Kiilntinu, ITdS et liiî'X
pédagogique. Il y manque seulement peut-être une certaine grâce qui ne manquait pas à Montaigne lorsqu'il disait les mômes choses. Gomme Montaigne, elle attachait peu de prix au détail curieux, à tout ce qui n'est que le luxe superficiel de la science. Même elle trouvait que certaines maîtresses faisaient trop de cas de l'écriture et de l'orthographe : « C'est un très aimable talent quand il est par-dessus tous les autres, et peu de chose quand il est seul*. » L'orthographe, en particulier, cette orthographe infiniment variable du xvii® siècle et que le XIX® met un soin jaloux à garder immuable, lui inspirait si peu de respect que l'observer trop exactement lui paraissait une marque de « pédanterie » (ce qui est peut-être excessif). Elle voulait qu'on enseignât la grammaire seulement dans ses principes essentiels, mais qu'on étudiât la langue française dans son génie, el aucune élude à ses yeux n'était plus utile pour comprendre le mécanisme de son propre idiome que de le comparer avec celui d'un idiome étranger 2. Mais, pour apprendre à bien parler la langue française, il n'eût pas été mauvais non plus d'apprendre à l'écrire ; cela, ce n'est plus (( l'écriture », ce sont « les écritures », ou, pour parler comme nous parlons, les exercices écrits. M"»® de Maintenon s'en défie, car c'est une porte ouverte au bel esprit. Ces exercices, qui sont au premier plan dans toute saine pédagogie, n'occupent qu'une place insignifiante dans la sienne.
C'est que, dans cette pédagogie, les bonnes maximes sont éparses et ne forment pas de corps de doctrine, du moins en ce qui concernel'instruction. Si une doctrine, au contraire, surnage, c'est que l'instruction étendue a plus de dangers que d'avantages. Ainsi, elle veut qu'on explique aux élèves autant que possible tout ce qu'on leur fait lire comme tout ce qu'on leur dit. Le principe est excellent, et revient à cet autre : Peu de livres, mais familiers; peu de lectures, mais approfondies. On approuve cela. On n'approuve plus quand ce principe est présenté sous cette forme étroite : Le moins de lectures possible, car la lecture fait plus de mal que de bien aux jeunes filles : « Les livres profanes inspirent l'orgueil et nourrissent la curiosité, si dangereuse à notre sexe, à mesure qu'ils étendent les connaissances 3. » C'est toute la littérature profane qu'atteindrait