C. de Litt. '— La Bruyère
DISSERTATIONS ET LEÇONS
Du portrait dans la Bruyère.
(Paris. — Leçon d'agrégation, 1872.)
Du comique dans les caractères de la Bruyère.
(Paris. — Licence es lettres. — Composition, avril 1882.)
Quelle différence y a-t-il entre un portrait, un caractère et un type ?
(Paris. — Devoir de licence, juin 1885.)
Que voulait dire Boileau quand, tout en exprimant son admiration pour le talent de la Bruyère, il signalait dans sa manière un commencement de décadence ?
(Aix. — Devoir de licence, 1884.)
Ce qu'il y a de moderne dans le style de la Bruyère.
(Bordeaux. — Leçon de licence.)
Étudier dans la Bruyère les quelques passages où il parle de la campagne. Indiquer avec précision comment il l'a sentie et décrite.
(Dijon. — Devoir d'agrégation de grammaire, fév. 1888.)
LA BRUYERE 43
Les portraits dans la littérature française du xvn° siècle. (Lille. — Licence Es lettres. — Session de juillet 1888.)
Est-il juste de dire avec la Bruyère qu'il ne fait que rendre au public ce que le public lui a prêté?
(Lyon. Devoir de licence. — Grenoble. Baccalauréat de l'enseignement spécial, 1871.)
Définir les caractères particuliers de la prose française dans la Bruyère; rechercher en quoi la forme idéale de la prose au xvii0 siècle s'y trouve altérée, comment la langue de la Bruyère achemine à celle de Voltaire et de Montesquieu.
(Poitiers. — Devoir de licence, nov. 1884.)
Étudier un chapitre de la Bruyère; en distinguer les parties principales; en marquer l'enchaînement; le résumer avec suite; en faire ressortir l'unité.
(Rennes. — Licence es lettres.)
Apprécier le jugement porté par Voltaire sur la Bruyère au chapitre xxxn du Siècle de Louis XIV.
(Besançon. — Baccalauréat, juillet 1890.)
Définir les écrivains appelés moralistes. Indiquer en quoi lé but qu'ils poursuivent diffère : 1° de celui des satiriques; 2° de celui des orateurs sacrés. Faire connaître les principaux moralistes du xvn° siècle, en insistant principalement sur la Bruyère.
(Rennes, — Baccalauréat, juillet 1890.)
Quelles sont les qualités essentielles de la langue française au xvne siècle ? comment ont-elles été enrichies ou altérées par les écrivains de la fin du siècle, la Bruyère, ou Fénelon, ou Massillon ?
(Fontenay-aux-Roses. — Devoir de seconde année.)
Montrer comment il est possible de tirer des Caractères de la Bruyère un traité de rhétorique à l'usage des élèves de l'école normale.
(Professorat des écoles normales. — Leçon.)
Définissez le genre littéraire auquel appartient l'ouvrage de la Bruyère. Donnez une idée de cet ouvrage et justifiez le titre qu'il porte. Tracez le caractère d'un écolier, l'égoïste, le brutal, le vaniteux, l'étourdi, ou tout autre à votre choix.
(Indre-et-Loire. — - Brevet supérieur. — Aspirants, 1887.)
Que pensez-vous de ce jugement de Sainte-Beuve sur la Bruyère: « L'art chez lui est grand, très grand; il n'est pas suprême, car il se voit et il se sent ? »
Le même juge dit du même écrivain : « Peu à la fois et souvent; suivez la prescription, et vous vous en trouverez bien pour le régime de l'esprit. » Expliquer l'éloge et la crilique qui sont enveloppés dans cette recommandation.
« Nous pensons, dit Stendhal (Racine et Shakespeare), que rien ne se ressemble plus que les styles de Montesquieu et de la
Bruyère. » Par où ce rapprochement est-il possible? Se poursuivrait-il jusqu'au bout?
Comment M. Taine a-t-il pu comparer la manière d'écrire de la Bruyère à celle d'écrivains modernes, tels que Balzac et Victor Hugo?
Étudier la préface de la Bruyère, et définir par là son dessein et son originalité.
Accepteriez-vous ce jugement d'un critique du premier empire, M. de Féletz : « Les portraits de Molière ont beaucoup plus vieilli que ceux de la Bruyère? »
Stendhal, dans son livre de Racine et Shakespeare, écrit : « Le style de Montesquieu paraît être une imitation de celui de la Bruyère ; mais, l'imitateur ayant plus de génie que l'imité, le style de Montesquieu est plus grandiose... La Bruyère nou\s semble un homme qui s'indignerait, s'il ne se retenait. Il ne fait pas une satire amère, mais il ne rit pas non plus. Montesquieu est plus animé; les Lettres persanes ressemblent davantage à une comédie que les Caractères. »
Que pensez-vous de ce double jugement sur le style et sur le ton des Caractères ?
IMPRIMERIE DELAGRAVE VILLBFRANCHE-DE- ROUEROUE
(Ouvrages de l'Esprit, — Discours à l'Académie.)
Par où les idées critiques de la Bruyère se rattachent à la tradition classique* — L'imitation originale de l'antiquité*
On ne rendrait pas pleinement justice à la Bruyère critique littéraire, si Ton oubliait qu'il y a eu en France peu de vrais critiques avant lui. Écartons les purs érudits, Vaugelas, les grammairiens de Port-Royal, Ménage, le P. Bouhours, l'abbé d'Aubignac, que reslera-t-il? Quelques passages des pièces critiques de Molière, ou des préfaces de Corneille et de Racine, quelques lettres de Mme de Sévigné, critique sans le savoir et d'un goût très personnel — lettres ignorées du reste de la plupart — et V Art poétique de Boileau. Peut-être est-il excessif pourtant de dire, avec Sainte-Beuve, que cet admirable chapitre des Ouvrages de l'esprit est « son Art poétique à lui et sa Rhétorique ». D'abord ce chapitre est, volontairement, fort décousu, au moins dans la forme ; puis les éléments de la Poétique et de la Rhétorique de la Bruyère sont dispersés dans tout son ouvrage, dans les chapitres de Quelques Usages, par exemple, et de la Chaire, et même hors des Caractères, s'il est vrai que des Ouvrages de l'esprit soit inséparable le Discours à l'Académie.
Ces vues éparses — si l'on en isole, pour les étudier à part, les vues particulières — peuvent se ramener aune vue générale, commune à tous les classiques : seuls les anciens ont connu la simplicité dans la perfection, seuls ils doivent servir de modèles aux modernes, qui pourront espérer de les égaler, mais seule ment en les imitant.
On a du faire du style ce qu'on a fait de l'architecture : on a entièrement abandonné l'ordre gothique, que la barbarie avait introduit pour les palais et