‹ Cours de magnétisme animalChapitre 23 sur 44 · DD · texte numérisé non relu

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que les commissaires avaient à peu près obtenu les mêmes effets que moi sur mon somnambule.

J’ai recherché devant vous si les hypothèses adoptées par les adversaires du magnétisme étaient suffisantes pour expliquer ses phénomènes, et il vous a été facile d’en apprécier la valeur ; mais j'ai senti que pour que vous pussiez porter un jugement définitif, il fallait multiplier les faits ; sans doute vous m’aurez déjà tenu compte de ma discrétion, en ne me voyant prendremes preuves qne dans des faits accomplis sous les yeux de mCdecins, car il est naturel de les considérer commemeilleurs juges de tout ce qui se passe dans lorganisation humaine, et cette raison a suffi pour qu’à ce témoignage füt aussi accordée ma préférence. Je n’ai point cherché à m'appuyer des travaux des étrangers qui ont consacré léurs veilles à l'étude de la science qui nous occupe. Leurs noms et leursouvrages, moins connus parminous, eussent été des autorités moins iImposantes.

Vous apprécierez ma conduite si vous vovez que,né donnant rien au hasard, je me retranche derrière. une masse de faits avoués publiquement par ceux qui les ont produits ou vu produire. Je reviens donc, en suivant la même marche,

terminer l'exposé des preuves du magnétisme.

En 1626, à l’époque où l’Académie de médecine mit en délibération si elle s’occuperait du magnétisme, il me sembla que le plus sûr moyen de déterminer les membres de ce corps à faire l’examen qu’on lui proposait, était, au lieu de se livrer à des discussions interminables, de présenter des faits frappans, irrécusables. Dans cette intention je réunis, le.26 janvier 1826, chez M. Bouillet, rue du Dragon, un grand nombre de médecins et de personnes distinguées : c’étaient M. Ampère , membre de l’Académie des sciences, professeur de physique au collége de France ; M. Adelon, membre de l’Académie de médecine et professeur de l’école de médecine; MM..Frenel, Guerard, Petel, D.-M., etc. Le jour de cette réunion je présentai à ces messieurs un somnambule qui m'avait offert, il y avait quelques années, des phénomènes très-remarquables, mais que je n'avais pas magnétisé depuis près d’un an. Endormi dans cette séance en quelques minutes , il sentait, les yeux étant exactement fermés et couverts d’un corps opaque, la présence de mon doigt à plusieurs pouces de distance ; il éprouvait continuellement, par l'effet de l’action magnétique, des contractions violentes dans les par--

Lies correspondantes à la direction de mes mains.

Après plusieurs expériences qui ne laissèrent aucun doute sur ce singulier phénomene, je réveillai le somnambule, et sur l'invitation de quelques assistans, je le rendormis bientôt, en saisissant le moment où il était placé loin de moi et où me tournant le dos, il causait avec plusieurs personnes.

Dans ce second sommeil,nous répetàmes encore les expériences faites précédemment, et je fis cesser le somnambulisme.

Vous le voyez, ce ne peut être Pimagimation qui a causé les effets que nous avons obtenus; ce n’est pas non plus la chaleur animale, l’érethisme de la peau, mais bien une cause indépendante, que nous VOYONS agir dans tous les phénomènes magnétiques.

Des expériences semblables furent repétées le 15 mars suivant, devant d’autres membres de l'Académie de médecine, et sous les yeux du président de la commission chargée de l’examen du magnétisme.

Je ne vous parle point des phénomènes de lucidité qui furent constatés dans toutes ces séances. Je vous en instruirai plus tard, lorsque

je vous entretiendrai du somnambulisme. Mais

veuillez ne pas oublier que j'ai les proces verbaux qui constatent les faits dont je viens de vous donner connaissance, et qu’ils furent signés par toutes les personnes présentes.

