‹ Cours de magnétisme animalChapitre 42 sur 44 · TES · texte numérisé non relu

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lier pour consulter les médecins sur une affection hystérique accompagnée de catalepsie, donna l'exemple d’un phénomène étrange. Elle éprouvait, pendant tonte la durée de ses attaques , une telle concentration de la sensibilité vers le région précordiale, que les organes des sens y étaient comme entièrement fixés ; elle rapportait à l’estomac toutes les sensations de la vue , de louïe , de Podorat , qui ne se produisait plus alors dans les organes accoutumés. Ce phénomene rare, observé ehez une personne bien digne d’intéresser, fut un objet d'attention pour les médecins , et de curiosité pour le public.

» Je ne me dissimule point, poursuit M. Delpit, que les faits de ce genre, en opposition avec toutes les lois connues de la nature, ne doivent point obtenir sans difficulté ni sans restriction , l’assentiment des esprits sages qui craignent d’être abusés ; mais si l’on multiplie les observations à cet égard , si l'on constate avec scrupule les moindres circonstances de chaque observation, il faudra bien reconnaître la possibilité d’un phénomène qui ne semble

peut-être aussi merveilleux que faute par nous

5 d'avoir heaucoup de faits auxquels uous puis- » sions le comparer. » | |

Ces faits sont récens, et ils sont d’une telle nature, qu'il n’était pas possible de se tromper. Voilà des témoignages rendus par des auteurs vivans et au-dessus de tout soupçon d’imposture.

On serait fort embarrassé de trouver les motifs de semblables assertions si les faits n’eussent pas été évidens. D'ailleurs, ils se renouvellent à chaque instant. Voici une observation publiée dans la Gazette de Santé de septembre 1820.

Ecoutez ce que dit le journaliste :

« Magnétisme animal. —Il y a en ce moment, dans les salles de M. Fouquier , une malade chez laquelle le magnétisme a développé des phénomènes curieux et quelquefois incroyables. Sans nous ranger parmi les amis du merveilleux, il est de notre devoir de tenir compte des faits quand ils sont authentiques Or, ceux que nous allons rapporter, ayant été observés par un grand nombre de personnes à la fois, nous croyons pouvoir les offrir à nos lecteurs comme dignes

de toute leur confiance.

» La nommée Pétronille Leclerc, âgée de 26 ans,

ouvrière en linge, élait entrée à la Charité, pour se faire traiter d’une affection cérébrale spasmodique; épileptiforme, d’une constitution très-nerveuse, pâle, épuisée par d'anciennes souffrances excessivement irritable, elle avait éprouvé , à la suite d'accés de colère , un renversement en haut des globes oculaires, qui avait résisté à toutes les médications ; il vient à M. Sbire , qui la pensait, l’idée d'essayer l'emploi du magnétisme, il en fit la première application le 29 août dernier, la répéta plusieurs fois depuis : voici les circonstances les plus remarquables qui ont été notées , et dont quelques unes se sont passées sous nos yeux.

» Dans la première séance, la somnambule donne plusieurs preuves de lucidité. La personne qui l'avait magnétisée lui présenta quelques objets, teis qu'un flacon rempli, du sucre, du pain, qu’elle caractérisa parfaitement sans les voir, elle avait un bandeau sur les yeux: d’ailleurs, pour répondre aux questions qui lui étaient adressées, elle se tournait du côté opposé , et s’enfonçait le visage profondément dans son oreiller. Sans être interrogée, elle dit à la même personne qui lui tenait la main : vous avez une

douleur de téte, le fait était réel; mais pour

Ne

éprouver son embarras, l’éléve lui répondit qu’elle se trompait ; voila qui est singulier, reprit-elle, j'ai touché alors quelqu'un qui avait une douleur de tête, car je lai bien senti. Elle distingua encore différens individus présens à l'expérience, par quelques particularités de leurs vêtemens. Une des circonstances les plus remarquables est celle-ci: le magnétiseur s'était retiré en lui promettant de revenir vers cinq heures et demie pour la réveiller. Il devança l'heure de son retour, la somnambule lui fit observer qu’il n’était pas cinq heures et demie; ce dernier lui répondit qu’une lettre qu’il venait de recevoir l'avait forcé de revenir auprès d’elle. 4h! où, reprit-elie sur le champ , c'est cette lettre que vous avez dans votre portefeuille, entre une carte bleue et une carte jaune; le fait se trouva de la plus grande exactitude.

» On lui plaça une montre derrière F’occiput, et on lui demanda l'heure , quatre heures six minutes, il était quatre heures sept minutes. »

Le numéro 17 du même journal contient une note où on raconte que la même malade à eu, comme elle l'avait prédit, nn inflammation assez intense de la bouche et de l’arriére bouche avec

salivation, elle a été accompagnée de constipa-

Uon, ainsi que la somnambule l'avait annoncé.

Ces assertions feront beaucou p d'effet sur vous, Messieurs, lorsque vous saurez que les rédacteurs de ce journal furent long-temps opposés au magnétisme ; les magnétiseurs n'étaient rien moins, à leurs yeux, que des empoisonneurs.

Voici un autre extrait de /a Gazette Médicale de Paris, 2 ociobre 1832.

