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NARRATIONS, LETTRES ET DIALOGUES

Une soirée passée par la Bruyère chez un financier de son temps; vous supposerez qu'il y rencontre plusieurs des originaux qu'il a dépeints dans le chapitre des Biens de fortune.

(Agen. . — Lycée de jeUxNES filles. — Devoir, 1892.)

Lord Chesterfield écrivait à son fils : « Lisez la Bruyère le matin, et voyez le soir si les portraits sont ressemblants. » On suppose que son fils, qui a mis en pratique cette recommandation, lui rend compte d'une de ses soirées dans un salon de Paris.

En s'inspirant du chapitre des Biens de fortune, et des passages connus où Boileau vante ironiquement la toute-puissance de l'argent, on imaginera une lettre de la Bruyère à Boileau, où l'auteur des Caractères racontera la visite d'un gros financier, de Samuel Bernard, par exemple, à Chantilly, les lâches égards qu'on a pour lui, l'épaisse suffisance et sottise dont il fait preuve, et ne cachera pas son indignation, mais en la tempérant d'ironie.

Dialogue du financier Gourville, homme d'affaires des Gondé, et de la Bruyère sur le sujet des « biens de fortune », auxquels la Bruyère oppose, avec une fierté sans raideur, le « mérite personnel ».

A la fin de cette lettre au marquis de Termes dont nous avons cité plus haut la plus grande partie, Bussy écrivait:

« Tout ce que je viens de vous dire vous fait voir combien je vous suis obligé du présent que vous m'avez fait, et m'engage à vous demander ensuite la connaissance de M. de la Bruyère. Quoique tous ceux qui écrivent bien ne soient pas toujours de fort honnêtes gens, celui-ci me paraît avoir dans l'esprit un tour qui m'en donne bonne opinion et qui me fait souhaiter de le connaître. »

Le marquis de Termes dut communiquer cette lettre à la Bruyère, et provoquer une rencontre entre lui et Bussy, qui était alors à Paris. On suppose que leur entretien roule sur l'honnête homme, tel qu'on en peut deviner les traits essentiels d'après le chapitre de la Société et de la Conversation.

Lettre du duc de Saint-Simon à un ami pour lui annoncer la mort de la Bruyère, qu'il a beaucoup connu, et dont l'œuvre n'était pas faite pour lui déplaire.

La Bruyère venait de publier ses Caractères, lorsque parurent les Parallèles des anciens et des modernes (1685), où Perrault attaquait les anciens, défendus par Boileau, la Fontaine,, Racine, c'est-à-dire précisément ceux qui ouvrirent plus tard & la Bruyère les portes de l'Académie. Il trouvait habile d'y opposer et d'y préférer à Théophraste son imitateur.

« Une pierre de touche bien sûre, c'est la traduction de Théophraste qu'on vient de nous donner, avec des pensées sur les mœurs de notre siècle : il n'y a qu'à savoir combien la simplicité de Théophraste a été trouvée pauvre par tout ce qu'il y a de gens de bon goût dans Paris, au grand étonnement et au grand scandale des adorateurs des anciens, et savoir en même temps combien le public a préféré aux caractères du divin Théophraste les réflexions des modernes qui nous en ont donné la traduction. Les savants sont fort embarrassés là-dessus. »

Pour justifier cette préférence, le chevalier que Perrault fait parler cite un fragment du caractère de Théophraste intitulé de la Rusticité, et cette pensée du chapitre de la Cour : « La province est l'endroit d'où la cour, comme dans son point de vue, paraît une chose admirable : si l'on s'en approche, ses

agréments diminuent, comme ceux d'une perspective que l'on voit de trop près. » Il raille la simplicité de Théophraste, et dit, au contraire, du passage de la Bruyère : « Il y a là de quoi parler trois jours durant, et le sens qui est renfermé sous le peu de paroles simples et ordinaires que je viens de lire, fournirait de matière à un fort gros volume. »

On suppose que la Bruyère écrit à Perrault une lettre de remerciements où la reconnaissance est tempérée par l'ironie.

