‹ Cours de magnétisme animalChapitre 26 sur 44 · A LA · texte numérisé non relu

A LA

du magnélisme animal, au traitement de ma-

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ladies qui jusque-là avaient été méconnues » ou regardées comme incurables. Je m'en suis » aidé avec le même succès dans les maladies » ordinaires, connues par leurs symptômes, leur » marche et leur terminaison , et j'ai toujours » observé que les indications fournies par les » somnambules étaient pleines de sagacité, de » précision et de certitude. »

de suis forcé, Messieurs, d’accumuler les témoignages en notre faveur, à mesure que les faits deviennent plus extraordinaires; ainsi, ne soyez donc pas surpris si je ne des abandonne pas encore, pour remonter à leurs causes et vous donner mon opinion sur leur valeur.

Les phénomènes magnétiques ont été trop long-temps contestés, pour me permettre de ne vous citer que des faits isolés; je dois vous faire connaitre que le nombre des personnes ins-

truiles qui les ont constatés est considérable ; €t

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lorsque vous ne pourrez plus mettre en doute l'existence du phénomène dont je vous entretiens, il me sera plus facile de vous donner les moyens d’arriver à le produire vous-mêmes.

Les épithètes peu honorables que l’on donne journellement dans le monde aux personnes qui s’occupent du rnagnétisme animal, me prescrivent cette réserve. Vous le savez, on ne nous: épargne guère: nous devons donc nous justifier, non par des raisonnemens, parce qu'ils prouvent peu, mais par des faits, qui sont plus concluens.

Je suivrais une autre méthode, si l’Académie de Médecine de Paris s'était enfin prononcée en faveur du magnétisme; le ridicule serait alors! pour ceux qui nieraient son existence ; mais lors-. que je vois des hommes, d’ailleurs estimables , reculer devant l'opinion de quelques confrères, et cacher la vérité, parce qu'ils craignent les luttes qu’il leur faudrait soutenir en sa faveur, il est de mon devoir de vous faire connaître l’opinion des gens sensés, qui moins timides, ont osé publier leurs travaux et dire ce qu’ils avaient observé dans le magnétisme.

« En général , dit M. Deleuze, le somnambule » magnétique saisit des rapports innombrables :

» il les saisit avec une extrême rapidité, il par=

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a (ps court en üne minute une série d'idées qui exigerait pour nous plusieurs heures; le temps semble disparaïtre devant lui: lui-même s’étonne de la variété et de la rapidité de ses perceptions ; il est porté à les attribuer à l'insprration d'une autre intelligence. Tantôt c’est en lui-même qu'il voit cet être nouveau; il se considere lui-même en somnambulisme comme une personne différente de lui-même éveillé ; il parle de lui-même à la troisième personne , comme de quelqu'un qu'il connaît , qu’il juge, à qui il donne des conseils , à qui il prend plus ou moins (l’intérêt, Tantôt il entend une intelligence , une âme qui lui parle, qui lui révèle

une partie de ce qu'il veut savoir, » (r)

Virgile nous montre la Sybille parlant à Énée dans

l'état que nous présentent quelques somnambules.

« C’est le Dieu , dit-elle, c'est le Dieu lui-même qui me saisit ? Lorsqu’elle parlait ainsi à la porte du temple, toutd-coup on vit de l’allération sur son visage. Elle changea de couleur ; ses cheveux se hérissérent , sa respiration s’embarrassa, ctje ne sais quelle fureur divine s’empara de son cœur. Aux approches du Dieu, su taille semb la croilre, elses paroles ne furent plus celles d'une mortelle :

« Deus, ecce Deus! cui talia fanti Ante fores, subité non vultus , non color unus ;

a à ee Ouvrez le Cours de Matière Médicale, de Desbois de Rochefort, publié par M. Lullier-

Winslow, et vous pourrez y lire un chapitre qui.

Non comptæ mansêre comæ , sed pectus anhelam Et rabie ferà corda tument , major que videri

Nec mortale sonans, afilata est numine quando Jam propriore Dei, etc.

Liv, VI de l'Encide', vers 43.

L'esprit, dit-on, agissait avec tant de force sur ceux qui allaient dormir dans les temples, qu'ils étaient ravis hors d'eux-mêmes, de sorte qu'ils avaient des visions divinés extraordinaires, et qu'ils découvraient divers. mystères. Lorsque l'esprit commençait d’agir sur eux, leur visage se changeait, ils avaient des mouvemens propres à effrayer les assistans , ils tombaient par terre comme s'ils eussent eu le mal caduc ; étendus par terre, ils y demeuraient couchés comme des morts, pendant assez long-temps ; quelquefois tout leur corps tremblait d'une manière cffrayante; d’aulires fois ils demeuraient couchés semblables à des troncs, comme si leur corps füt devenu immobile. Se réveillant ensuite de leur extase et de leur songe, ils récitaient des visions surprenantes que l'esprit leur avait procurées.

