LIBRAIRIE DELAGRAVE
15, RUE SOUFFI.OT, 15
(5 février 1626-1*7 avril 1696.)
Coup d'œil sur la biographie de Mme de Sévigné.
Rien n'est plus simple que la vie de Marie de Rabutin-Chanfcil, marquise de Sévigné. Née à Paris, le 5 février 1626, clans un des hôtels qui entouraient la fameuse place Royale, alors nouvellement bâtie; mariée le 4 août 1644 au marquis Henri de Sévigné, qui fut tué en duel le 6*février 1651, elle eut successivement, en 1646 et en 1648, une fille et un fils, Françoise et Charles de Sévigné. Dès lors, elle ne vit plus que pour ses enfants, ou plutôt pour sa fille : elle la marie, le 29 janvier 1669, au comte de Grignan, lieutenant général du Languedoc, puis de Provence ; elle se sépare d'elle pour la première fois le 5 février 1671 ; c'est à elle qu'elle écrit la plus grande partie des quatorze à quinze cents lettres qui ont fait vivre son nom; c'est chez elle, au château de Grignan, et pourtant sans elle, qu'elle meurt de la petite vérole, le 17 avril 1696.
Elle était fille de Celse-Bénigne de Rabulin, baron de Chantai, dont Bussy a dit dans son Histoire généalogique :
Il devint un dos cavaliers les plus accomplis de France, soit pour le corps, soit pour l'esprit, soit pour le .courage.. . Il était extrêmement enjoué. Il y avait un tour à tout ce qu'il disait qui réjouissait les gens ; mais ce n'était pas seulement par là qu'il plaisait ; c'était encore par l'air et par la grâce dont il disait les choses : tout jouait en lui.
Ce père d'extérieur si séduisant et d'humeur si enjouée était capable de résolution : c'est lui qui, enfant, se couchait en travers de la porte pour empêcher sa mère, sainte Chantai, d'aller fonder l'ordre de la Visitation en abandonnant sa famille; mais