Il le remercie de ses éloges, et il se déclare heureux en particulier que le chapitre de la Cour ait plu à un homme pour qui la cour a peu de secrets.

Mais il ne veut pas ressembler à ces enfants drus et forts d'un bon lait qu'ils ont sucé, et qui battent leur nourrice. Brièvement il explique ce que Théophraste a pu et voulu faire.

Sur le fond des idées, il ne partage point l'avis de Perrault : sans méconnaître le mérite des habiles d'entre les modernes, il5 croit qu'on ne pourra surpasser les anciens qu'en les imitant.

DISSERTATIONS ET LEÇONS

Comparer les portraits des riches et des puissants dans Aristote [Rhétorique, II), dans la Bruyère et Massillon.

(Paris. — Leçon d'agrégation, 1879.)

Expliquer cette pensée de la Bruyère : « La moquerie est souvent indigence d'esprit. »

(Paris. — Licence es lettres, avril 1852 ; Baccalauréat, oct. \ 891 .)

« Il me semble que l'on dit les choses encore plus finement qu'on ne peut les écrire. » (Conversation.)

(Bordeaux. — Devoir d'agrégation de grammaire, 1888.)

Le portrait du riche et celui du pauvre dans la Bruyère (Biens de fortune).

(Enseignement spécial. — Leçon d'agrégation, 1886.)

Les critiques formulées par la Bruyère contre les puristes (de la Société et de la Conversation) sont-elles conformes à ses théories sur l'art d'écrire et à sa pratique ?

(Gaen. —Devoir de licence, 1888.)

Après avoir lu le chapitre de là Société et de la Conversation, préciser le degré, le caractère, la cause de la sévérité de l'auteur. (Lille. — Devoir d'agrégation de grammaire, mars 1888.)

LA BRUYEKE 33

Gomment l'esprit de société auxvn0 siècle a développé dans les esprits des divers moralistes la mode des caractères et des portraits.

(Lyon. — Devoir de licence.)

Qu'était-ce que « l'honnête homme » au xvne siècle? (Poitiers. — Devoir de licence, novembre 1885.)

De Tinfluence de l'hôtel de Rambouillet sur la littérature française au xviie siècle. (Consulter et discuter le jugement de la Bruyère dans le chapitre de la Société.)

(Clermont. — Baccalauréat, novembre 1888.)

Développer le sujet suivant : Il y a trois sortes de politesse : 1° la politesse des manières, artificielle et banale, mais qu'il ne faut pas mépriser, parce qu'elle est nécessaire dans le commerce de la société; — 2° la politesse d'esprit, qui demande plus de fond et qui faisait considérer, au xvne siècle, ceux que la Bruyère appelle les « honnêtes gens » ; — 3° la politesse du. eœur, bien supérieure, et dont Voltaire a dit:

De la bonté du cœur elle est la douce iamge, Et c'est la bonté qu'on chérit.

(Toulouse. — Lycée de jeunes filles. — Diplôme de fin d'études, 1892.)

« Dire d'une chose modestement qu'elle est bonne ou qu'elle est mauvaise, et les raisons pourquoi elle est telle, demande du bon sens et de l'expression; c'est une affaire. » (La Bruyère.) (Fontenay-aux-Roses. — Devoir de littérature.)

Montrer par des exemples empruntés au chapitre de la Société et de la Conversation que la plupart des observations de la Bruyère ne s'appliquent pas seulement à ses contemporains, mais aux hommes de tous les siècles.

(Professorat des écoles normales. — Aspirantes. — Leçon, 1889.)

Comme^^r l'une des deux sentences de la Bruyère ci-après, à votre choix : « La moquerie est souvent indigence d'esprit. — C'est la profonde ignorance qui inspire le ton dogmatique. »

(Fontenay-aux-Roses. — Concours d'admission, juillet 1889.)

