‹ Cours de magnétisme animalChapitre 31 sur 44 · LE · texte numérisé non relu

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« L'âme de l’homme est, dans son esprit, ce que l'œil est dans son corps; tous les deux voient ;* l’une les choses intelligibles et compréhensibles, l’autre les choses sensibles ; et la raison le veut sanscontradiction.»

« L'homme doit être l’objet de sa propre observation C’est la plus grande et la plus sublime étude qu’il puisse faire: mais, pour arriver à ce haut degré de la science , il faut qu’il se sépare de lui-même; c’est-à-dire que l'être intellectuel domine tellement l'être extérieur , qu’il puisse le juger comme sil lui était aussi étranger que tous ceux qui l'entourent dans l’ordre matériel. »

COURS

DE

MAQGNBRISNE AMAR.

Messieurs ,

Dans la dernière séance, je vous ai annoncé que je vous ferais aujourd’hui l'historique des divers systèmes qui avaient été établis pour rendre raison des effets particuliers résultants de l'emploi de ce qu’on appelle le magnétisme animal; et qu’ensuite je vous entretiendrais de l’état actuel du magnétisme en France,

Il m’entre pas dans mon plan de rechercher les premières traces de la manifestation du pouvoir que nous croyons aujourd’hui exister en nous. Ce pouvoir a dû nécessairement se maniiester dans tous les temps, s’il est, comme nous le

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pensons, le produit de notre organisation physique. |

Il ne faut, en effet, que jeter un coup d’œil sérieux sur l’histoire des divers peuples de l’antiquité, leurs mœurs, leurs opinions, leurs nombreuses religions, et leurs saperstitions, etc., pour s'assurer que le magnétisme. a été connu de tous temps, et pour trouver de nombreuses traces de son existence.

La puissance de cet agent allernativement oubliée et retrouvée, recherchée d'âge en âge, a été l’objet des travaux d’une foule de philosophes: on sait quel pouvoir les anciens accordaient à certaines pratiques.

L'usage des amulettes, abus du magnétisme que les magnétiseurs font revivre aujourd’hui parmi nous, rattache l’époque actuelle aux premiers temps. On les retrouve chez tous les anciens peuples : les palladiums, les pénates, ne furent dans l’origine que des amulettes.

Les prêtres des anciennes religions étaient médecins; ils avaient étudié plus particulièrement Ja nature, dontils célébraient l’auteur. C'est avec les connaissances qu’ils avaient acquises dans cette étude, que les mages, les hiérophantes, les

bramines, les gymnosophistes, les druides, ete.,

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etc, ces compagnies si révérées dans l’antiquité et surtout dans l'Orient, dont les chefs étaient à la fois prêtres et rois, qu’ils parvinrent à opérer des phénomènes si extraordinaires, en employant des verges, des bâtons, des flèches; c’est à l’aide de ces connaissances,qu’ils faisaient éprouver des sensations fortes, on occasionnaient des douleurs, qu'ils se vantaient de guérir et guérissaient des maladies par un simple attouchement, une simple direction de la main, un simple regard; en un mot, qu'ils produisaient tant d’effets merveilleux si célébres dans l’histoire, auxquels on ne croit pas aujourd’hui, parce qu’on en a oublié l’origine, parce qu’on en ignore la cause, et parce qu'on juge mal à propos, qu’ils ne sont appuyés que sur l'ignorance, la crédulité, la superstition, etc. La fourberie devint un moyen tout simple d'expliquer ce qu’on ne connaissait pas; le magnétisme passa pour une Inveniion superstitieuse, comme si la superstition inventait quelques choses.

C’est pour n'avoir pas vu que le magnétisme avait été la médecine primitive, qu’on a traité de fables les guérisons qui s’opéraient dans les temples des dieux.

N’allait-on pas dans celui de Sérapis, recouvrer

le sommeil; n’allait-on pas dans le temple d’Esculape (r) chercher la guérison; n’y éprouvait-on pas des crises, des convulsions, et divers autres symptômes, mêmes sans avoir été touché; n’en sortait-on pas très-souvent. soulagé ou guéri ? Cependant on n’y prenait pas de remèdes.

On pourrait citer un grand nombre de ces faits. L'histoire en est remplie.

Pline le jeune rapporte que de son temps on s’occupait beaucoup de leurs recherches.

Apollonius de Thyane, fameux par ses prétendus miracles, se servait de talisman. Ces talismans avaient la réputation de guérir de lépilepsie. |

Périclès, suivant Plutarque, portait une amuleite ; Gallien (2), lui-même, le prince de la médecine, guérit dit-on des épileptiques en leurs atta-

(1) « Esculape fut le Dieu de la médecine , et estoit principalement adoré en Epidaure, ville de la Grèce , laquelle, à cause du temple de ce Dieu, fut en grande estime, ainsi qu’escrit Solin: car, qui cherchoit remède à quelques maladies, alloit dormir en iceluy, et entendoit en songe

e qui lui convenoit faire pour guérir. »

(2) Gallien avouait qu’il devait une grande partie de son

expérience aux lumières qui lui étaient venues en songes.

chant au cou des racines de péone: les cures qu’il opéra par des applications magnétiques, le firent passer pour magicien, et le contraignirent de sortir de Rome.

Un respect de reconnaissance pour ces figures muettes,à cause de la vertu qu’on leur supposait, les érigea peu à peu en divinités tutélaires; et la superstition, toujours inconséquente parce qu’elle marche dans les ténébres, étendit la vertu de toutes ces choses à des objets ridicules, et on les condamna comme dangereux. C'est ainsi, qu’au rapport de Spartien, on punissait ceux qui en.

portaient au cou (1).

(1) À cette époque, les malheureux magnétiseurs, guérisseurs, ou sorciers, comme on le voudra, courraient de grands risques, s’ils n'avaient pas la prudence de cacher leurs facultés.

Ammien Marcellin nous apprend : « Que l’empereur » Valens fit mourir une vieille femme qui avait coutume, » en prononçant quelques mots innocens, de guérir les » fièvres intermitentes. On l'avait mandée , à la connais- » sance même de Valens , pour guérir la propre fille de » cet empereur. Cette femme simple rendit effectivement ». la santé à cette fille; et pour récompense , l’empereur la « fit mettre à mort, comme coupable et criminelle. »

Précieuses lumières de l'esprit, s’écrie Ammien Mar-

ere

Le concile de Laodicée,tenu dans le quatrième siècle, défendit, aussi, l’usage des amulettes, sous peine d’excommunication. Cette défense, étendue aux anneaux, fut repétée par les conciles de Rome, en 712, de Milan, en 1565, et de Tours, en 1583.

Par quel préjugé la médecine a-t-elle été long-temps pratiquée par divination, par ircantation, par imposition des mains! On menait le pauvre à la porte du temple; le riche était introduit sous ies parvis, sans doute, pour y être traité avec plus de soin. |

L'habitude de masser s’est conservée dans l'Inde; l’habileté des brames à soulager et même guérir les malades par attouchement, paraît avérée, soil qu'ils agissent par tradition et sans principes, soit que les européens, ce qui est aussi vraisemblable , n’aient pas eu l'adresse ou le discernement de leur dérober une science importante. |

L'Inde, créatrice de nos institutions et de nos arts, qui a vu toutes les nationstributaires de ses

cellin , vous que le ciel accorde à ceux qu’il aime, quels

abus n’auriez-vous pas prévenus , si vouseussiez pu pénétrer dans ces temps ténébreux.

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