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plaisantes*, bien qu'elle regarde Tincivilité chez les bourgeois €omme « une suite infaillible de la basse naissance* », elle sait et dît, cela devant des jeunes filles nobles, que la noblesse n'est rien sans Je mérite, a Au nom de Dieu, mes chères enfants, ne soyez pas si fières ni si hautes; ne comptez. pour rien votre noblesse, n'en parlez jamais. A quoi vous servirait-elle, si vous n'aviez point de vertu? n'est-ce pas elle qui, fait la vraie noblesse? la vertu n'est-elle pas son origine?... Mettez- vous bien dans l'esprit, une fois pour toutes, que la noblesse n'est rien sans mérite, et que c'est au mérite que l'on doit l'honneur, l'estime et le respect, en qui que ce soit qu'il se trouve 2. » Molière et Boileau ne parlaient pas autrement. C'est à une grandeur plus réelle qu'elle attache son ambition, et cette ambition fut satisfaite au delà même sans doute de ses espérances. Alors même pourtant qu'elle eut fait cette étonnante fortune à demi royale, elle ne s'y reposa pas, comme toute autre l'eût fait; elle semblait aspirer à monter encore plus haut, et donnait lieu à son frère de s'écrier plaisamment : « Vous avez donc juré d'épouser Dieu le père? » Elle ne s'était pas tracé à l'avance le plan d'une vie de plus en plus éclatante : si elle a aidé parfois les circonstances, elle a été parfois aussi surprise par elles. Mais il y a quelque chose qui est plus difficile que s'élever très haut, c'est se maintenir sans défaillance à la hauteur où Ton est monté. V idéal de M"»« de Maintenon a pu et a dû changer selon les états très divers qu'elle a traversés; cet idéal modeste, mais invariable, être considérée, elle l'a toujours eu devant les yeux : être considérée d'abord du groupe bruyant des amis de Scarron, peu enclins au respect; être considérée ensuite de la société polie, qui n'eût pas ouvert ses rangs aune aventurière; être considérée enfin de la cour, de la France entière, et cette dernière épreuve, on l'avouera, n'était pas la moins redoutable. Comment, ici, mériter, imposer l'estime? En se montrant supérieure à la grandeur même de la situation qui fait T'étonnement de tous. De là cette modération ou, si l'on veut, cette modestie, qui laissait subsister l'orgueil, niais tout au fond de l'àme. Si l'on peut se hasarder à juger ces âmes secrètes, celte sorte de modestie semble n'avoir été que la forme prudente d'un orgueil intelligent. Seulement, passée en habitude, elle se transformera, pour ainsi dire, en nature.
i. Lettres à M»" de Villette, 11 nov. 1675, et à d'Aubigné, 8 mai 1683. - 2. Lettre ù d'Aubigné, 28 fétrier 1678.
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l'iio condiiîlo ainsi onlonnén, si puissant qu'en soit le ressort, ('xif,M; un effort incessant, une perpétuelle surveillance (Je sui-niiMMC. De là ce quelque chose d'un peu froidement Tuouotono dans une raison (|u'on sait ou qu'on croit infaillible. On ne voit [)as les combats intérieurs, les victoires chèrement obtenues peut-ôlre; ce qu'on voit, c'est la grande paix du dehors, résultat et couronnement de Teffort heureux, mais heureux à quoi prix? Et l'on dit que M'"® de Maintcnon est la raison même, ce qui est vrai, d'ailleurs, de ce qu'elle dit et de ce ({u'ellc fait. Ce qu'elle eût été, si elle n'eût pas voulu être l.'i raison qui se fait admirer, il est assez oiseux de le conjecturer. Klle a été, elle est pour nous le jugement qu'aucune passion n'égare, le sens pratique qu'aucun hasard ne déconcerte. l)e parti pris, elle écarte de son chemin toutes les fantaisies et toutes les superlluités attirantes : « Je hais tout ce qui est inutile... Je hais bien ce qui n'est bon à rien*. » Ce positivisme est un peu sec. Faut-il partager, toutefois, contre cette « aventurière solennelle», l'indignation de M. Alexandre Dumas Dis, qui s'écrie : « Ah! la maîtresse coquine, froide, impassible, implacable, ayant un balancier à la place du cœur* »? Sainte-Beuve dit avec plus de mesure: « Il n'y eut pas un nioincut d'abandon de cœur dans toute la vie de M"*« de Maintenon : là est le secret <le l'espèce de froi<leur qu'elle inspire. Elle; esl hi contraire d'une nature sympathitiue, »
Kst-cll(5 insensible? « J'ai, dit-elle, le cceur tendre et sensible pour c(; que j'aime^. » Sa correspondance fournit quelques preuves (jn'clle n'a ]»as aimé le seul duc du Maine et Saint- ('yr. Kll(^ ntî parle (lu'avec tendresse et reconnaissance des Vilbîth*, ((ui lui ont s<!rvi autrefois de parents. La mort du maréchal (l'Albrt^t lui donne « une tristesse mortelle». Les maladies du roi lui d«'rhirent l«i cœur, (juand laduch(;sse de Bourgogne perd son ])r(Mnier enfant, le duc de Hreta^Mie, celle qu'elle ap- \\c\iïi[ sa « (anto » écrit: « Dieu mcî fait la grâce de ne pas snrconibcr (ît de vouloir ce qu'il v(îut, ([uoi (pi'il m'en coûte, et qu'il ni(^ j)i'('ninM;n cette occasion parle faible de mon cœur*. »
Llbi aiin»' à èh't; aimées, (4 ne trouve partout que le respect: (luand la rhai'Fuanle M'"° de Danj^eau se hasarde à l'aimer et
1. \.<l\v('< ;i M. .1.' Vill.-ttf!, n avril IfiTi, ot au duc (l'Ilanîourt, 10 avril 1701,