‹ Cours de littérature grecque moderne, donée à GenèveChapitre 18 sur 46 · DE LÀ LITTERATURE GRECQUE MODERNE · texte numérisé non relu

DE LÀ LITTERATURE GRECQUE MODERNE

Une foule de manuscrits qui avaient échappé au désastre de la capitale , étaient conservés dans des soùt^xains ou d'autres lieux cachés ; le patriarche en recueillît un grand nombre , et ordonna aux évêques et aux archevêques de faire pour les découvrir de scrupuleuses recherches. Par ce moyen , l'école patriarcale eut dès son établissement une bibliothèque choisie; et quoique ce collège ne fût pas reconnu par le Gouvernement, il acquit bientôt parmi les Grecs une brillante renommée ; le grec ancien ou lifterai , la philosophie et les lettres y étaient Pobjet d'un enseignement soigné; l'honneur d'y professer était brigué par les hommes les plus savans.

Dans l'intervalle compris entre la prise dé Constantinople et la fin du dix-septième siècle , il se forma successivement d'autres écoles grecques au mont Âthos, à Jannina, à Smyme, à Patmos , à Corfou , à Larisse en Thessalie. On y enseignait le grec littéral, la Rhétorique d' Aphthonius, la Théologie de Jean Damascène, les Élémens d'Euclide , la Logique et la Physique de Blemmidès. De temps en temps paraissaient quelques hommes distingués, tels que Cyrille Lucar et Gallinique , patriarches de Constantinople; Corydalée d'Athènes, Chrysanthe Notara , Zygomalas , Dosithée , patriarche de Jéru-

a4 ORIGINE ET FROGRis

salem ; Gérasime de Candie , Caryophylle , Sebastos , Basile de Smyrne , Philarète d'Athènes , Farchevêque Métrophane , et Dëmétrius Cantewir. Cependant ce n'est guère que vers le commencement du siècle passé que la langue grecque sembla sortir de l'état stationnaire ou elle languissait depuis si long-temps; alors seulement les hommes instruits se déterminèrent à écrire en grec moderne. Auparavant la Grèce avait eu. des savans et des écrivains estimables ; mais ils avaient presque tous écrit en grec littéral , possédés du même préjugé qui en Europe faisait mépriser aux savans l'usage des langues vulgaires , pour se servir uniquement de la barbarie du latin. Le dix-huitième siècle vit tomber ce préjugé scolas tique , et la langue grecque moderne commença à se créer une littérature qui put avoir un caractère et de l'originalité.

Afin de rendre plus sensibles les progrès que faisait la nation grecque vers l'acquisition des connaissances scientifiques et littéraires , je diviserai en trois périodes l'histoire de ces progrès.

La première (1700 — 1750) comprend l'aurore de notre littérature. Le gouvernement turc venait d'accorder aux Grecs d'importans privilèges, en choisissant parmi eux les Interprè-

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