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J'appris que rien n'avait alicré la santé de ma » somnambule, etc. »
Tous ceux qui éprouvent ces effets bizarres sont loin de s’en plaindre ; il désireraient au contraire leur prolongation.
« Pourquoi mé rappeler à la vie, disait une » somnambule dans l’exaltation magnétique, si » vous vous éloigniez, ce corps qui me gêne, » se refroidirait, et mon âme n’y serait plus à » votre retour; et je serais parfaitement heu- » reuse. » (1)
Toutes, vous tiennent à-peu-pres le même langage, mais vous devez bien vous garder de vous arrêter à leurs discours;il faut au contraire vous empresser de les faire sortir de cet état,
(1j Cette crise donne souvent au somnambule le moyen de trouver ce qu'il lui faut pour opérer sa guérison ou celle des personnes avec qui il à été mis en rapport, lors que dans son somnambulisme ordinaire il né l'avait pas aperçu.
Que dE réflexions se présentent à notre esprit, lorsque ve lémoins, de semblables scènes; c’est bien alors que vie nous parait un mystère inexplicable. Le philosophe qui a dit : « Rien n’est après la mort , la mort même n’est rien, » pourrait bien s'être trompé. C'est une question que le somnambulisme résoudra un jour.
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— QII —
dans le doute où vous êtes si sa prolongation n'aménerait pas des désordres irréparables. Il est encore un autre motif qui doit vous engager à en agir ainsi, c’est que vos forces s’épuisent, vous perdez votre énergie, et il peut arriver un moment où vous ne pourriez plus agir, quoique ayant la volonté de le faire, <ar cette ‘volonté ne pourrait plus mettre en jeu le mobile néces. saire. Rappelez-vous toujours que vous n'êtes qu'une machine secrétant l'agent magnétique, et qu'il faut à la nature un certain temps pour le reproduire, lorsque par une cause quelconque vous l'avez épuisé. Tenez de l'huile en réserve, si vous ne youlez que votre lampe s’éteigne (1.
Je ne fais qu'esquisser le tableau des phéno mênes qui naissent dans cet élat extrême du
(1) C’est en raison de cette vérité, que souvent vous ne menez point à bien des effets qui naissent pendant l’açplication du magnétisme ; Vous voyez tous les symptômes du sommeil arriver et se suivre ; il ne faut plus qu'un pas pour obtenir le somnambulisme ÿ et Cependant, malgré vos efforts, cette crise ne se produit point , et le patient retourne à son premier état; la cause cessant ou diminuant d'intensité, l’effet cesse ou s’amoindrit: ce n’est pas une des plus faibles preuves de l'existence de lagent magnétique.
somnarmbulisme; mais ce que je vous en dis, doit vous faire comprendre qu’il peut être dangereux de s’en rapporter à ceux qui vous disent qu'il suffit d'une bonne intention pour prévenir tout danger. Vous le voyez, il faut plus. — Il faut des connaissances, et une grande force morale que certaine constitution physique ou des liens de parenté Ôtent presque toujours dans les circonstances critiques que je viens de vous signaler. C’est pourquoi la présence d’une personne instruite du magnétisme est nécessaire dans un traitement où le somnambulisme s'offre accompagné de crises semblables; crisesoù vous placez l'âme vis-à-vis d'elle-même; où lâme se sent elle-même.
Je le dis avec conviction , c’est aux personnes qui auront des connaissances approfondies de cet état physiologique, qu'il appartiendra dediriger les traitemens magnétiques, car on peut bien magnétiser vingt fois, cent fois, sans faire naitre des effets inquiétans, mais du moment où vous acquérez la certitude que ce cas peut arriver ; vous ne devez vous livrer à la pratique du magnétisme qu’en connaissant parfaitement les effets qu’il peut produire, et en possédant les moyens de faire tourner ces effets au profit du malade;
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autrement vous pourriez vous préparer des regrels, car vos actes magnétiques ont la vie en puissance : en prenant du feu dans votre sein, craignez que vos habits ne brülent.
Lorsque je vous parlerai de l’action thérapeutique du magnétisme, vous reconnaîtrez que son application demande quelques ménagemens et an grand discernement dans le choix des maladies que vous voulez traiter.
Vous verrez quelquefois agir cet agent comme le ferait un violent excitant, déterminer, en cette qualité, des effets funestes, quand les organes de l'individu que vous magnétisez sont incapables de soutenir l'impulsion qu’il leur communique ; je vous ai dit, dans la dernière séance, qu’une malade magnétisé par moi à l’'Hôtel-Dieu de Paris, présentait Go à 65 pulsations par minutes , avant l’opération; eh bien, l’action magnétique , en moins de cinq minutes, faisait monter le pouls d’une manière extraordinaire ; on comptait alors 115 et 120 pulsations dans le même espace de temps.
Ainsi, voilà une augmentation de près du double, dans les battemens du cœur. Magnétisez un malade affecté d’une tumeur anévrismale, ou
d’une phtysie avancée, et vous reconnaïtrez que
cet agent physique possède plusieurs des inconvéniens des autres agens de la nature.
Autre observation :
Si l’action magnétique une fois mise en mouvement, peut s'excrcer sans votre participation, quelle prudence ne doit-on point avoir pour l'employer.
Il est reconnu par moi, et un grandnombre de faits me prouvent que je ne suis pas dans l’erreur, il est reconnu, dis-je, que la personne que l'on magnétise peut , dans certains cas, ne rien ressentir de votre action pendant la séance, et en éprouver tous les effets plusieurs heures après, au moment où vous n'êtes plus à même de les diriger.
IL est reconnu que des individus placés pres des personnes que vous magnélisez, peuvent éprouver tous les effets d’un magnétisme directe, et ces effets être d'autant plus bizarres, que cette action ne s’adressait point à ces individus.— J’ai quelquefois produit le somnambulisme de cette
manière , el je vais vous en citer un exemple.