« Lorsque les Lapons veulent connaitre ce qui se passé » loin des lieux où ils se trouverit , ils envoient à la découw » verte le déinon qui leur est familier ; et après s'être » exalté l'imagination au son des tambours et de- certains « instrumensde musique, ilséprouvent unesorte d'ivresse, | » pendant laquelle, des choses dont ils n’eussent jamais

— Pi = conlient toutes les preuves nécessaires Pour se {ormer une opinion sur le magnétisme. Voici quelques-unes des assertions de l’auteur :

» en connaissance dans leur état naturel, leur sont subi- » tement révélées. »

On trouve encore dans l’histoire profane plusieurs exemples semblables; il y a entre autres le fait suivant , tiré d’un livre qui traite des rites, des cérémonies et des mystères en usage parmi les Brames. Il a été écrit bien avant l’expédition d’Alexandre-le-Grand dans l'Inde : il VACSLe dit que ; par une pratique commune dans ce pays-là , qu’on appelle Matricha Machom, ils obtiennent une nouvelle sorte de vie. Ils considèrent la région épigastrique comme étant le siége habituel de l’Ame. Ils proménent leur main depuis cet endroit du corps Jusqu'à la tête ; ils pressent, ils frotitent quelques nerfs qu'ils Supposent correspondre à ces différentes parties ; ils prétendent qu'en agissant ainsi ils transportent l’âme au cerveau. Aussitôt que le Brame se croit arrivé à ce point-là, il pense que son corps et son âme sont réunis avec la divinité, et qu'il en fait partie.

« Toutes les fois que je le veux, dit Cardan, jesors demon corps de manière à n’éprouver aucune sensation , comme si J'étais en extase. Lorsque j'y entre, ou, pour mieux dire, lorsque je me mets en extase, je sens que mon âme se sépare de mon cœur , comme si elle s’en retirait, ainsi que de tout le reste du corps, par une pelite ouverture qui se fait d’abord à la tête, et particulièrement au cervelet. Cette Ouverture, qui s'étend tout le long de l'épine dorsale , ne se maintient qu'avec beaucoup d'efforts, Dans cette situation, je ne sens rien autre chose, sinon que je me sens

| GR = € I reste évident, dit-il, que le magnétisme animal est un principe essentiellement inconnu dans ses élémens, mais très-évident dans ses étonnans effets; que ce principe impalpable, imponderable, dont la nature nous est inconnue, quoiqu'il paraisse avoir quelque rapport avec l'électricité, est tellement subtil, qu’il semble être mis en mouvement ou en action, et transmis d’un individu à un autre, par le seul acte de la volonté; et que lorsqu'il agit, il développe sur beaucoup d'individus, des phénoménes trés-variables, dont les principaux sont de le dispenser de la toux, des bäillemens, une sorte de stupeur ou d’abasourdissement, un sommeil plus ou moins profond, un état demi-cataleptique, des convulsions, et enfin un véritable élat de somnambulisme ,

souvent accompagné d’une sorte de transport

des sens vers l'épigastre et d’une incroyable

extension de la sensibilité.

hors de moi-même étranger à moi-même. Mais c’est avec peine, que je me maintiens dans cet état pour quelques instans seulement, » ‘

Tout cela, Messieurs, est du somnambulisme, n'importe

lemoyen employé pour le produire.

D — » C’est ce somnambulisme, effet extrême du magnétisme animal, qui à promis et qui permet quelques applications utiles au diagnostique et au traitement des maladies. C’est au moyen de ce développement incompréhensible, inexprimable, de la sensibilité générale, que les somnambuies magnétiques , non-seulement, parviennent, sans le secours des sens, à la connaissance des objets qui les environnent et sur lesquels leur attention est dirigée ou se dirige naturellement, mais encore acquiert la faculté de connaitre des objets placés à une distance, ou placés ( relativement au

somnambule ) au-delà des corpsbien reconnus

opaques, et par suite de connaitre le jeu etle

mouvement de leur propre organisation, ou de celles des individus qui leur sont présentés. Les faits les plus positifs, les plus avérés, les plus irrécusables, justifient, assurent, garanlissent tous ces phénomènes du somnambulime magnétique, et ont prouvé que dans certaines circonstances, la clairvoyance des somnambules pouvait être d’un grand secours pour déterminer le siége et la nature des maladies, surtout celles qui-se rangent dans la

classe des organiques.

Ce médecin donne ensuite, la nomenclature des maladies dans lesquelles ont l’a employé avec succés.

Ecoutez encore ce qu’un autre membre de l’Académie de Médecine, M. Chardel, disait à cette compagnie, lors de la discussion sur le magnétisme :

« Au rang des phénomènes provoqués le plus » constamment par l’action magnétique, il faut » placer : 1° Un sommeil profond et prolongé » qui précède et qui suit constamment la pro- » duction du somnambulisme. 2° L’exaltation

des facultés intellectuelles. 3° Une perfection

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» de la vue, qui permet au somnambule d’aper- .» cevoir le fluide magnétique. 4° La faculté » d'acquérir des notions sur l’état des organes » internes, elc., elc.

