‹ Cours de littérature grecque moderne, donée à GenèveChapitre 3 sur 46 · PRÉFACE. XJ · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XJ

Genève, dans une ville dévouée à la cause des Grecs , et qui a le bonheur de posséder h comte Gapodistrias , ce loyal et généreux patriote, qui résigna ses hautes fonctions en Russie y dès qu'il vit la Russie indifférente au sort de la Grèce.

M.^ Rizo se laissa persuader , et arriva à Genève le i8 juin 1826, A peine y était-il fixé, que plusieurs personnes (et l'auteur de cette Notice en particulier) le sollicitèrent de donner un cours de langue grecque moderne , dans lequel il exposerait ^ mieux que tout autre , sans doute , le caractère , les nuances et les délicatesses de ce dialecte si peu connu. Sa complaisance céda à nos vœux. Il prit la plume pour tracer Y Introduction y qui devait occuper une ou deux séances ; mais ^ emporté par Tattrait du sujet , il prolongea insensiblement cette Introduction jusqu'à la fin du courSf

xij PRÉFACE.

C'est ce travail que je publie aujourd'hui , travail rédigé tout d'une haleine, sans le secours d'aucun livre , d'aucune note , d'aucun manuscrit; travail plein d'érudition, et qui donne à juger de quoi Tauteur était capable , s'il l'eût composé dans sa patrie , au milieu de sa bibliothèque , et à tête reposée ; travail qui oiflBre des vues nouvelles , et plus d'idées que de mots : chose rare dans un siècle où Ton ne cherche qu'à grossir les volumes , et où les littérateurs spéculent comme des marchands. M."^ Rizo a su dans quelques pages présenter l'histoire la plus complète qu'on ait de la littérature de sa nation. Je dois pourtant l'avouer : cette brièveté a été peut-être , en certains endroits , poussée trop loin; soit que l'éloquent professeur, entraîné par son imagination , ait omia> sans le vouloir, quelques idées intermédiaires; soit qu'à dessein il ait glissé sur certains faits, et enveloppé sa pensée , pour ne blesser personne. M.*" Rizo n'a pas lu ce cours à ses aun

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diteurs entièrement tel que je l'offre au public ; il a prié son jeune ami M.' Bétant de revoir le manuscrit , de réunir les leçons en un seul tout, et de rejetar dans ks Notes ce qui lui pai^aitrait moins en harmonie avec Fensemble de l'ouvrage , en laissant au style sa couleur, et même ses défauts. On recon* naîtra donc , dans les premières pages surtout, la plume d'un étranger, mais d'un étranger habile, et dont le début laisse peu de chose à désirer.

Aussi éprouvé-je un vrai plaisir à être l'éditeur d'un livre si estimable ; et je m'en félicite d'autant plus que ce livre augmentera sans doute l'inbérét qui environne déjà la nation grecque, loir$qu'oii verra depuis quand se préparait en silence la révolution actuelle, et par quels nobles efforts on y tendait» histruire le peuple, fonder des écoles, des coUégei^, des académies; traduire et répandre avec profu-

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