Il n’y a pas Jong-temps que je fus appelé pour donner mes soins à un jeune enfant, fils de M. le comte de B..., on ne me dissimula point que
l'enfant était tres-mal, et que mes soins étaient réclamés comme une dernière ressource, de laquelle cependant on espéraitencore.— Comme le malade était d’une faiblesse extrême, une jeune femme, qui lui portait un tendre intérêt, le tenait sur ses genoux. Je le magnétisais dans cette position, entouré de quelques personnes quieussent voulu aux dépens de ce qu’elles possédaient rappeler cet irfortuné à la vie. Une faible lampe éclairait ce tableau , et un profond silence régnait autour de nous. — Mon action dirigée sur le malade , et à un pied de distanceenviron, ne tarda pas à produire un effet salutaire. Les douleurs que l'enfant éprouvait, et qu’il manifestait par des cris et des mouvemens convulsifs, se calmèrent promptement, et il jouit de quelque tranquillité.
Il en fut tout autrement à l'égard de la personne qui le tenait sur ses genoux: ses yeux s'étant fermés, elle tomba dans un état complet de somnambulisme, bientôt de grosses larmes inondèrent ses joues; nous voulümes prendre l'enfant qu’elle n’avait point quitté, mais elle le retint, et ne s'en dessaisit qu'a mon invitation fortement exprimée, et après nous avoir donné des preuves d’une grande lucidité.
Le lendemain elle s’endormit de la même maniére, etc.
Mais, Messieurs , souvent les sensations éprouvées de cette manière, ne vont point jusqu’à produire le sommeil, il en résulte quelquefois des spasmes, des convulsions; et un état insolite rompt l'équilibre qui paraissait exister avant l’opération. |
Le 28 septembre dernier, je magnétisais une dame quiéprouvait peu d’effets sensibles du magnétisme; une personne qui accompagnait celte dame, sentit pendant l’opération tous ses membres s’engourdir, et eut des picotemens aux paupières. |
Le lendemain , magnétisant la même personne sans songer à produire d’autres effets que sur elle-même, la dame qui l’accompagnait éprouva encore plus d'effets que la veille, et elle fut courbaturée toute la journée.
Le 30, le sommeil magnétique se déclara chez elle, et cependant comme je viens de le dire, je ne songeais nullement à produire cet effet : elle se réveilla bientôt, mais succombant de nouveau au sommeil, se rendormit et s’éveilla de même ; et ce singulier état se prolongea mal-
gré moi pendant plusieurs heures.
Le même fait m'est arrivé il y a peu de temps, chez une malade, femme d’un conseiller d'état. — La femme de chambre de cette dame, qui assistait aux séances, afin de me suppléer en cas de besoin, fut prise de mouvemens nerveux qui devinrent effrayans. — Je me levai pour les faire cesser, mais cette personne s'enfuit en criant qu’elle ne voulait pas que je lapprochasse’, et que je lui faisais du mal; elle revint bientôt, cependant, un peu plus calme et atiribuant à son imagination les effets qu'elle avait éprouvés: bien rassurée elle sassit à sa place accoutumée , et je continuais comme avant cette scène, de magnétiser sa maitresse. — Mais au bout de cinq minutes, et sans que je cherchasse à agir ailleurs que sur ma malade, elle fut prise de nouveau des mêmes accidens, et courut s’enfermer dans sa chambre en poussant des sanglots et se plaignant d’une gène dans la respiration , qui la fatiguait beaucoup. — Get état aura plusieurs jours, et servit bien plus à la conviction des personnes qui m'entouraient, que les effets thérapeutiques que j'aurais pu produire. Vous le voyez, Messieurs, les phénomeénes produits par le magnétisme, présentent une
très-grande variété, et nous sommes loin, je
crois , de les connaître tous (1), cependant, vous pouvez suivre partout son action physique, — Il n'est plus possible d'expliquer ses divers effets par d’autres causes que par celles de l’émission d’un agent particulier, agent soumis à notre volonté, et qui semble être constamment à notre disposition, dans tous les cas,surtout, où les organes qui le contiennent et le forment sont dans leur intégrité; mais agissant au dehors, en vertu de lois qui lui sont alors particulières ,et qui ne nous sont pas encore bien révélées. — Pour achever de vous convaincre de cette double vérité et vous empêcher de chercher d’autres explications contraires à celles que je viens de vous donner, voici d’autres observations, peut-être plus décisives :
Dites-moi pourquoi près d’une personne qui dort du sommeil naturel, ne lui voyez-vous rien éprouver de contraire à ce qui se passe ordinairement dans cet état ? — C’est parce que vous êtes restés dans un état passif, et que voire ma-
(1) Beaucoup de magnétiseurs ont cessé de magnétiser, lorsqu'ils eurent reconnus l'existence de phénomènes si bizarres. Ne croyant point à la possibilité de les diriger.ils se sont soustrait à la crainte de les produire.
gnétisme est latent, permettez-moi cette expression.
Mais si au contraire, vous dirigez sur le dormeur la force que vous avez appris à reconnaître en vous, bien que placés à quelques pas de distance dans l’état ou vous étiez avant, comment se fait-il qu'au bout de quelques instans succèdent à ce calme, un état d’agitation sensible, et que le patient exécute quelques mouvemens; et si vous ajoutez à cette indice du changement qui s’opère en lui, d’autres symptômes tels que la difficulté de respirer, et le réveil instantané, comme si on l’eût touché avec une bouteille de Leyde légèrement chargée ; si vous pouvez reproduire ces effets dans beaucoup de circonstances semblables, enemployant les mêmes précautions , il faut bien nécessairement avouer que le système nerveux de lindividu que vous avez magnétisé a subi l'impression de quelques choses «l'étranger ; et cela me paraît si évident, que je n’ose insister davantage.
Je passe encore à d’autres expériences. Vous vous rappelez que j'ai endormi , à l'Hôtel-Dieu , une malade à travers des cloisons fort épaisses ; le fait ne peut être douteux ; je lai répété plusieurs fois, eties précautions étaient prises par les
témoins, de manière qu’ils ne pussent être dupes d’une mystification.
Mais, comme un fuit isolé ne peut être concluant, je vais vous en citer d’autres.