Je voudrais, Messieurs ,abréger toutes ces citations, mais je ne le puis maintenant. Je dois vous citer encore le témoignage d’un homme tout-à-fait désintéressé dans la question du magnétisme , et ce sera le dernier.

Après avoir parlé du somnambulisme naturel en général, et du somnambulisme symptômatique,

— I01 — M. le baron Massias s'exprime ainsi à l'égard du somnambulisme magnétique (à).

« Le somnambulisme artificiel, dit-il, est le produit de certains procédés consistant en gestes, attouchemens, actes de la volonté qui le déterminent chez les sujets propres à en éprouver les effets ; ilest comme inoculé par le magnéliseur. L'état naturel de celui chez qui il agit avec succès , l'état magnétique qui survient, sont ordinairement séparés par quelques tCmps de sommeil. Dans la crise, un grand nombre de facultés sont endormies, ce qui a fait conserver le nom de somnambulisme au magnétisme animal :

bien qu'il y ait quelquefois magnélisme sans sommeil. »

« Tandis que le somnambulisme naturel est purement organique et individuel, et ne met le somnambule en communication qu'avec luimème, le somnambulisme arüficiel met le som nambule en rapport avec le magnétiseur et les personnes avec lesquelles celui-ci ie fait commu-

ñ iquer. »

« Une portion seulement des facultés intel.

(1) Voyez son Traité de Philosophie Psycho-Physiolosique. (F. Didot, 1830.)

Toni lectuelles du somnambule restent éveiilées : elles le sont toutes pour le somnambule magnétique

à l'égard de ceux avec qui il est en rapport. »

« Le somnambule naturel dépend de son imagination ét de certaines impressions corporelles ; le somnambule magnétique dépend de la volonté et des moyens de son magnétiseur. »

« Îl se fait identification de l’organisation du somnambule magnétique, de cellé de son magnétiseur , et des personnes avec qui ce dernier le met en rapport au moyen d’un léger contact ; de sorte qu’il a en lui la notion de ce qui se passe Organiquement dans autrui, qu’il sent les maladies qu’il n’a pas, et qu’il a l'instinct des remèdes qui leur conviennent ; ce qui , au grand scandale de la médecine classique, a donné naissance à une médecine magnétique. »

« Le somnambule magnétique a la connaissance de l’état, de l’organisation d’une personne absente par l'intermédiaire d’un vêtement qu’elle aura porté , ou d’un objet qu’elle aura touché. »

« [la le pouvoir de serappeler ou d’oublier, au gré de son magnétiseur, ce qu'ila éprouvé durant l’accès du somnambulisme. »

« Il se fait en lui, lorsque le veut le mayné-

üseur, interversion des sensalions , ct il trouve doux ce qui est amer, et amer ce qui est doux. Il change également ses goûts et ses déterminations habituelles. »

« Quelquefois, lorsque lPaction du magnétiseur dépasse les forces du somnambule, ou par une prédisposition des organes de celui-ci, il tombe dans une léthargie parfaite, voisine de la mort. »

« On devrait croire que les facultés intellectuelles du somnambule tombé dans une léthargie absolue, sont aussi inertes et aussi nulles que ses facultés corporelles; il n’en est point ainsi. Ily a pensée, rêves et somnambulisme dans le somnambulisme. Revenu de sa léthargie et placé dans son état .de somnambulisme antérieur, le crisiaque raconte tout ce qu'il a ressenti de ravissant et de merveilleux durant son apparente insensibilité absolue. Ce qui pour le spectateur était mort, pour lui était une nouvelle existence, cent fois plus active et plus intense que la vie habituelle. Les mêmes accès se renouvelant, les mêmes visions se renouvellent; rendu à l’état de simple somnambaulisme, la mémoire lui en revient, et elle ne s’efface qu'a un réveil complet, ete. »

Je borne ici mes citations, pour ne point vous fatiguer; dans une autre séance nous examinerons quelques effets particuliers que produit la magnétisation, effets que vous ne trouvcrez décrits nulle part.

Après m'avoir entendu, vous serez naturellement portés à penser que le plus petit effet nerveux, aussi bien que l’exaltation de certaines fonctions, l’extase, la catalepsie et le somnambulisme, résultent d’une cause unique, agissant toutefois en raison de l’idiosyncrasie de chaque individu, ce qui vous expliquerait la variété et le peu d’uniformité de ces effets. (1)

Quelpas de géant la découverte du magnétisme

« L'esprit donne à l’un de parler avec sagesse;il donne » à l’autre de parler avec science; à l’autre le don de » guérir les malades ; à un autre le pouvoir de faire des » opérations miraculeuses ; à un autre le discernement des » esprits; à un autre le don de parler diverses langues; et » à un autre celui de les interpréter. Mais c’est un seul » et même esprit qui opère toutes ces choses, distribuant » à Chacun ses dons , selon qu’il lui plait. »

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