« Une faut pas qu'il y ait trop d'imagination dans nos conversations ni dans nos écrits ; elle ne produit le plus souvent que des idées vaines et puériles, qui ne servent point à perfectionner le goût, et à nous rendre meilleurs. Nos pensées doivent être prises dans le bon sens et la droite raison, et doivent être un effet de notre jugement. » Montrer que ce mot est le résumé non seulement du chapitre entier, mais des doctrines littéraires professées par tous les écrivains du xvne siècle.

(Fontenay-aux-Roses. — Devoir de seconde année.)

Étudier l'art du portrait dans la Bruyère, en prenant vos exemples dans le chapitre de la Société et de la Conversation,

(Professorat des écoles normales. — Aspirants. ' Leçon, 1890.)

Expliquer cette pensée de la Bruyère : « Être infatué de soi, et s'être fortement persuadé qu'on a beaucoup d'esprit, est un accident qui n'arrive guère qu'à celui qui. n'en a point

ou qui en a peu : malheur pour lors à celui qui est exposé à l'entretien d'un pareil personnage. » (De la Société et de la Conversation.)

(Deux-Sèvres. — Brevet supérieur. —Aspirants, 1891.)

La Bruyère dit (chap. V, de la Société et de la Conversation) : « L'esprit de la conversation consiste bien moins à en montrer beaucoup qu'à en faire trouver aux autres. » Développer cette pensée.

(Corrèze. — Brevet supérieur. — Aspirantes, 1887.)

«La politesse, a dit la Bruyère, fait paraître l'homme au dehors comme il devrait être intérieurement. » Expliquer cette pensée et montrer comment elle s'accorde avec la pédagogie, qui ménage une part à la politesse dans l'éducation de l'enfance, et avec la morale, qui fait de cette qualité une obligation pour tous les hommes.

(Yonne. — Brevet supérieur. — Aspirants, 1887.)

Apprécier cette pensée de la Bruyère : « Ne pouvoir supporter tous les mauvais caractères dont le monde est plein n'est pas un fort bon caractère. » La commenter par l'étude d'Alceste dans le Misanthrope.

(Charente- Inférieure et Meurthe-et-Moselle. — Brevet supérieur, 1887 et 1889.)

Quels sont les défauts courants que la Bruyère relève dans la conversation? Montrer comment il les a personnifiés dans des créations d'une vérité frappante.

(Basses-Pyrénées. — Brevet supérieur. — Aspirantes, octobre 4890.)

La Bruyère a écrit dans le chapitre de la Société et de la Conversation : « Si Ton faisait une sérieuse attention à tout ce qui se dit de froid, de vain et de puéril dans les entretiens ordinaires, l'on aurait honte de parler ou d'écouter. » Montrez ce que la Bruyère a voulu dire, et exposez comment doit être conduite, selon vous, une conversation familière, pour être utile et contribuer au perfectionnement du cœur et de l'esprit.

(Basses-Alpes. — Brevet supérieur. — Aspirants, 1887.)

Développez cette pensée de la Bruyère : « Il faut seulement chercher à penser et à parler juste, sans vouloir amener les autres à notre goût et à nos sentiments ; c'est une trop grande entreprise. »

(Aude. — Brevet supérieur. — Aspirants, 1887.)

Expliquer et apprécier cette pensée de la Bruyère (de la Société et de la Conversation) : « La politesse n'inspire pas toujours la bonté, l'équité, la complaisance, la gratitude; elle en donne du moins les apparences et fait paraître l'homme au dehors comme il devrait être intérieurement. »

(Gers. — Brevet supérieur. — Aspirantes, oct. 1889.)

Expliquer et commenter cette pensée de la Bruyère : « L'on ne peut aller loin dans l'amitié, si Ton n'est pas disposé à se pardonner les uns aux autres les petits défauts. » (De la Société.) (Lot. — Brevet supérieur. — Aspirantes, 1887.)