Lorsque vous avez obtenu le somnambulisme par les procédés mis en usage maintenant , il vous est facile de produire cette crise en variant votre manière d'agir. Votre somnambule qui ne s'était endormi qu’au bout d’un temps souvent fort long, finit, après quelques séances, par s’endormir très-promptement , quelquefois même ce temps n'excède pas trente secondes. Lorsque vous êtes parvenu à lui imprimer cette mobilité, vous pouvez l'endormir sans faire aucun geste qui puissent trahir votre intention. Votre volonté fortement exprimée produit ce résultat. Ce n’est certainement pas la volonté seule, car il n’est pas prouvé que son empire puisse s'exercer au dehors (r), mais elle a mis en mouvement le véritable principe agissant, un agent qui s'irradiant dans un espace qui n’est pas encore connu, va pénétrer Île senre nerveux du sujet que vous
S voulez endormir, et causer le somnambulisme qui
(1) La volonté seule et sans fluide, n’opérerait rien. ( Réponse d’une somnambule. )
n’est, lui-même, qu’un des nombreux effets que son mode d'action peut produire.
Cela parait si vrai, que vous n'agissez point sur le patient, lorsque faisant des passes et des mouvemens, vous n'avez point l'intention ou une intention contraire à celle qu’il vous faut pour endormir, le magnétisé vous avertit lui-même du peu d'effets qu'il éprouve, mais si vous changez tout-à-coup votre disposition morale, et que vous vouliez l'endormir, vous le voyez fléchir et céder promptement à un pouvoir qu'il sent être irrésistible.
Quand vous êtes distrait en magnétisant, les effets sont beaucoup plus lents à se manifester, et vous n’en obtenez aucun, si votre attention est absorbée par une occupation de votre esprit sur des choses qui ne sont point relatives au magnétisme (1).
Ces faits, Messieurs, ne sont point des farts observés par quelques individus isolés ; interro-
gez tous ceux qui se sont occupés du magné-
(1) La volonté est une grande pitce , de très-grande im. portance, et doit l’homme étudier surtout à la bien régler. ( Charon. ) « Vous voulez des lèvres, mais votre cœur est loin de vouloir. »
me 322 — üsme avec quelque attention, ils vous répondront qu’ils les ont vérifiés.
Veuillez bien vous rappeler ce que je vous ai dit d’une séance expérimentale qui eut lieu à l’Académie de Médecine, sur un somnambule qui les yeux temponés et la face couverte d’un triple bandeau, sentait néanmoins mon approche ou mon eloignement ; rappelez- vous qu’il m’était facile de déterminer dans ses extrémités, des mouvemens convulsifs qui cessaient et reprenaient à ma volonté, et cependant j'étais à sept ou huit pas de lui,aucune parole n’était proférée, et le signal pour agir m’était donné par des üers,qui avaient pris lesplus grandes précautions pour vérifier ce fait étonnant.
Souvenez-vous encore que j'ai magnéusé l’un des commissaires chargés de l'examen du magnétisme , et qu'il en a éprouvé lui-même les effets les plus évidens et les moins contestables k dans des organes qui n’étaient point soumis à sa volonté; que ces effets physiques arrivaient toujours de la même manière, et dans le même espace de temps.
Jene finirais pas, s’il me fallait, Messieurs, vous entretenir de tous les faits prouvant d’une ma-
niére positive l'existence du magnétisme animal |
mais comme mon intention est bien moins de vous convaincre par eux, que de vous engager à expérimenter vous-même, je borne ici cet exposé. Je vous enseignerai bientôt de procédés qui, vous facilitant les moyens de produire vous-même des faits, hâteront votre croyance, persuadé que je suis, que personne n’a en privilége, la faculté magnétique, qu’elle est le résultat de notre organisation, le produit de la vie et d’un mouvement que nous pouvons imprimer à nos organes, dans des circonstances particulières ; il vous sera donc facile de vous convaincre de la vérité de tout ce que nous vous avons dit; et un jour, j'en ailespoir, vous nous direz que nous n’avions rien avancé qui ne fût fondé, si vous avez surtout la prudence de ne vous prononcer qu'après avoir magnétisé, non pas une seule personne, mais plusieurs, et si vous vous placez dans les circonstances favorables que nous vous aurons appris à distinguer (1).
(1) » Combien est grande l’inconstance des mortels et leur témérité, en matière d'expériences nouvelles. Car, st l'effet ne réussir selon leur désir, ils abandonnent aussitôt l'entreprise commencée , et tournent hâtivement à leurs premières coutumes, se reconcilient avec elles. »
Je vais continuer de poursuivre le développement de l’action magnétique, vous la montrer agissante dans notre organisation et y faisant naître des effets analogues à ceux que produit notre principe vital.
Vous reconnaîtrez encore dans cette circonstance l'action indépendante de l'individu qui la recoit et de celui qui la donne, soumise elle-même à de nouvelles lois ; il ne vous sera plus possible de vous méprendre sur ces résultats, et d'attribuer les phénomènes qui se manifesteront, à d'autres causes que celles que notre volonté met en jeu.
Voyons le magnétisme, appliqué comme moyen thérapeutique, et dirigé en cette qualité sur des organes malades ; examinons son action, et les modifications qu’éprouvent les parties qui y sont soumises. $ |
Vous allez reconnaître que la vie se trouve augmentée où diminuée, que tous ces effets semblent provenir de la saturation des organes malades, par un principe essentiellement actif et pénétrant ; vous vous expliquerez alors, les bons ou mauvais effets qui résultent de Pemploi de ce moyen de guérir; et l'étude de cet agent vous deviendra plus facile, à mesure que son
existence matérielle vous sera démontrée.
Lorsque je commençai mon instruction magnétique, je croyais ce qu'avaient écrit des hommes graves; j'adoptais comme article de foi leurs axiômes, je ne pouvais penser qu'ils eussent affirmé des choses dont ils n’avaient pas la certitude, je n’ai pas tardé à être désabusé > etjespére vous convaincre de leurs erreurs.
Les premiers faits bien tranchés, qui vinrent m'éclairer, méritent de vous être racontés , ils serviront à votre instruction > Si jamais vous magnétisez, et vous donneront dans tous les cas des idées plus justes sur le magnétisme, et de nouvelles preuves de l'effet physique de cet agent.
Dans beaucoup d'ouvrages sur cette science vous lisez: que rien n’est comparable en vertu, à l’action magnétique, son influence est une véritable panacée; magnétiseurs, vous pouvez tout, même des miracles, si vous savez bien employer voire puissance.
