BENJAMIN DE LESBOS
et de lui payer, comme disciple , la dette sacrée de la recomiaissance.
Une grande partie de l'Asie mineure, jouissant d'un peu d'aisance sous le gouvernement modéré des Cara-Osman-Oglou, commençait à sentir le besoin d'une instruction moins bornée que celle dont elle avait dû se contenter jusqu'aloris. Ce développement intellectuel devait être opéré par un pauvre ecclésiastique. Benjamin , natif de Mitylène, ayant terminé ses études en Grèce, passa en Italie , où il séjourna long-temps pour se perfectionner dans les universités de cette belle contrée. Né de parens pauvres , à peine pouvait-il subvenir au plus strict nécessaire ; mais , nouveau Cléanthe, il menait une vie sobre et frugale, et se soutenait par l'idée qu'un jour il serait utile à ses concitoyens. Il revint en Grèce , très-avancé dans les sciences physiques. Ses mœurs austères , qui ne démentaient pas le caractère ecclésiastique qu'il portait, son affabilité, son extrême modestie , faisaient d'autant mieux apprécier ses connaissances solides et variées. * **
Presque en face de la charmante île de Mitylène, sur la oôte de l'Asie mineure , était située la ville de Cydonie , jadis florissante , aujourd'hui un effroyable monceau de ruines. Cette ville,
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toute peuplée de Grecs, après avoir joui d'une administration modérée sous le gouvernement des Cark-Osman-Oglou, devint une place de commerce , et prospéra considérablement. Les Cydoniens devaient surtout leur bien-être à leurs plantations d oliviers et au débit de Thuile quils fabriquaient; ils en formaient des cargaisons entières pour les ports d'Odessa et de Taïganrock , et vendaient le reste à Constantinpple , suivant un taux réglé par la police arbitraire de cette capitale. La ville de Cydonie était gouvernée par une assemblée de syndics appelés pri-mats. Elle s'embellissait de jour en jour par des maisons régulièrement bâties, par des rues bien pavées , et par un grand nombre de jardins. Sa situation était à la fois agréable et salubre. Une centaine de petites tles inhabitées,* mais ornées d'une végétation vigoureuse et toujours verdoyante , faisaient glisser la vue à travers la sinuosité de leurs petits détroits , sur la surface de la haute mer , et formaient à Cydonie , nonseulement un port assuré , mais aussi un réservoir abondant de mollusques et de poissons de toute espèce. Cydonie était Tapanage de la fa-
'^ Moschonisia ou ïks parfumées ^ à cause de leurs plantes aromatiques.