DE LA LANGUE GRECQUE
poésie était alors renfermée dans le cercle étroit que lui traçait le cultç religieux; la langue avait une aboiîidance stérile , une richesse et un luxe oriental.
La Grèce , divisée en petits états qui avaient chacun leur roi , fut long-temps le théâtre de guerres partielles , où brillaient l'adresse, la force du corps et l'intrépidité. Les héros de cette époque protégeaient les opprimés contre les oppresseurs 5 faisaient la guerre aux animaux féroces, desséchaient les marais , creusaient des canaux pour empêcher les débordemens des rivières. Tels furent Hercule , Persée , Jason , Thésée et Pirithoiis.
L'imagination poétique , alors dégagée des bornes que la théocratie lui prescrivait , changea d objets , et , abandonnant le ciel au langage sacré des oraclçs, s'occupa de la terre, et commença à célébrer les grands exploits par de petites chansons, semblables à celles des ^(77z^<9^/m' ou capitaines de la Grèce moderne. C'étaient ces petits poèmes qu'Achille répétait sous sa tente , en s'accompagnant de la lyre , asiSe xXéa àvSpâv. Le poète Démodocus chantait aussi la prise de Troie , assis à la table du roi des Phéaciens : Oorej' epÇav t' eVraQcfv re, xoà oncr^ efAoyyjaav AyoLtoC
Le nombre de ces poètes-chantres augmentait