La tête exaltée, après avoir réellement obtenu quelques succès, je me croyais capable de guérir les maladies les plus invétérées. Je magnéisais donc des malades affectés de maladies pulmonaires irès-avancées, et déclarées tout-à-fait incurables par d’habiles médecins.
Je pensais que cette maladie affreuse devait
céder aux bienfaits de Paction magnétique car j'avais lu que lon avait réussi à en guérir de semblables.Voicice quej’obtinsdans cette disposition. Les malades magnétisés avec une grande énergie, ne tardèrent pas à ressentir vivement mon action, ils éprouvérent d’abord un grand calme, suivi, d’un sentiment de bien être, mais à cet heureux effet, succédait bientôt des acces de toux, qui , se déclarant avec une violence inaccoutumée, étaient suivis de sueurs et d’un état d’angoisses,qui forçaient les malades à me prier de cesser. Je les engageais au contraire, tant était grande ma confiance, à persister ; pensant que ces mauvais effets étaient le résuitat d’un effort de la nature pour se débarrasser du mal; mais les symptômes fâcheux , continuaient de se développer, les pommettes se coloraient, les yeux devenaient brillans, et une expectoration forcée amenait des stries de sang vermeil, j'étais alors contraint de suspendre le magnétisme.
(1) Un semblable effet serait capable, lorsque ces maladies sont moins avancées, de produire des crises favorables qui assureraient le retour de la santé, mais on attend jusqu’au dernier moment , pour essayer l'emploi du magnétisme.
J’ai répeté quelquefois cette expérience et j'ai toujours vu le même effet avoir lieu.
Dans ces cas, le magnétisme agissait bien évidemment comme un agent physique puisqu'il portait le trouble dans beaucoup de fonctions, et augmentait considérablement la circulation du sang ; ce phénomène explique très-bien les effets ficheux qui avaient lieu, car dans ces maladies, tout ce qui agit comme excitant est pernicieux ; ce ne pouvait être l'imagination des malades qui avait produit le trouble, car ce trouble avait lieu dans des organes soustraits à la dépendance de leur volonté, je promettais à ces malheureux leurs guérisons, vous savez que dans ces maladies on se berce jusqu’à la fin de douces'illusions; plusieurs croyaient que réellement je pouvais les sauver, ils auraient donc éprouvé, si leur imagination y eût eu quelque part, un changement favorable, et le contraire avait lieu.
Je passe sur ces faits pour vous en citer d’autres, aussi concluans.
Vous trouverez encore dans les recueils de pièces , sur le magnétisme, que l’on peut, lorsqu’on le veut, reveiller un malade que l’on a rendu somnambule.— Eh bien! Messieurs, ils
vous arrivera, dans quelques cas, ce qui m'est
arrivé, des malades endormis par moi en quelques minutes ne purent être réveillés qu’au bout de plusieurs heures, je mettais cependant en usage, les procédés recommandés en pareils cas, mais,vains efforts , plus je voulais obtenir le réveil, et plus l'intensité du sommeil se faisait remarquer, et souvent, à force de passer mes doigts sur les paupières, pour déterminer leur ouverture, je produisais des équimauses quin’étaient nullement senties, et le réveil ne s’opérait qu’au bout d’un temps très-long; en sortant de ce sommeil, les somnambules passaient dans un autre état, et le moindre bruit alors cpérait seul leur réveil.
Je pourrais vous ciler un grand nombre de faits semblables qu’il est impossible d'expliquer sans recourir à l'hypothèse d’un agent dont nous subissons Îles lois.
J'espère que vous serez désormais disposés à accepter cette vérité, et que vous rejetterez comme non fondées toutes Îles explications qui paraissent opposées à l'admission , comme réel , d’un agent physique. |
Je termine ici l'exposé des faits particuliers qui sortent de l’ordre habituel des phénomènes procuits par le magnétisme; et je les résume tous
afin que vous ne puissiez les perdre de vue, puis: que les faits sont seuls écoutés mainterant , et qu’on les regarde, avec raison, comme faisant loi.
Je vous ai dit qu'un homme placé de certaine manière , et connaissant Île magnétisme, pouvait agir sur son semblable et déterminer dans son organisation des phénomènes presque toujours appréciables, surtout pour des personnes auxquelles l'étude des lois de la vie n’était pas étrangere. Je vous ai fait Pénumération des principaux effets attribués aux propriétés de l'agent magnétique, en vous prévenant qu'ils ne naissent point dans l’ordre que j'indiquais. Je vous ai dit que cela paraissait dépendre de quelques causes cachées , et en outre de lidiosyncresie de chaque individu, et j'ai ajouté que le plus petit symptôme de votre action était quelquelois suivi d'un dérangement marqué dans le jeu de la machine humaine.
Je vous ai cité beaucoup de ces phénomènes en m'entourant toujours de témoignages qu'ils vous eût été impossible de récuser.
Vous avez pu vous apercevoir que, lors même que ces témoignages n’existeraient pas, je pour -
rails VOUS parler avec autant d'assurance de l'exis-
tence du magnétisme , puisque les phénomèncs qui naissent de son application, sont très-faciles à obtenir , et que l’on ne récuse personne pour les faire naître et pour en devenir juge. Vous aurez été frappés des phénomènes étranges qui arrivent quelquefois à la suite de la magnétisation ; je veux parler du somnambulisme et deses nombreuses merveilles.
Enfin je vous ai entretenu de quelques effets particuliers, bien capables de faire craindre que, dans certains cas, le magnétisme ne produisit entre des mains inhabiles des accidens qui pourraient devenir irréparables.
Vous vous serez dit, sans doute, qu’il fallait , pour tirer un grand parti médical du magnétisme, l'avoir étudié d’une manière spéciale et être versé dans les connaissances physiologiques et vous aurez trouvé mes conclusions conformes à votre manière de voir.
