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LETTRES, DIALOGUES ET PORTRAITS

Lettre de Boileau à Racine pour lui recommander la Bruyère dans la prochaine élection de l'Académie française (1693).

(Paris. Licence, avril 1861. — Aisne. Brevet supérieur. Aspirants, 1890.)

Réponse de la Bruyère à un ami qui, par prudence, lui conseillait de ne point publier le livre des Caractères.

(Paris. — Licence es lettres, avril 1863.)

Lettre de la Bruyère à un de ceux qui avaient essayé de mettre des noms sous les Caractères.

(Paris. — Licence es lettres, mars 1865.)

La Bruyère va voir Boileau dans sa maison d'Auteuil pour lui lire ses Caractères. Boileau est malade ; il écoute cependant, félicite Fauteur, mais ajoute : «Vous n'avez oublié qu'un caractère, celui de l'auteur qui lit sans pitié ses ouvrages aux pauvres malades. *> On décrira la scène, en précisant le caractère esquissé par Boileau. (Paris. — Baccalauréat.)

La Bruyère écrit à l'un de ses amis pour lui annoncer son projet de traduire et d'imiter Théophraste.

(Dijon. — Baccalauréat.)

La Bruyère avait traduit les Caractères de Théophraste. Un habitué de l'hôtel de Condé l'engage à prendre pour sujet de ses études les Caractères de son siècle.

(Douai. — Baccalauréat.)

La Bruyère écrit à Boileau pour lui soumettre le manuscrit des Caractères et lui demander son avis avant de le remettre à l'imprimeur.

(Lyon. — Baccalauréat, juillet 1887.)

Après avoir tracé, à la façon de la Bruyère, le portrait de , l'indécis, vous direz quelles peuvent être les causes qui produisent ce caractère.

(Nancy. — Baccalauréat de l'enseignement spécial, 1888.

Expliquer ce mot de M. de Malézieu à la Bruyère lors de là publication des Caractères : « Voilà de quoi vous attirer beaucoup d'approbateurs et beaucoup d'ennemis. » On pourra traiter le sujet sous la forme d'une lettre écrite à la Bruyère par M. de Malézieu.

(Glermont. — Baccalauréat de l'enseignement spécial, octobre 1891.)

En 1687, la Bruyère proposa au libraire Michallet, dont il fréquentait la boutique, l'impression du manuscrit des Caractères. « Je ne sais, dit-il, si vous y trouverez votre compte ; mais, en cas de succès, le produit sera pour ma petite amie » (la fille du libraire, encore enfant). La vente de ce livre rapporta plus de cent mille francs, qui furent la dot de Mu<3 Michallet. La Bruyère mourut en 1696.

On supposera qu'au lendemain de sa mort, la petite Michallet, devenue MmC de Juilly, fait part, dans une lettre à une amie, de ses regrets. Elle rappellera l'histoire de sa dot, les souvenirs de son enfance, combien l'auteur des Caractères était simple, modeste et bon. Elle le lit, le relit. Elle apprendra à ses enfants à goûter son livre et à chérir sa mémoire.

(Seine. — Brevet supérieur. — Aspirantes, 1888.)

La Fontaine écrit à la Bruyère après avoir lu la première édition des Caractères.

Le Discours sur Théophraste et la traduction que la Bruyère a donnée des Caractères de cet auteur lui ont fait sentir plus vivement que jamais les finesses et les grâces de Tatticisme.

Mais, en imitant un tel modèle, la Bruyère l'a égalé, Fa surpassé peut-être, par des mérites nouveaux. La Fontaine esquissera un parallèle entre l'esprit grec, personnifié par Théophraste, et l'esprit français, personnifié parla Bruyère.

Le parti des modernes, qui voudrait fermer les portes de l'Académie aux partisans éclairés des anciens, les ouvrira sans doute devant un moderne qui n'est pas indigne de devenir luimême un classique.

Le comte de Bussy écrit à l'un de ses amis de la province en lui envoyant la première édition des Caractères.

Au fond de la province on peut revoir la cour en lisant le livre étonnant où elle revit tout entière.

Tous ces originaux que la Bruyè^ fait passer sous nos yeux, il les a vus jadis, il les reconnaîtra, Russy atteste l'exacte ressemblance des portraits avec des moôrëies, et esquisse quelques' silhouettes de courtisans.

Il a vu la Bruyère à Chantilly et à Versailles; en quelques traits il peint la physionomie de cet observateur silencieux.

L'œuvre n'est que commencée. Bussy en prédit le succès, et se promet d'y contribuer en grossissant le trésor des observations accumulées par la Bruyère.

Le 9 août 1687, Boileau, qui se soigne aux eaux de Bourbon

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d'une extinction de voix opiniâtre, écrit à Racine: « Je vous envoie un compliment pour M. de la Bruyère. » Les Caractères n'avaient pas encore paru, mais on en pouvait déjà connaître des fragments. On suppose que Racine va porter à la Bruyère le complimentde Boileau, et qu'une conversation s'engage entre eux sur l'ouvrage projeté.