Appréciez et commentez cette pensée de la Bruyère dans le chapitre V (de la Société et de la Conversation) : « C'est une

grande misère de n'avoir pas assez d'esprit pour bien parler, ni assez de jugement pour se taire. Voilà le principe de toute impertinence. »

(Var. — Brevet supérieur, -r Aspirants, 1890.)

Résumer, en les coordonnant, les principales réflexions de la Bruyère sur la Société et la Conversation , et conclure par la leçon morale dont les éléments sont épars dans le chapitre.

(Doubs. — Brevet supérieur. — Aspirants, 1890.)

Rappeler, à propos du chapitre V de la Bruyère {de la Société et de la Conversation), l'heureuse influence exercée par les gens du monde, et particulièrement par les femmes, sur le développement de la littérature française au xvne siècle.

(Orne. — Brevet supérieur. — Aspirantes, 1890.)

Quels sont les défauts courants que la Bruyère relève dans la conversation? Montrer comment il les a personnifiés dans des créations d'une vérité frappante.

(Tarn-et-Garonne. — Brevet supérieur. — Aspirants, 1890.)

Dans son chapitre de la Société et de la Conversation, là Bruyère, après avoir donné une définition de la politesse, exprime la pensée suivante: « Dans les repas ou les fêtes que l'on donne aux autres, dans les présents qu'on leur fait, et dans tous les plaisirs qu'on leur procure, il y a faire bien, et faire selon leur goût : le dernier est préférable. » Expliquez, développez et discutez cette réflexion.

(Lot-et-Garonne. — Brevet supérieur. — Aspirantes, 1890.}

Analysez le morceau ci-dessous et apprécîez-le au point de C. de Litt. — La Bruyère observateur et peintre. 3

vue de la forme et du fond. Faites sur la langue, sur la valeur de certaines expressions, toutes les remarques que vous croirez utiles à l'intelligence complète du texte.

Vous terminerez votre travail par line appréciation générale du style et des procédés de composition de la Bruyère. En quoi excelle-t-il ? Souscririez- vous en guise de conclusion au jugement suivant d'un critique contemporain :

« Le talent de la Bruyère consiste principalement dans l'art d'attirer l'attention; il invente peu, mais il marque ce qu'il touche d'une empreinte ineffaçable. Il ne dit que des vérités ordinaires, mais une fois qu'il les a dites, on ne les oublie plus ? » (H. Taine.)

«Que dites-vous ? comment ? je n'y suis pas : vous plairait-il de recommencer ? j'y suis encore moins ; je devine enfin : vous voulez, Acis, me dire qu'il fait froid ; que ne disiez-vous : ce II fait « froid? » etc. Peut-être alors croira-t-on que vous en avez. »

(Gironde. — Brevet supérieur. — Aspirantes., 1891.)

«La Bruyère dit qu'il faut prendre- ses pensées dans son jugement; oui, mais on peut en prendre l'expression dans son humeur et dans son imagination. » (Joubert.)

La Bruyère, dans le chapitre V, et Molière observent-ils et peignent-ils de même? S'inspirent-ils du même esprit? raillent-ils les mêmes ridicules?

Le Misanthrope considéré uniquement comme tableau de la société française au xvne siècle et comparé au chapitre V de la Bruyère (de la Société et de la Conversation).

La Bruyère et Mms de Sévigné font tous deux le tableau de leur temps, l'un de propos délibéré, l'autre sans y songer. Le

voient-ils sous le même jour et le peignent-ils des mêmes couleurs?

« Avec de la vertu, de la capacité et une bonne conduite, Ton peut être insupportable. Les manières que l'on néglige comme de petites choses sont souvent ce qui fait que les hommes décident de vous en bien ou en mal; une légère attention à les avoir douces et. polies prévient leur mauvais jugement. » (De la Société et de la Conversation.)

Le chapitre des Biens de fortune et le Turcaret de le Sage.

Comparez le chapitre de la Société et de la Conversation avec la seconde et la quatrième des Réflexions diverses de la Rochefoucauld : de la Société, — de la Conversation.

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