Mais, messieurs, lequel d’entre vous pourrait rester froid au récit de tant de choses extraordinaires, et, en apprenant que la nature la doué de la puissance la plus utile, puisqu'elle tend à notre conservation , se refuserait à acquérir les moyens de lui donner le développement dont
elle est susceptible, et d'apprendre Part de sou-
lager son prochain, quand il ne lui faut, pour y parvenir, qu’un peu de travail et de bonne volonté. |
C'est une découverte bien précieuse que celle qui , après tant de théories incertaines , fournit enfin quelques principes incoutestables au plus dangereux de tous les arts, celui de conserver et de guérir ; une découverte qui, dans une science jusqu’à présent conjecturale, offre des routes lumineuses , où nous n’apercevions que sentiers obscurs ou d’inévitables écueils ; une science qui en mérite à peine le nom, dit M. de Laromiguière : « Qu’est-ce qu’une science qui » ma ni principes arrêtés , ni matériaux fixes , » ni méthodes constantes? Qu'est-ce qu’une » science qui change de nature et de forme au » gré de tous ceux qui la professent ? Qu'est-ce » qu'une science qui n’est plus aujourd'hui ce » qu’elle était hier ; qui, tour-à-tour, vante » comme autant d'oracles, Hippocrate, Galien. » Bocrhave, Fréderic Hoffmann, Brow, etc., » etc. Et pour tout dire enfin, qu'est-ce qu’une » science dont on a demandé, non pas si elle » était, mais si elle était possible ? »
La médecine, telle que nous la pratiquons au-
jourd’hui, est nécessairement dangereuse , parce
qu’il est impossible , quoiqu’on en dise, de la faire résulter de règles certaines. Pour qu’elle résultât de règles certaines, il faudrait qu’elle nous fournit un moyen constant de trouver dans le corps organisé le lieu où réside l'obstacle qui s'oppose an mouvement réparateur de la nature: il faudrait de plus qu’elle nous fit connaître exactement comment agissent les forces , c’est-àdire les remèdes que nous pouvons employer pour vaincre cet obstacie, et la quantité de leur action dans chaque circonstance donnée ; or, qui osera nous dire que cet obstacle n’est pas souvent caché de telle sorte qu’il échappe à la sagacité la plus exercée ! Qui est-ce qui a saisi, je te demande, les rapports qui peuvent se trouver en une Organisation malade, et le remède employé pour la délivrer de la douleur ? Qui estce qui a mesuré l’action des remèdes à travers la prodigieuse variété des tempéramens et des âges ? Et si presque jamais vous ne pouvez rassembler que des doutes, et sur le mal aw’il vous faut combattre, et sur l'effet des ressources que vous mettez en œuvre pour ledétruire. Oh! combien de fois ne peut-il pas arriver que vous vous irompiez el sur le mal et sur le remède, que vous
agissiez contre la nature qui veut guérir, et non
pas contre le mai dont vous vous êtes empressé de suspendre les progres ; et qu'est-ce alors que Part de la médecine pour l’homme qui a le plus de génie, qu’est-il autre chose que l’art d’assembler assez souvent, si vous le voulez, d’heureuses conjectures! Mais, dans les mains de l’homme qui n’a point de génie , dans les mains de cette foule d'hommes médiocres qui le pratiquent chaque jour avec tant d’effronterie dans la société, qu’est-il ? Quand vous mesurez ses ravages, n'êtes-vous pas tenté cent fois de le regarder comme le droit funeste de dicter des proscriptions et d'exercer des vengeances.
» MM. les savans et surtout les médecins sont opposés au magnétisme animal, ils le traitent avec mépris, cela n’est pas très-moral, mais cela est très-naturel. Le champ des sciences ressemble au sol de la Sicile qui ne doit sa fertilité qu'aux agilations du volcan qui brûle dans son sein , il faut qu’à de certaines époques, ce champ se bouleverse sous les pas de ceux qui le cultivent, il faut que le génie, comme l’Etna, travaille puissamment et parmi des secousses profondes , les germes que ce champ recèle, et que, pour le parer d’une fécondité nouvelle, il sème pendant quelques instans sur sa surface désolée le dé-
sordre et la tempête. Mais les pâtres de la Sicile voient-ils sans murmurer leurs paisibles demeures ravagées, leurs riches moissons envahies par les torrens enflammés; et quand un homme de génie vient ébranler dans le champ des sciences une masse d'idées, je le répète , pourquoi veuion que les hommes qui vivent eu repos sur cette masse , demeurent spectateurs indifférens ‘du bouleversement qu’il produit ?
Pourquoi veut-on qu’ils contemplent d’un œil sec leurs masures philosophiques chancelantes ? Pourquoi verraient-ils avec indifférence la terre qui les a nourris, après diverses agitations, se couvrir tout-à-coup de plantes inconnues, qui ne peuvent devenir leur pâture ? Sans doute on ne résiste pas plus au génie qu’à la nature : tous les deux sont puissans comme la nécessité; mais si ces hommes croient avoir un moyen d'arrêter le génie, quelque soit cemoyen, excusés par Finstinct de leur conservation, pourquoi craindraient-ils d'en faire usage , eston jamais coupable en défendant ses foyers ? »
Vous, messieurs, qui n'avez point d'intérêts de corps, vous vous livrerez à l'étude du magnétisme car ce n’est pas seulement comme phéno-
mène curieux que le magnétisme s'offre à nous
et réclame notre attention c'est comme'moyen de guérison, comme principe d'existence. En effet, sous son empire, tout parait se revivifier, les sens reprennent leurs fonctions et la naturesemble se renouveler. Nous vous avons déjà fait remarquer que ses divers effets modifiaient d’une manière remarquable notre organisation et changeaient parfois les symptômes qui caractérisent la lésion de nos organes, de mémorables exemples nous apprennent ce qu'on en a obtenu de bien, des guérisons inespérées ont eu lieu, c’est envain que l’on chercherait à les contester, quand les antagonistes du magnétisme en conviennent eux-mêmes. Nous pouvons donc espérer que l'action de ce nouvel agent, mieux connu, rendra son application plus facile et plus sûre, et que lon évitera les dangers que je vous ai signalé.
Sans considérer le magnétisme comme une panacée nous devons cependant vous signaler tous ses avantages.