Lorsque je vous ai parlé de l'extinction de la sensibilité que présentent certains individus pla cés sous l'influence magnétique, vous doutiez peut-être de mes assertions, mais les preuves écrites dont je vous ai fait part ont dû dissiper tous vos doutes. veuillez bien me permetire de vous présenter encore quelques nouveaux té- ‘ moignages. Le premier est du docteur Bertrand. « J’ai vu, ditce docteur, l’insensibilité assez » prononcée chez quelques somnambules ma- » gnéliques pour qu’on püût les soumettre aux » épreuves les plus concluantes. Pour ne vous » citer qu'un des faits dont j'ai été témoin, j'ai » vu un magnétiseur, qui avait coutume d’en- » dormir son somnambule devant une réunion » nombreuse, engager tous les spectateurs à se » munir d’une épingle et à l’enfoncer à l’impro- » viste dans quelques parties de son corps que » ce fut; le somnambule chantait, et-souvent » pendant ce temps là, on enfonçait jusqu’à » quarante ou cinquante épingles qu’on laissait ? fixées dans sa chaire, sans qu'on püt observer

2 hOgi » dans le son de sa voix le plus léger trouble. »

5 avril 1830, Journal de Toulouse.

« Nous avons été déjà témoins des expériences curieuses exécutées à Toulouse par M. le comte de B...., et c’est pour attirer l'attention de nos lecteurs sur un prodige nouveau de son talent, que nous avons tracé un rapide aperçu de lhistoire de la science. Le document qui nous parvient est tout-à-fait authentique; il raconte un fait qui s’est passé le 15 mars dans le département du Gers, chez M. le juge de paix du canton de Condom; et enprésence de personnes dont quel-

ques unes sont de notre connaissance. »

« Jean....., âgé de vingt-trois ans , métayer de M. de la Bordère , du canton de Condom ; était atteint d’un abcès par congeslion , à la partie antérieure de la cuisse: les gens de Vart qui donnaient des soins au malade, déclarérent que la ponction serait pratiquée: mais l'opération exigeait la plus grande prudence et beaucoup de résignation, parce que l'artère crurale traversait la tumeur développée d’une

manière effrayante. »

« M. le comte de B...., dont la force magné-

tique est remarquable, proposa de plonger le

malade dans l’état magnétique, de produire le somnambulisme, et d'établir l’insensibilité sur la partie du corps où devait être faite opération, afin d’épargner au malade des souffrances inévitables dans l’état de veille. » |

«La proposition fut acceptée. Au bout de deux minutes le malade fut plongé dans létat magnétique. La lucidité ne fut pas remarquable. Jean... répondit à son magnétiseur qu'il cherchait en vain et qu’il ne pouvait voir son mal. Dès-lors le docteur Larieu fit, avec la plus grande dextérité, lopération chirurgicale qui avait été jugée nécessaire. À plusieurs reprises il plongea le stylet dans louverture faite par le bistouri, afin de donner issue à la matière purulante, lorsque son écoulement était empêché par des flocons albumineux; le pansement fut fait ensuite. Pendant cette opération, Jean demeura immobile comme une statue, son sommeil magnétique ne fut nullement troublé; et sur la proposition agitée par messieurs les médecins,de rompre l’état magnétique, M. B.…. réveilla spontanément le malade. M. le docteur Roc s’'approcha de lui, et lui demanda s'il voulait se soumettre à l’opération. Il le faut bien, puisque

cela est nécessaire, répondit-il, C'est alors que

- M. Roc lui annonça qu'il était inutile de recommencer, puisqu'elle était faite. »

« L’étonnement du malade fut à son comble, lorsqu'on lui en fit voir la preuve, il n’avait rien senti, rien éprouve et ne se rappelait que l’action de M. B...., lorsqu'il lui appuya la paume de la main sur son front pour l’endormir. »

Le même phénomène a été observé à la Charité, en 1828. Un malade endormi par un médecin, est invité à marcher, il traverse une salle, heurte violemment la table, les chaises et la muraille, sans donner le moindre signe de douleur; mais voici bien mieux encore: M. Fouquier, médecin de cet hôpital, sous prétexte d'aider à marcher le somnambule, lui prend la main et lui enfonce de toute sa longueur une épingle ordinaire, entre l'indicateur et le pouce, et le conduit à sa chaise ; pendant ce trajet, il lui traverse de part en part l'oreille gauche, et le malade si bien lardé, ne sent absolument rien.

