‹ Cours de magnétisme animalChapitre 27 sur 44 · ST PAUL · texte numérisé non relu

ST PAUL

a fait faire aux connaissances humaines! Non seulement tous les grands phénomènes de la nature sont expliqués sans peine; mais encore, ce qu'on ne peut trop admirer, à la connaissance des principes constituans de son être, on joint la faculté de les analyser, de les isoler pour ainsi dire. On est parvenu, en quelque sorte, à soulever âme du corps, pour la faire paraître dans presque toute son énergie, toute sa science; enfin, dans l’état le plus approchant, où elle peut être, de la Divinité, avant qu’elle s’y réunisse à jamais.

Par cette porte, le temple des merveilles éternelles est ouvert à l’œil terrestre de l’homme.

Les mécréans traiteront la doctrine magnétique de rêverie, et les somnambules de fanatiques; mais nous n’écrivons pas pour ces esprits durs et négatifs ; nous savons que la plus grande folie est de soutenir la sagesse au milieu des fous seulement, pour empêcher leurs déclamations de faire impression sur les esprits sains; nous raménerons à des idées simples, naturelles et connues, Loul ce que le magnétisme et le som-

nambulisme paraissent avoir de merveilleux.

Nous savons tous que l’âme est un être simple, une émanation de la Divinité, qu’elle est faite à sa ressemblance, qu’elle est souverainement intelligente et active, qu’elle connaît tout, car du moment qu’elle est dégagée du corps, rien ne lui est plus caché ; et ses facultés ne sont bornées que par l’imperfection des sens matériels dont elle est enveloppée, et dont la surcharge la domine presque toujours.

On sait, en second lieu, que les âmes ont la faculté d’agir les unes sur les autres. Cela est Lé e ] e e prouvé par la sympathie, l’antipathie, la communication des idées et de toutes les affections morales.

Ceci posé: si, dans la crise du sommeil, on.

parvient à réduire le corps à un état tellement végétatif, que tout ce qu'il y a de physique en lui soit comme précipité , le principe moral se trouvera dégagé à un certain point de son union intime avec le physique; il surnagera, pour ainsi dire, et agira presqu’en liberté; il sera rendu à peu près à ses qualités essentielles, qui sont l’activité, l'intelligence et la science infinies; et des lors, rien d'étonnant dans la crise des somnam-

bules ; par là,on répond à tout et sans rien forcer.

Et en effet, au regard moral, qu'est-ce que le sommeil? C’est cette absorbtion physique dont nous venons de parler.

Qu'est-ce que le sommeil magnétique ? Cest cette absorbtion plus forte et mieux réglée qui amene l’esprit assez hors des sens, pour voir et agir par lui-même, et ne le met pas assez loin des sens, pour opérer la désunion totale et l'empêcher de conserver la communication nécessaire à la vie, à la parole et aux gestes, etc.

Que serait l’absorbtion totale? Ce serait la mort. Que serait l'absorbtion outrée, mais non totale ? Ce serait le délire ou la mort intellectuelle, qui précède toujours la mort animale. On peut comparer l’homme qui sommeille à un mélange composé de deux liqueurs, dont l’une est plus lourde et s’est précipiiée vers le fond; l'autre surnage sans se désunir entièrement. Par l'agitation, le mélange recommence, et l'homme s’éveille: si la désunion est totale, le mélange ne

peut plus se reformer, et l’homme est mort.

Comment le somnambule peut - rl parler de

choses dont il n’a point pris de notions préliminatres ? I] le peut, parce que son âme étant douée à un degré éminent, de toutes les connaissances possibles (1), elle les rend avec plus d'énergie et de perfection, suivant que, par l'absortion des sens, elle est plus ou moins libre. Si elle était parvenue à la perfection absolue , elle serait 1otalement libre, et l’homme mourrait.