La Bruyère explique à Bossuet, son protecteur, dans quel esprit il a imité Théophraste. Il ne cède ni au plaisir de la médisance ni à l'attrait de la gloire ; mais il a voulu être utile aux hommes à force d'être vrai, et il espère que sa sincérité ne déplaira pas à l'éloquent dénonciateur des lâchetés humaines.

Bussy écrit à la comtesse de Toulongeon, sa sœur (26 janvier 1689) : « Je vous porterai des livres nouveaux; ce sont les Églogues de Fontenelle, qui me ravissent, les Caractères de Théophraste par la Bruyère, les ouvrages de Mmo Deshoulières, et la Manière de bien penser sur les ouvrages d'esprit, par le P. Bouhours. Tout cela vous plaira fort. »

Elle lit ces livres nouveaux, que Bussy lui apporte; ils lui plaisent, en effet, mais inégalement, et, dans un dialogue avec son frère, elle dit pourquoi les Caractères lui paraissent fort au-dessus du reste.

Cl. Fleury, qui remplaça la Bruyère à l'Académie, fait l'éloge de son illustre prédécesseur.

On sait que la Bruyère devait à Bossuet sa charge de précepteur du petit-fils de Condé. Bossuet le voyait parfois à Chantilly; un jour mémo, dit-on, il vint assister à l'une dés leçons de la Bruyère, qui expliquait les Principes de Descartes, et il se montra, dit-on, fort satisfait de sa visite. On suppose que, la leçon terminée, l'évêque et le précepteur s'entretiennent, non seulement de l'éducation du jeune prince, mais des règles de l'éducation en général, sujet familier au prélat qui avait# fait l'éducation du Dauphin.

M. Deschamps, qui avait précédé la Bruyère dans l'emploi de précepteur du duc de Bourbon, avait fait apprendre à son élève un certain nombre des fables d'Ésope, mises en quatrains par Benserade. La Bruyère estimait peu ce poète bel esprit, et préférait de beaucoup à ses quatrains les fables de la Fontaine. Il justifie son goût dans un entretien avec le duc de Bourbon.

En 1691, l'Académie préféra Pavillon à la Bruyère. Mais sept académiciens, dont était Bussy, restèrent fidèles à l'auteur des Caractères. Celui-ci écrit à Bussy le 9 décembre 1691 pour l'assurer de sa reconnaissance : « Les sept voix qui ont été pour moi, dit-il, je ne les ai pas mendiées, elles ont été gratuites ; mais il y a quelque chose à la vôtre qui me flatte plus sensiblement que les autres. Je vous envoie, Monsieur, un de mes livres des Caractères fort augmenté... »

L'édition des Caractères qu'il lui envoyait était la sixième, fort grossie, en effet. On écrira la réponse de Bussy.

Le Discours de réception de la Bruyère à l'Académie fut, on le sait, très attaqué. D'autre part, le directeur de l'Académie, Charpentier, y fit une réponse assez blessante, où Théophraste était loué .aux dépens de son imitateur l. Boileau, qu'estimait fort la Bruyère, et qui lui rendait son estime, au sortir de l'Académie, félicite ironiquement Charpentier d'avoir sacrifié ze jour-là son goût déclaré pour les modernes, mais regrette que la victime de cette palinodie imprévue soit précisément l'un des modernes qui sont les plus dignes d'être opposés aux anciens.

1. « Théophraste a traité la chose d'un air plus philosophique : il n'a envisagé que l'universel ; vous êtes plus descendu dans le particulier. Vous avez fait vos portraits d'après nature, lui n'a fait les siens que sur une idée générale. Vos portraits ressemblent à de certaines personnes, et souvent on (es devine; les siens ne ressemblent qu'à l'homme. Cela est cause que ses portraits ressembleront toujours; mais il est à craindre que les vôtres ne perdent quelque chose de ce vif et de ce brillant qu'on y remarque, quand on ne pourra plus les comparer avec ceux sur qui vous les avez tirés. »

Dans une élection à l'Académie, où les voix se trouvèrent également partagées entre l'abbé de Gaumartin et l'abbé Boileau, la Bruyère, appelé à opiner le dernier, dit : « Je n'ai pas oublié, Messieurs, qu'un des principaux statuts de cet illustre corps est de n'y admettre que ceux qu'on en estime les plus dignes. Vous ne trouverez donc pas étrange, Messieurs, si je donne mon suffrage à M. Dacier, à qui même je préférerais Madame sa femme, si vous admettiez parmi vous des personnes de son sexe. »

On suppose que Mmc Dacier eut connaissance de ces paroles, et qu'elle écrit à la Bruyère pour l'en remercier. Admiratrice passionnée des anciens Grecs, elle ne pourra se dispenser, dans cette lettre, de rendre hommage à la fois à Théopliraste et à son imitateur.

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