‹ Cours de littérature française (volume 3)Chapitre 11 sur 23 · LE DRAPIER · texte numérisé non relu

LE DRAPIER

Il en prit six aulncê De neuf francs.

Ce juge représente un véritable bailli de village du vieux temps. Il se creuse la tête pour voir conmient

on peut tirer le drap des moutons, et les moutv3ns du drap. Vient la morale-, c'est qu'un fripon, alors même qu'il a l'avantage d'être homme de loi, peut fort hier, être trompé par le fripon qu'il a défendu.

Pathelin a ordonné à son client de se défendre comme un mouton, de dire bée pour toute réponse. C'est un ordre de circonstance, qui ne doit pas durer plus longtemps que le procès. Mais Agnelet se sert du même moyen pour payer l'avocat de sa peine. A ces bée répétés, Pathelin s'écrie, par un souvenir plaisant de sa propre friponnerie :

. . . JMe fais-tu menger de l'oie?

Maugrebleu, ai-je tant vécu, Qu'un bcrgier, un mouton vestu, Un villain paillart me rigolle?

Ainsi, Messieurs, au xv* siècle, on avait déjà trouvé la comédie. (^»uant au drame sérieux, nous avons encore longtemps à l'attendre.

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