Pourquoi faut-il tant de peine pour apprendre si la science est innée, et pourquoi cette peine n'est-elle pas égale chez tous les hommes ? C’est qu'il faut , dans les points qu’on étudie, mettre âme plus ou moins à nu, lui ouvrir un cours à travers les enveloppes de la matiere ; c’est ce qu'on appelle se creuser Île cerveau : l’on y parvient avec plus ou moins de facilité, suivant que le physique cède plus ou moins volontiers au travail. On peut, dans ce sens, comparer l’âme

(1)Eneffet,une connaissance n’est que le souvenir d’une impression. L'âme étant en harmonie avec l’universalité des êtres, doit avoir reçu toutes les impressions possibles et doit se les rappeler , dès qu’elle n’est pas hèbêtée par l'enveloppe physique. Quand nous serons morts, nous saurons tout. C’est la fiche de consolation après avoir perdu la partie. |

= 159 — a une lanterne sourde: l’on apprend en faisant

des trous à la lanterne, pour en faire sorlir la lumiere; on oublie quand le trou s’oblitére.

Qu'est-ce qui prouve que la science est une qualité de l'âme et qu’elle ne s'imprime point , mais qu'elle se grave? Toutes les œuvres du génie, dont l’origine est presque toujours un effet spontané non réfléchi et accidentel d’une tête heureusement disposée. Une idée neuve est un trou qui se fait à la lanterne du centre à la superficie : une idée acquise est un trou que l’on fait de la superficie au centre. La superficie est à nctre disposition; c'est pour cela que nous nous élevons facilement à toutes les connaissances qu'on nous donne.

L'intérieur est hors de notre volonté; voilà pourquoi les œuvres morales de génie sont toujours accidentelles et rares. Elles arrivent plus facilement dans les lanternes trés-tarodées, parce que l'enveloppe est plus mince.

Tout homme de génie sentira la vérité de cette doctrine. Les poëtes ont remarqué que toutes les idées neuves et brillantes venaient sans travail ; subitement ou par une espèce d'émission trèsvoluptueuse, tandis que les idées tirées des com-

= 499 | binaisons connues , étaient le fruit d’un travail long et douloureux. Dans le premier cas, c’est un volcan qui vomit l'or tout fondu : dansle second, c’est un maître de mine qni le cherche dans les entrailles de la terre, et l’extrait avec dépense et fatigue.

Sic’est un sentiment naturel, comment ne le connait-on pas ? On ne l’a jamais connu généralement, parce qu’il y a peu d'hommes de génie, et que ceux qui ont un sens de moins , doutent de ce que les autres en disent. Mais dé tout tempson a connu cette expiration que l’âme jette au dehors des sens, et que j'appelle le génie ou une étincelle de la science innée. Tous les poètes ont eu un démon et se sont dit inspirés. Cicéron pose en principe que l’on naît poète, el que lon devient orateur. [l dit, dans ses Tusculanes, que ce qui donne aux enfans plus de facilité à apprendre qu'aux adultes, c'est que l’âme des uns et des autres porte la science innée et universelle; mais que les tarrières qu’il faut forer pour y parvenir, sont plus faciles à travers des organes délicats : c’est ce qu’il fait bien sentir par ces mots : Ut potius reminiscere quam ediscere dicantur. De

sorte qu'ils paraissent plutôt se ressouvenir

u’apprendre. Dans le somnambule , l'âme est qu app ; tout à jour, et voilà pourquoi il sait tout.

Mais, comment connait-il le passé et l’avenir ? Le passé et l’avenir sont des connaissances; l’âme les a toutes : du moment qu’elle est mise en liberté, elle les développe.

Mais pourquoi tout le monde n'est-il pas somnambule ? Parce qu'il ÿ à peu d'individus dont les sens soient assez souples pour laisser ainsi l'âme s'échapper à demi, ou pour dire mieux,

luire à travers une légère tunique.

Telles sont les idées des magnétiseurs sur le somnambulisme, et leur réponse & aux questions les plus embarrassantes,

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