On trouve dans le rapport de l'Académie de médecine les réflexions suivantes. Le rapporteur après avoir cité desexpériences extrèmement curieuses faites sur deux malades; ajoute:
« Nous voyons, ‘dans cette observation, un » jeune homme, sujet depuis dix ans, à des at-
LA LA
Laques d’épilepsic pour lesquelles il à étésuccessivement traité à hôpital des enfans, à Saint- Louis, et exempté du service militaire. Le magnétisme agit sur lui quoiqu'il ignore complètement ce qu'on lui fait. Il devient somnambule. Les symptômes de sa maladie s’améliorent; les accès diminuent de fréquence ; les maux de tête, son .oppression, disparaissent sous l’influence du magnétisme, il se prescrit un traitement approprié à la nature de son mal,et dont il se promet sa guérison. Magnétise à son insu et de loin, il tombe en somnambulisme et en est retiré avec la même prompti-
tude que lorsqu'il était magnétisé de pres.
Enfin il indique avec une rare précision un et eux mois d'avance le jour et l'heure où il doit avoir un accès d’épilepsie, etc. »
M. Husson. vient de rapporter dans tous ses
détails l'histoire d’un somnambule, et dit : « Les.
conclusions à tirer de cette longue et curieuse: observation sont faciles. Elles découlent natu-: rellement de la simple exposition des faits que nous vous avons rapportés, et nous les établissons de la manière suivante: 1° un malade qu’une médecine rationelle faite par un des praticiens les plus distingués de la capitale
SG » n'a pu guérir de la paralysie, trouve sa guéri- » son dans lemploidu magnétisme et dans lexac- « titude avec laquelle on suit le traitement qu’il » s’est prescrit. — 2° Dans cet état ses facultés » sont naturellement augmentées. — 3° [1 nous » donne la preuve la plus irrécusable qu’il lit » ayant les yeux fermes.—/° Il prévoit l’époque » de sa guérison, et cette guérison arrive. »
IT a fallu beaucoup de courage au rapporteur pour venir avouer en pleine académie des faits d’une telle nature et pourtant ces faits sont la vérilé même.
Vous le savez, messieurs, la chirurgie a déja profité plusieurs fois d’un des singuliers états du somnambulisme ; l’insensibilité. Quelques opérations. ont été faites sur des somnambules.
M. Cloquet, chirurgien distingué, a pu faire une opération qui a duré 12 minutes et qui lui a permis d'enlever un sein cancereux sans que lopérée est ressentie la moindre douleur pendant l'opération.
M. Cloquet a renda compte de ce phénomène étonnant, à l’académie de médecine. Comme vous le pensez, de semblables assertions ont trouvé beaucoup d’incrédules mais cela n’altère en rien l’existence du fait matériel.
Vous savez encore, que M. Recamier a appliqué lui-même des moxas sur plusieurs individus dormant du sommeil magnétique et bien que ces moxas aient produit des escarres de dix-huit lignes de longüeur sur autant de largeur, les malades ne se réveillèrent point, et ne manifestèrent par aucun signe, la douleur qui devait en résulter. Vous savez que ces douleurs sont exirêémement vives.M. Recamier est convenu de ce fait au sein de l’académie, en déniant toutefoi l'utilité du magnétisme. Mais il n’est pas, heureusement pour le magnétisme , le seul juge de celle question.
Je dois vous rappeler encore ici, le fait non moins important que ceux que je viens de vous faire connaitre. L’épileptique ,endormi par ledocteur Frappart, et quia été plongé durantson sommeil, et d’après ces ordres, dans une cuve pleine d’eau à laglace,où il est resté un certain temps.Ce fait s’est passé dans un des premiers hôpitaux de Paris, au Val-de-Grâce, en présence du médecin en chef M. Broussais. et de plusieurs autres médecins , le même somnambule subit une Opérauon qui devait être encore plus douloureuse, car on lui appliqua ; toujours d’après ses ordres, un large cautère actuel au mollet ; ce qui a con-
iribué à sa guérison.
Messieurs, cet état si incompréhensible qui permet l'emploi de moyens si actifs, moyens que les plus courageux des hommes envisagent toujours avec une sorte d’effroi; cet état, dis-je, nous offre encore d’autres ressources.
Ce somnambule dont la peau ét les muscles, à une trés-grande profondeur , sont devenus insensibles, a cependant des perceptions cérébrales beaucoup plus actives que dans l’état de veille ; et si ces nerfs ne lui apportent plus rien du dehors, par une compensation libérale, la nature
a voulu que son intelligence s’en accrut.
C’est surtout daus cet état, où on connaît la sagesse infinie du créateur de toutes choses, l'être le moins favorisé des dons de lesprit possède souvent, à un degré bien supérieur, les moyens de pourvoir à sa conservation, et à celle des personnes mise en rapport avec lui. — Nous voyons se manifester dans cette espèce d’extase, des phénomènes moraux incompréhensibles, qui n'auraient point lieu dans l’état ordinaire.
Cet individu qui ne vit plus physiquement posséde une existence intellectuelle bien sur-
prenante ,il a des sensations qu’il ne nous est pas permis d’éprouver, ilsemble avoir le plein exer-
cice dün sixième sens qui lui permet d’apprécier le désordre qui existe dans ses organes et de trouver le moyen d’y rétablir lharmonie.
Bien qu’il se trompe quelquefois, les exemples où il juge sainement sont bien plus nombreux, et semblent justifier lempressement que certains magnétiseurs meitent à rechercher cette crise. Ces divers phénomènes, vrais dans tous les points feront, Messieurs, que vous accorderez quelque indulgence aux personnes qui, COnSidérant la découverte du magnétisme animal comme devant être la seule médecine ont répété ce que disait un ancien philosophe, S énèque , ad id sufficit, natura quod poscit.
La nature suffit à ce qu’elle demande.
Avant de terminer cette leçon, permettez-moi de vous faire connaître quelques faits de guérison pour vous convaincre dé la puissance da magnétisme employé comme moyen de traitement, vous allez reconnaître que les maladies les plus rebelles à la médecine ordinaire, peuvent être guéries par le magnétisme. La raison qui vous dit que vos soins peuvent être infructueux vous trompe souvent. — C’est pourquoi vous devez dans tous les cas possibles essayer l’em-
ploi du magnétisme persuadés que bien dirigés ,
il ne fera pas de mal , sil ne fait pas le bien que vous en attendez.
Voici un exemple frappant du faux jugement des hommes, et de l’inépuisable bonté de la nature, secondée par le magnétisme.