« On observe en ce moment, à l'hôpital Della- Vitta de Bologne, un phénomène de magnétisme animal fort extraordinaire. Il se trouve dans cet hôpital un malade qui, de trois jours en trois jours , est attaqué, à onze heures précises du matin , d’une convulsion tellement forte ; qu’il perd entièrement la faculté de percevoir des sensations : la vue, l’ouie, l’odorat, disparaissent complétement ; les organes des sens ne font plus aucune fonctions ; les deux mains se ferment si étroitement qu'il est impossible de les ouvrir ; en employant la force, on briserait infailliblement les doigts. Cependant le docteur Cini, fils du peintre, qui lui donne des soins, a découvert, après de Jongues et attentives observations , que l’épigastre ; à la distance de deux doigts au-dessus de Pombilic, recevait, pendant

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la crise convulsive, toutes les perceptions des sens au point de les remplacer. Si l'on parle au malade en touchant l’'épigastre du bout du doigt , il répond, et si on le lui commande , il ouvre les mains de lui-même; si l’on place un corps sur l’épigastre , le malade en décrit la forme , l’odeur', la qualité, la couleur. Pendant le contact du doigt, la convulsion va en diminuant et semble disparaître; mais si l’on place le doigt sur le cœur , la convulsion se reproduit et dure aussi long-temps que le doigt conserve cette position. Si l’on joue de la flûte en touchant l'épigastre , le malade entend la musique, et lorsque , sans interrompre le jeu de l'instrument, le doigt quitte uu instant lépigasire pour se porter vers le cœur et revient immédiatement à l’épigastre , le malade demande pourquoi on cesse de jouer par intervalle.

» Les expériences ont été faites, dans les premiers jours de septembre, en présence des professeurs et des étudians: elles ont excité une

surprise extrême. »

J'ai, moi-même, vu et fait constater ce phénomène , et c’est surtout parmi les gens les plus éclairés que je prenais mes juges.

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Il ÿ à une année au plus, traitant unc malade somnambule, j'ai pu observer, pour la vingtième fois peut-être , le phénomène de la vision sans le secours des yeux. Une foule de personnes ont été témoins de cette singularité, car la malade se prêtait avec plaisir à ces sortes d'expériences. Get état de sommeil incompréhensible cessa au bout de quelque temps avec la maladie qui l’avait fait naître , et la relation entière du traitement et des SbEnénti nee chservés n’ont jamais été contredits.

Cette malade, traitée par d’habiles médecins de la capitale, notamment par M. Fouquier, ne fut guérie que par le magnétisme. Le sommeil avait lieu au bout de quelques minutes de ma-

gnétisation.

Voici comment, dans son somnambulisme , elle s’y prenait pour exercer son sens interne.

On appliquait sur son estomac ce qu’on voulait lui faire lire, en ayant soin de couvrir le papier avec la main. Bientôt son estomac se gonflait d’une manière sensible, et elle indiquait d’abord une lettre, puis une autre , et ainsi de suite jusqu’à la in; mais par une bizarrerie inconce-

De 428 Des vable, c’était toujours par la terminaison des mots que sa lecture avait commencé, et on était dbligé de les recomposer, mais toutes les lettres

et leur valeur étaient parfaitement exactes.

Elle assurait sentir, pendant cette opération , ia présence d’une boule dans son estomac qui la fatiguait beaucoup. Interrogée comment elle voyait , elle ne savait nous répondre ; ce n’était pour elle ni voir ni sentir, mais quelque chose

entre ces deux étais.

Elle portait elle-même , au centre épigastrique,

; Un jour, on lui remit une tabatière bien fer-

les objets qu'on lui donnait à percevoir.

mée : après l'avoir considérée avec attention, elle nous dit que cette tabatière contenait dans son intérieur un pelit papier très-petit. Tout le monde ignorait cette particularité , car la boîte n'avait pas encore été ouverte depuis sa sortie de chez le marchand, et la personne qui venait de J'acheter ne s'était nullement préparée à une expérience ; mais la somnambule, continuant son opération , dit qu’elle voyait quelque chose d’écrit sur ce petit papier , elle traça avec ses doigts

les chiffres 2 et 5; on ouvrit la boite, et on

mn trouva effectivement le papier, grand d’une ligne et demie, et dessus, les deux petits chiffres qu'elle avait assuré devoir s’y trouver (1).

Notre étonnement fut on ne peut plus grand , car celte expérience, dont le hasard seul était cause, était tout-à-fait concluante; pas un seul doute ne pouvait exister sur son résuitat.

Ce n’est pas seulement en France qu’on observe ce phénomène, mais partout où Pon s’occupe du magnétisme animal.

Dans un écrit irès-curieux, imprimé en Allemagne il y a quelques années, on trouve, sur la même faculté, des faits qui ne paraissent pas moins concluans ; et ces faits sont également attestés par de bons observateurs (1).

L'auteur de louvrage dont nous parlions, et

(1) « Croyez-vous que l’âme ne voie que par les yeux , » et qu'elle soit circonserite par la portée de nos regards? » Celui qui croirait de la sorte serait dans une grande » erreur. »

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