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On premier moyen consistera, ainsi qu'il vient d'être dit tout à l'heure, à réduire la vitesse d'aval v^, mais non pas assurément jusqu'à zéro, car l'écoulement se trouverait par là supprimé et le récepteur noyé. Il convient donc d'avoir des canaux de fuite larges et profonds, ou des tuyaux d'un très grand diamètre dans les machines qui comportent ce mode d'évacuation.
On devra éviter aux veines liquides les changements brusques, c est-àdire les angles vifs ou anfractuosités, et même les courbures trop accusées, qui donnent lieu à la production des remous, des- Iructeurs de force vive (a" 61 et 78). Il conviendra également de supprimer les chocs normaux contre des surfaces solides (n* 70). Les filets devront, pour leur entrée dans le récepteur, se présenter tangeniiellenienl aux aubes par leur vitesse relative. On n'est
225i MOTEURS HYDRAULIQUES.
môme pas limité pour les vitesses ï comme on Tétait pour î;^, et rien n'empêche de s'efforcer de les annuler complètement {*). On arrivera par là, non seulement à améliorer le rendement, mais en même temps à soulager le récepteur, que ces chocs répétés finissent par ébranler, en fatiguant tous les assemblages, et qu'ils entretiennent, en outre, dans un état vibr^atoire particulièrement favorable à la déperdition de la force vive au dehors {').
En ce qui concerne T', si nous passons en revue les nombreuses influences que résume ce terme (n" 144), nous devrons nous attaclier à diminuer d'abord les frottements sur les parties fixes, en maintenant en bon état les enduits des maçonneries ; à éviter le déversement autant qu'il sera possible, et à réduire la valeur absolue du jeu à ce qui est strictement indispensable. Il en sera de môme de sa valeur relative. Il conviendra, à cet égard, que la lame d'eau ait une épaisseur suffisante, pour que celle que l'on a cru devoir laisser à l'espace libre n'en forme qu'une faible fraction, de manière à atténuer son rôle proportionnel. 11 faudra enfia mener assez rondement les récepteurs qui présentent cette particularité, sans quoi le liquide aurait tout le temps de filtrer sans agir (^).
149 — Il nous reste à considérer le terme h. Il est de ceux qu'il convient , au contraire , d'augmenter autant que possible. A la vérité, il semble, au premier abord, exactement défini a priori par le règlement administratif des déversoirs respectifs de l'usine et de celle qui lui succède en aval (n** 142). Cependant on peut parfois puiser, dans le principe du ressaut, un artifice de nature à augmenter h en dehors de ces limites.
Imaginons, en efYet, que l'on ait créé, dans les canaux d'amenée et de fuite, des ressauts très rapprochés du récepteur (fig. 75). Au
(*) Les turbines, quand elles sont installées avec tous les perfectionnements actuels, louniissent, & cet égard, un excellent modèle.
C*) Déjà Garnot avait énoncé ces propositions relatives à x\ et à T dans ses Principes généraux du mouvement et de l'équilibre,
(') Si l'on suppose, en effet, Fallure indéfiniment ralentie, l'eau se tendra en amont à une hauteur suffisante pour déterminer une vitesse capable de débiter tout le liquide à travers le jeu ; et si la paroi du bief ne le permettait pa!<, le liquide passerait par le déversoir. Le cours d'eau se ti'ouverait ainsi dépensé en entier^ stmsque l'on ait presque rien recueilli de son énergie motrice.
THÉORIE GÉr^ÉRALE DES MOTEURS HYDRAULIQUES.
lieu d'opérer avec le niveau A, qui se relie à la manière ordinaire avec le déversoir de Fusine , et le plan B déterminé par celui de Tusinicr d'aval, on dispose dorénavant le récepteur entre le niveau A' de l'amenée directe sur son sommet, et celui B' de l'évacuation immédiate à son pied. On agit dès lors avec la hauteur motrice h' qui sépare les deux nouvelles surfaces libres, au lieu de A. Le terme positif semble donc augmenté, et, avec lui, le rendement.
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Pig. 75.
Il ne faut pas méconnaître, en effet, qu'il y a là une inHuence utile, quand elle sera employée avec discernement; mais elle demande à être étudiée de plus près. Nous avons reconnu, en effet, que l'une des conditions essentielles pour la production de ces curieux phénomènes, est une vitesse d'une certaine importance (n" 110). Il est donc nécessaire, pour la production du ressaut B'B, d'augmenter suffisamment v. . Par conséquent, pour gagner de ce côté sur le terme h , il faudrait perdre inversement par le terme négatif v,*, contrairement à ce qui a été expliqué tout à l'heure (n* 148). Ce n*est donc que lorsqu'on se trouvera dans des cas exceptionnels, où des motifs particuliers auront conduit à laisser à », une valeur considérable (*), qu'il deviendra alors, en effet, très opportun de chercher, au moyen de l'artifice du ressaut, à retirer à l'eau qui abandonne le récepteur, une partie de la force vive
(*) Gomme pour la roue en desBous à aubes planes, et hiénic parfois la roue de côté:
qu'elle emporterait, sans cela, définitivement avec elle. On remploiera, au contraire, à relever le courant, en sens contraire de la pesanteur, de B' en B, de manière à permettre de faire travailler la gravité dans l'appareil sur le supplément de hauteur BB'.
Quant au ressaut d'amont, il donne lieu à la même objection, sans que Ton puisse, cette fois, y opposer la môme réponse. Pour déterminer, en effet, ce ressaut AA', il faudrait attribuer une valeur suffisante a v^, et, par suite, à y;. Ce serait donc après avoir employé gratuitement une portion de la hauteur de chute à créer une surabondance de vitesse dans le canal supérieur, que Ton entreprendrait, à l'aide de l'artifice du ressaut, de récupérer dans A' cette portion de la hauteur. 11 y aurait là un cercle vicieux pur et simple, inutile en théorie, et pratiquement nuisible, à cause des résistances qu'il mettrait en jeu, et des complications gratuites dont il deviendrait l'occasion.
Concluons de ces explications que le ressaut d'amont ne devra jamais figurer dans l'établissement d'un récepteur hydraulique, tandis que celui d'aval pourra, dans certains cas, rendre d'utiles services.