Caroline Baudoin, ägée de vingt ans, d’un tempérament lymphatique, passa sa première enfance à Genève; là , sa mauvaise constitution se développa davantage, soit par l’action du climat, soit par l'usage des mauvais alimens. Tout le système glanduleux sentreprit; la gorge , les seins, les aisselles, présentèrent des engorgemens d’une nature tout-à-fait scrofuleuse : plusieurs de ces engorgemens s'ouvrirent et donnérent issue à une suppuration abondante et sans cesse renaissante. On combattit cetté maladie avec les moyens les mieux indiqués. On réussit à fermer plusieurs de ces émonctoires ; mais d’autres engorgemens se formèrent et s’ouvrirent; un surtout, au bras gauche, intéressa les os et les chaires, de manière à nécessiter Vamputation du bras; elle fut résolue et pratiquée du consentement de la malade, qui, fatiguée de souffrir de cette énorme plaie, regardait comme un‘bienfait d’en être débarrassée.
Ce fut à l'hôpital Saint-Louis que cette opéra L'
tion fut pratiquée. Elle eut tout le succes possible : la cicatrisation eut lieu, un peu lentement cependant, et la malade put sortir de l’hôpiial, où elle avait passé plusieurs mois parfaitement traitée. Mais sa constitution infectée de scrofules, ne lui laissa aucun repos. Une plaie s’ouvrit au sein, et résistait aux traitemens les mieux indiqués. C'est dans cet état que je connus celte jeune fille qui, sans aucune fortune , était destinée à souffrir et mourir jeune dans un hôpital. Emu au récit de ses souffrances, je me décidai à lamagnétiser, plutôt par instinct que par conviction du bien que je pouvais lui faire; car je ne croyais point qu'il fut possible de guérir une maladie semblable.
Âu bout de trois minutes de magnélisaiion , elle s’endormit. Elle commença par me dire que si elle m’eût connu sept mois plus tôt, elle eût conservé son bras ; il y en avait trois qu'il était amputé: elle s’'indiqua des moyens de cicatrisation pour les plaies du bras et du sein , et ces moyens employés réussirent complètement. I!
restait à faire la chose la plus importante , changer sa constitution ou la modifier de telle manière que les accidens passés ne reparussent plus, et que ceux à venir fussent neutralisés. Le ma-
Ni
snétisme avait développé assez de lucidité pour permettre à cette personne de donner des conselis à d’autres malades, mais pas encore assez pour trouver des moyens de guérison pour elle-même. Un jour qu’elle s’occupait d’un maladeet paraissait irés-préoccupée de son rétablissement , elle interrompit cette consultation et me déclara que le 24 août, à neuf heures du soir, elle tomberait dans un état de sommeil profond qui durerait pendant trente heures : que ce sommeil serait trés-tranquille, si deux jours avant elle n’était point contrariée; que dans le cas opposé, élle seraittrès-agitée, et que par une envie inexplicable, elle chercherait à mordre ses chairs , qu’on eût à prendre les précautions nécessaires pour empêcher un si funeste penchant , et que la surveillance fût de tous les instans. Elle déclara que pendant cette crise de “trente heures, elle ne prendrait absolument rien , qu'elle n'aurait aucune évacuation, et que toute humeur sérofuleuse se rendrait aux intestins pour être ensuite évacuée par un devoiement,qui'durerait pendant douze heures ; elle assura que lon entendrait , pendant son sommeil un bruissement à l’épigastre, bruissement occasionné par le transport de l’humeur scrofuleuse. Elle prédit ensuite sa gué-
EM
rison parfaite et la cessation de son sommeil Iucide. Elle fit cette déclaration le r4fjuillet 1833. Je la lui fis répéter le 21 du même mois, devant quinze personnes qui dressèrent et signèrent un procès-verbal, apres avoir toute fois constaté l’état scrofuleux de cette fille, qui était on ne peut plus manifeste.
Dans l’intervalle qui nous était laissé, plusieurs personnes prirent connaissance de la déclaration et de l’état de la malade, et se promirent de vérifier un fait si étonnant de prévision.
Le 24 août, à 8 heures du soir, plusieurs personnes devaient se rendre directement chez la malade, au Petit-Carreau.
J'avais recommandé aux personnes qui devaient surveiller la malade , avant le développemententier desa crise , de la faire coucher une demi-heure avant, afin d'éviter avec le plus grand soin qu’elle füt tourmentée. Tout fut enfin exécuté ponctuellement. À 9 heures précises, nous nous rendons en grand nombre près de la malade. En arrivant, nous apprenons que son état de crise s’est développé seulement quelques minutes plutôt qu’elle ne l'avait prédit, mais qu’il était complet. Nous entrons dans la chambre, et nous trouvons celte pauvre fille, la face gonflée,
Peso
Ja langue sortie de la bouche et serrée et presque coupée par les dents ; une extrême raideur des membres et des mâchoires, qu’il eût été plus facile de briser que d'ouvrir. Après avoir magnétisé les masseters, de manière à faire cesser l’état de raideur des mâchoires; je fis rentrer la langue qui était déjà devenue noire, et qui fort heureusement n’avait été entamée que dans une petite partie. Personne ne s'était aperçu encore, qu'un doigt avait été non-seulement mordu, mais qu’il y avait perte de substance ; le morceau manquant avait été par elle avalé au commencement de son sommeil. La main fut pansée: il s’échappait de la plaie, non pas du sang, mais une grande quantité de lymphe rosée , ce que tout le monde put constater. La gravité de cette crise ne me permit pas de n’éloigner ; je restai pendant les trente heures près de la malade. Je n’eus qu’à me louer de ma détermination ; car, pendant plusieurs heures, elle fit des efforts inouis pour porter sa main à sa bouche et la remordre; elle ne put qu’atteindre le draps, et en enlever un morceau.
Tout ce passa comme elle l'avait prédit et je me félécitai de mon nouveau succes.