Îl y à quelque temps, ces mêmes phénomènes ont encore été eonstatés dans le même hôpital,

Voici le passage du rapport, page 54. « La commission se rendit à lhôpital de la Chari'é, le 24 août, àneuf heures du matin, pour continuer les expériences de magnétisme.

« M. Foissac magnétise Cazot. — Gazots’endort en huit minutés. Trois fois on lui ploça sous le nez un flacon plein d'ammoniaque: sa figure se colora, la respiration s’accéléra ; mais il ne se réveilla pas. M. Fouqnier lui enfonça dans l’avant bras, une épingle d'un pouce. On Jui en introduisit une autre, à une profondeur de deux lignes, obliquement sous le sternum; une troisième obliquement aussi à lépigastre, une quatrième perpendiculairement dans la plante du pied. M. Guersent le pinça à l'avant bras de manière à y laisser une échimose; M. Itard s’appuya sur la cuisse de tout le poids de son corps. On chercha à provoquer le chatouillement en promenant sous le nez, sur les lèvres, sur les sourcils, les cils, le col et la plante du pied, un petit morcean de papier: rien ne put le réveiller. »

On trouve encore dans les mémoires de l’Académie des sciences, page 409, une dissertation de M. Sanvage de Lacroix,sur le somnambulisme d’unefille de Montpellier qui présentait exemple d’une pareille insensibilité.

« Le 5 avril 1957, dit l'auteur, en visitant » l'hôpital à dix heures du matin, je trouvai la » malade au lit. Elle se mit à parler avec une

vivacité et un esprit qu'on ne jui voyait jamais hors de cet état; elle changeait quelquefois de propos, et semblait parler à plusieurs de ses amies, qui s’assemblaient autour de son lit; ce qu’elle disait semblait avoir quelque suite avec ce qu’elle avait dit dans son attaque du

jour précédent, où ayant rapporté mot pour

mot une instruction, en forme de catéchisme,

qu’elle avait entendue la veille, elle en fit des applications morales et malicieuses à des personnes, de la maison, qu’elle avait soin de désigner sous des noms inventés, accompagnant le tout de gestes et de mouvemens des yeux qu'elle avait ouverts, enfin avec toutes les circonstances des actions faites dans la veille, et cependant elle était endormie. C'était un fait bien avéré, et personne n’en doutait plus; mais prévoyant que je n'oserais jamais l’assurer, à moins que je n’eusse fait mes épreuves en forme, je les fis sur tous les organes des sens, à mesure qu’elle débitait tous ses propos.

» En premier lieu, comme cette fille avait les yeux ouverts, je crus que la feinte, s’il y en avait, ne pourrait tenir contre un coup de la

main , appliqué brusquement au visage; mais

La

Le

a 1 42 ini.

cette expérience réitérée ne lui fit pas faire la moindre grimace, et elle n’interrompit point le fil de son discours: je cherchai un autre expédient, ce fut de porter rapidement le doigt contre l'œil, et d’en a pprocher une bougie allumée assez près pour en brüler les cils des paupières, mais elle ne clignota seulement point.

» En second lieu, une personne cachée poussa tout-à-coup un grand cri vers l'oreille de cette fille, et fit du bruit avec une pièrre portée contre le chevet de son lit: cette fille en tout autre temps aurait tremblé de frayeur, mais alors cela ne produisit rien.

» En troisième lieu, je mis dans ses yeux et dans sa bouche de l’eau-de-vie, de l'esprit de sel ammoniac; j’appliquai sur la cornée même, d'abord Ja barbe d’une plume, ensuite le bout du doigt, mais sans aucun succès; le tabac souflé dans le nez, les piqures d’épingles, les contorsions des doigts faisaient sur elle le même effet que sur une machine;’elle ne donnait jamais la moindre marque de sentiment. »

Le dixième volume de la Bibliothèque de

médecine contient un mémoire sur une femme

somnambule, qui était insensible aux coups de

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