XIV PREFACE
sion les meilleurs ouvrages de Tantiquîté et des temps modernes ; faire voyager à grands frais la jeunesse dans notre occident : voilà par quels sacrifices les Grecs travaillaient à s'affranchir. Rien ne leur coûtait pour montrer à leurs fils la civilisation européenne, et leur inspirer le goût et le besoin des institutions libérales. Les séparations les plus douloureuses, les absences les plus prolongées, étaient adoucies par Tespérance d'un avenir meilleur.
Tel était, il y a trente ans déjà, ce peuple magnanime, tandis que l'Europe entière prêtait une oreille facile aux récits mensongers des voyageurs ; tel est encore aujourd'hui l'héroïsme de ces négocians grecs tant calomniés^ et qu'on voit depuis six ans équiper, entretenir à leurs frais des flottes nombreuses, et prodiguer avec la même facilité leurs trésors et leur sang ; tel est ce peuple qu'on nous repré-
PRÉFACE, Xy
sentait comme façonne à rèsclavage , et indigne d'en sortir. Ces injustices commencent à se dissiper; et l'ouvrage de M. Rizo hâtera le moment où la véritë sera connue. On verra ce que faisait cette nation opprimée , mais non pas avilie , pendant qu'on la croyait uniquement occupée à caresser le pouvoir , et à trafiquer astucieusement sur les mers. On verra que h. révolution actuelle croissait dans Tombre , et qu'elle avait pour instigateurs , non des subalternes obscurs et d'ignorans enthousiastes , mais de riches négocians , et des hommes de tettres prudens et respectables.
Dans ce tableau des littérateurs de la Grèce, aurait figuré au premier rang M.' Jacovaky Rizo , si tout autre que lui eût tracé cette histoire. Il y a donc ici une lacune que j'essaierai de combler.
La poésie surtout a occupé la vie littéraire de M.'' Hizo-, et c'est comme poète qu'il jouit