Encore d’autres exemples :
Une femme de quarante ans épuisée par d’an-
ciennes souffrances, ne pouvant plus faire un pas sans béquilles, décidée à faire essai du magnétisme, arrive à Paris en litière : elle met deux jours à faire quatorée lieues : plusieurs syncopes ont eu lieu pendant le trajet: magnétisée à son arrivée, elle tombe en somnambulisme , mais le sommeil ne présente point de lucidité. Les effets magnétiques que le magnétiseur développe sont d’une telle nature (1), qu’il ne craint pas d’annoncer que dans quelques jours, la malade marchera sans béquilles. Il invite la malade à venir à un jour fixe assister à une soirée dansante qu'il donne dans sa maison : le doute de la malade et des assistans n’effraie point le magnétiseur ; il prévient au contraire beaucoup de monde pour reconnaitre et constater son annonce, et le triomphe du magnétisme. La malade est magnétisée tous les jours, le matin; et tous les jours, on peul constater un nouveau progrès; au onzième jour, elle commence à faire quelques pas, soutenue sous les bras seulement, et aban-
(1) Pour celui qui aurait vu galvaniser un cadavre, les effets eussent été les mêmes. La malade, d’une maigreur et d’une pâleur extrême, immobile avant la magnétisation, était tout-à-coup remuée avec violence, et retombait dans son immobilité, à l'instant où cessait la magnétisation
donne ses béquilles : Le dix-septième, elle vient à la soirée du magnétiseur, elle monte l'escalier seule, se promène et reste jusqu’à une heure du maun, rentre chez elle, sans avoir éprouvé d'autre fatigue que celle qu'aurait ressentie une personne bien portante.
Après de tels faits, quel médecin pourrait dédaigner un auxiliaire si puissant, lorsqu'il ne lui faut qu’un travail consciencieux,pour apprendre ce qu'il en peut tirer d'avantages?
Mademoiselle Lacour, tille d’un commission naire au Mont-de-Piété, demeurant à Paris, cour des Fermes, jeune personne de dix-huit ans, malade depuis cinq ans et dei, après avoir au commencement de sa maladie, éprouvé quelques améliorations par lPemploi de divers trallemens , cesse tout-à-coup apres une chûüte, de pouvoir marcher: une luxation du fémur, parfaitement caractérisée, survient. Des médecins habiles sont appelés, les moyens indiqués par eux sont employés sans succès. Ces médecins annoncent que Ja maladie à un caractére scrofuleux , ce qui la rend tout-à-fait incurable. Cette déclaration est faite aux parens de la malade.M.Dupuytren confirme cette déclara-
UOn, et conseille Pamputation de la jambe : on
essaye encore cependant l'emploi des moxas, conseillé par M. Broussais : la malade ne va pas mieux. On parle du magnétisme , comme moyen douteux , mais le seul qui restait à essayer. On me demande si je veux en faire l'emploi : je m’y refuse d’abord, pensant que la maladie était trop grave , et devait être incurable ; pressé de nouveau , je cède aux sollicitations : je me rends chez la malade, qui ignorait absolument ce que c'était que le magnétisme. Après cinq minutes de magnétisation, elle s'endort : je l’interroge ; elle déclare devant plusieurs personnes qu’elle marchera le 25 juillet à midi, sans béquilles, et sans boiter , et qu’elle n'aura jamais de rechüte : elle demande seulement à être magnétisée pendant quinze jours de suite ; puis de deux jours lun, jusqu’au jour indiqué. Nous en étions a cinq semaines ; je me conforme entièrement à son indication: j'engage plusieurs médecins à suivre sontraitement. Douze’ de mesélèves lexaminent aitentivement, et s’y rendent plusieurs fois par semaines. Le temps prédit arrive ; toute la famille, qu'une maladie si affreuse affligeait cruellement, ne peut croire à un rétablissement si prochain; ce serait un miracle, et per-
sonne ne croit plus aux miracles ; mais, moi,
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j'étais bien certain que la malade marcherait. Les effets produits par le magnétisme étaient manifestes pendant chaque séance ; une sueur trèsabondante et gluante, venait avertir que les articulations se nettoyaient de l'humeur qui les obstruait ; la peau avait changé de teinte; les forces reparaissaient aussi; les digestions étaient redevenues bonnes; il n’y avait plus que la jambe malade, qui d’abord plus grande que l'autre, et ensuite plus courte, qui présentät encore un raccourcissement assez sensible. Le 24 , la malade affirme de nouveau, que le lendemain elle marchera à midi , sans béquilles et sans boiter. Il y avait alors six mois qu'on ne l'avait levée, et cinq ans et demi qu’elle était malade ; le 25, à onze heures et demie, je vais chez elle : tout l’appartement était envahi par une foule de personnes venues pour être témoins d'une guérison presque sans exemple ; lincrédulité est peinte sur toutes les figures: on me taxe d’enthousiaste, de jeune homme ; chacun croit qu’une mystification m'attend. J'avoue que tous ces discours avaient porté dans mon âme un trouble inexprimable; une sueur froide coulait de mon front; j'étais pâle et tremblant; et ce-
pendant , quelque chose me disait que dans un
instant J’ailais recueillir le prix de mes peines, et que ma foi aux prévisions somnambuliques , éprouvée par un grand nombre de prédictions ” toutes réalisées, allait être encore justifiée. À midi précis, je m’approche de la malade; elle était dans son lit, habillée; je la magnétise devant tout le monde. Lorsqu'elle fut endormie, je lui rappelle sa promesse, je la somme de la tenir: je lui commande avec force de se lever et de marcher : elle sort du lit, lentement, et pose ses pieds à terre, pour qu’on lui mette des souliers. La foule immobile fixe ses yeux sur Ja jeune fille et sur moi; et reste muette, impressionnée par un spectacle si nouveau! À un signe de ma volonté, on s’écarte pour ouvrir un passage ; Je commande de nouveau à la malade de marcher ; elle tâte d’abord le sol avec son pied malade ; elle semble mal assurée ; fait un pas , se recueille, et enfin avance jusqu’à lPextrémité de Pappartement, sans être soutenue, ni appuyée sur personne. Elle revient à son lit; chacun la suit: je la réveille brusquement et lui dit de marcher; ce qu’elle ne sait pas encore avoir fait ; elle tâtonne denouveau lesol, et marcheavec la même bésitalion ; mais bientôt, prenant de l'assurance,
elle fait plusieurs fois le tour de l'appartement.