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j'entre, fort surpris de n’être suivi d'aucun de mes compagnons. On me fait asseoir, et M. le doyen commence par me demander si jai donné de l'argent pour me faire instruiré du magnétisme. Surpris encore e plus de cette question, je répondis, par respect, que M. Deslong ne prenait point d'argent ; qu'il ne recevait que des médecins pour observer et l'aider ; qu'il élait on ne peut plus honnête, modeste et complaisant, et que d'ailleurs la faculté ne lignorait pas.
» Je ne fatiguerai point le lecteur par le détail des autres questions. Je fus interrogé en criminel, et je me croyais transféré en la grande Ae de la Tournelle. On finit enfin par me présenter une formule à laquelle je ne crus pas devoir m'assujétir. Je ne voulus point signer, et répétai à la Faculté, pour lui prouver mon zéle et ma soumission, que je n'avais pas encore trouvé dans cette methode un degré d'utilité suffisant pour lui en rendre compte, que j'y avais observé quelques effets pouvant être attribués à l’action de la chaleur d’un homme sain, sur un infirme; qu’il fallait, pour magnétiser les malades dans leur lit,
beaucoup de courage, de force et de santé, etc,
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« Je sortis, un autre me succéda.»
Voici qu'elle était la formule qu’on voulait faire signer à chaque docteur régent :
Aucun docteur ne se déclarera partisan du magnétisme animal, ni par ses écrits ni par. sa pratique, sous peine d’étre rayé du tableau des docteurs regens.
Cet arrêté est du 27 août 1784.
Vous le voyez, messieurs , il est aisé de vous démontrer que les corps savans n’ont jamais suivi d'autre système que dé combattre aveuglément tout ce qui était vrai, tout ce qui était utile; je pourrais, à l'appui de cette assertion, vous citer l'exemple si connu de Ga4 lee persécuté pour avoir mis en évidence le vrai système des cieux ; celui de Christophe Colomb, annonçant en vain le nouveau monde ; celui de Harvey, démontrant pendant trente années la circulation du sang, sans pouvoir y faire croire. Plus tard on a vu combien de temps la faculté de médecine a condamné la pratique du quinquina si précieux dans les fièvres intermittentes ; celle de lantimoine dort on fait un usage si fréquent aujourd’hui ; on sait qu’en 1636, après de longues discussions et d’inutiles efforts de la part des partisans du nouveau mé-
dicament, la Faculté flétrit et chassa de son sein un célèbre médecin, parce que ce médecin avait, contre sa défense, fait usage de lémétique réprouvé. Na-t-on pas, même de notre temps, vu l'inoculation proscrite par la même Faculté, qui, dans un décret de l’année 1745, latraita de meurtrière, de criminelle et de magique ?
C’est au milieu du dix-huitième siècle que la Faculté parlait ainsi de linoculation! non moins animée alors contre les inoculateurs qu’elle ne l'a été depuis contre les magnétiseurs, elle les appelait bourreaux et imposteurs, et donnait aux inoculés la qualification de dupes et d’imbéciles.
Tant de vérités méconnues et persécutées devraient, ce me semble, nous rendre plus circonspects et nous empécher de nier, sans examen, des faits attestés, quelqu'étranges qu’ils puissent nous paraître,
Mais ce n’est pas ainsi que nous procédons :
« L'expérience des siècles passés est perdu pour » nous; ou du moins nous n’en tirons que des » instructions stériles , et qui ne nous servent » plus de rien, quand l’occasion se présente d’en » faire usage ; car telle est la nature de notre es-
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prit, que les choses qui nous paraissent les plus » claires, quand nous les considérons en elles-
» mêmes et d’une manière générale, nous ne sa-
yons plus en faire application dans les cas
particuliers, quand nous sommes égarés par
nos préjugés el nos préventions. »