son fils, tandis que, chez Bossuel, le fils semble continuer le père, dont les leçons et les exemples l'ont formé. Il y avait des affinités plus réelles entre Mazarin et le Tellier : « Jamais palron et client ne furent mieux assortis : finesse d'esprit, souplesse de caractère, affectation de politesse, modération dans le succès, persévérance dans les revers, tels étaient les traits communs de leur génie. Ces deux hommes s'étaient reconnus au premier coup d'oeil et sentis nécessaires l'un à l'autre. Dès lors ils associèrent leur fortune *. » Bossuet montre seulement, et avec finesse, quel genre de services le Tellier, toujours maître de lui-même, et <t supérieur par cet endroit au ministre même », a pu rendre, non sans courage, à l'impatient et soupçonneux Mazarin, toujours « ennuyé de son état » dans l'exil, toujours prêt à revenir trop tôt à la cour. Il nous peindra bientôt de couleurs plus vives, mais toujours avec la même vérité, Mazarin expirant avec la triste consolation d'être demeuré le maître jusqu'au bout : « Au plus haut point de sa gloire, sa joie est troublée par la triste apparition de la mort; intrépide, il domine jusqu'entre ses bras et au milieu de son ombre... »

Tous ces tableaux et ces portraits ne sont point des horsd'œuvre éclatants, et Bossuet, s'il retrace l'image des malheurs de la Fronde, n'a pas tort, là où les Maboul et même les Fléchier hésitent et se troublent, de penser et de dire qu'il n'a point à s'en excuser. On ne voit même pas comment il eût pu donner à cet homme et à cette vie quelque apparence de grandeur s'il avait fait abstraction des grands événements dont le Tellier avait été le témoin et l'acteur plus ou moins indépendant. S'il appuie

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