C. de Litt. — litt. épist
fance de Mmo de Sévigné, semble s'être évaporé aujourd'hui. Il en reste assez cependant, sinon pour justifier tout à fait, au moins pour expliquer les éloges complaisants que. Mmo de Sévigné lui prodigue.
Quand vous m'écrivez, mon aimable cousin, j'en ai une joie sensible : vos lettres sont ag-réables comme vous, on les lit avec un ptaisir qui se répand partout ; on aime à vous entendre, on vous approuve, on vous admire, chacun selon le degré de chaleur qu'il a pour vous. Quand vous ne m'écrivez pas, je ne gronde point, je ne boude point; je dis : « Mon cousin est dans quelque palais enchanté ; mon cousin n'est point à lui ; on aura sans doute enlevé mon pauvre cousin ; » et j'attends avec patience le retour de votre souvenir, sans jamais douter de votre amitié ; car le moyen que vous ne m'aimiez pas ? c'est la première chose que vous avez faite quand vous avez commencé d'ouvrir les yeux, et c'est moi aussi qui ai commencé la mode de vous aimer et de vous trouver aimable : une amitié si bien conditionnée ne craint point les injures du temps l.
Ce même Coulanges, qui semble si incurablement léger, a trouvé des accents vraiment émus pour déplorer la mort de son amie :
On oublie souvent la perte de ses parents ; mais quand une fois nos parents sont nos intimes amis, c'est une plaie qui ne se ferme pas sitôt. Avouez, Madame, que ce n'est point une grand'mère que vous pleurez; pour moi, je ne pleure point une cousine germaine ; mais nous pleurons assurément la plus aimable amie qui fut jamais , et la plus digne d'être aimée. La mémoire m'en sera toujours très précieuse, et rien ne me la fera oublier, quelque lieu que j'habite ni quelques plaisirs qui s'offrent à moi 2.
Mais ce n'est là, pour ainsi dire, qu'une bouffée d'émotion et de tristesse bien vite dissipée. Plus sérieuse de ton, au moins vers la fin, est la correspondance de Mme de Coulanges, qui a de la vivacité, du trait même et du mordant, mais qui sait vieillir. Ses contemporains estimaient plus ses lettres que celles de son mari, dont ils goûtaient plutôt les chansons, et qui prenait sa revanche en raillant l'écriture illisible et l'orthographe fantaisiste de sa femme. On sent qu'elle manque d'un fond sérieux de connaissances, et de cette longue culture de la raison qui donne aux lettres de Mme de Sévigné, avec tant de charme, tant de solidité. Même alors qu'elles touchent aux mêmes sujets, on sent combien Y étoffe de Mme de Sévigné est plus brillante à la fois et plus résistante. Par exemple, le 23 juillet 1691, elle écrit à son mari, alors à Rome, d'où il lui a envoyé une lettre gaie et folle, à son habitude ; elle le gronde