VIF' LEÇON
Il nous reste encore à parler du spiritisme, si divulgué de nos jours. Il appartient, selon moi, à l’ordre des phénomènes magnétiques, et me semble former le dernier anneau de la grande chaîne mystérieuse qui établit la communication entre les êtres spirituels.
Les phénomènes du spiritisme ont une telle analogie avec ceux du magnétisme humain, qu’ils semblent découler de la même source, suivre la même loi. Mais si les phénomènes se ressemblent entre eux, si l’agent mis en jeu est le
même, on ne peut pourtant nier que les causes ne soient différentes. Tous les effets magnétiques peuvent se produire par la volonté consciente de l’opérateur, tandis que les effets spirites résultent, il est vrai plus ou moins, d’un désir ardent de notre part, mais se manifestent d’une manière si étrange, si capricieuse et tout à fait indépendante de notre volonté, que nous sommes forcés de reconnaître et d’admettre l’influence d’une force intelligente qui échappe entièrement à notre perception. Voilà pourquoi on a cru devoir attribuer aux esprits invisibles ces productions connues sous le nom de spiritisme. — Telle est, au moins, la croyance des spirites qui s’occupent de Tétude de ces merveilleuses apparitions.
Avant d’aller plus loin, je trouve nécessaire de vous expliquer ce qu’est le spiritisme, ce que sont les spirites.
Permettez-moi de supposer pour un moment
que vous n’en savez rien. Tâchez seulement de suivre avec attention ce que je vous dirai; sans cela j’aurai parlé en vain, — Si j’ai eu de la peine à vous expliquer imparfaitement le magnétisme humain, qui est pourtant une force qui réside en nous, et qui ohéit évidemment à notre volonté avec ordre et précision, comment pourrai-je vous expliquer d’une manière intelligible le spiritisme pour lequel n’existent et n’existeront peut-être jamais des expressions exactes. C’est que l’homme parviendra difficilement à trouver des mots qui expriment avec précision les sensations et les perceptions les plus élevées de son âme. Il vous faudra un ( ffort pour me comprendre, de même qu’il m’en faut un pour vous instruire; sans cela mon travail serait stérile et pourrait même vous induire en erreur. Nous abordons ici un ordre de phénomènes qui ont donné lieu aux interprétations les plus funestes. Des désordres graves en ont
été la suite, et, jusqu’à nos jours, ces phénomènes ont plutôt confondu qu’éclairé les chercheurs. — C’est qu’ils n’y étaient pas assez préparés.
Vous aurez tous, plus ou moins, entendu parler des tables tournantes, des coups mystérieux attribués aux esprits, des médiums écrivains et parlants, de mille étranges apparitions, de visions inexplicables, telles que les ont Home et beaucoup d’autres doués de la force de les provoquer, enfin de tant d’autres phénomènes rentrant dâns le même ordre, dont l’histoire et les traditions sont remplies. — Hé bien, tous ces merveilleux effets appartiennent au spiritisme — ils lui ont donné la vie. Ce n’est que dans notre siècle que tous ces phénomènes furent réunis sous la dénomination de spiritisme, et les spirites tâchèrent, en les étudiant, d’en former une science. Ils croient fermement que toutes ces manifestations sont produites par des esprits
auxquels ils attribuent la puissance d’influencer de cette manière les hommes et même les éléments. Voilà une doctrine qui n’a pas manqué de consoler mainte âme affligée, qui a relevé l’espérance et le courage de bon nombre de mortels torturés par le doute touchant l’immortalité de l’âme, mais qui, en même temps, à créé des erreurs et des abus infinis qui firent trébucher la balance du côté pernicieux.
Condamner une telle doctrine, ou l’adopter aveuglément jusque dans ses excentricités absurdes, sans un scrupuleux examerf, serait également reprochable. L’homme vraiment sage doit tout observer sans préoccupation, et ensuite s’approprier ce qu’il a trouvé vrai et bon, et rejeter ce qui appartient au mensonge ou à l’illusion.
Les effets merveilleux du spiritisme existent réellement, et il n’y a pas de doute que la cause ou la force qui les produit ne doive également
exister. De nombreux témoignages dignes de foi l’attestent, et je puis confirmer une telle vérité par ma propre observation. J’ai souvent assisté à des productions de ce genre dans les conditions morales les plus favorables. J’ai vu de mes yeux, j’ai entendu de mes oreilles. Il ne me reste aucun doute sur la réalité de ces effets, ou je devrais douter de tout ce que je vois et entends chaque jour. J’y ai sérieusement réfléchi. J’en ai cherché la cause inconnue et je crois que tous ceux qui pourront par l’expérience partager ma conviction, éprouveront le même besoin.
Ayant reconnu positivement que ces effets n’étaient produits par la volonté d’aucun des assistants, je fus obligé d’admettre qu’il y avait une cause occulte en jeu. Je vous transmets mes réflexions.
Chaque fois qu’un effet quelconque, insolite, 4ont nous ignorons la cause, se présente à notre
Vue, nous nous informons si quelqu un autour de nous pourrait nous en éclairer; nous comparons un tel effet avec d’autres effets analogues, nous cherchons dans l’histoire du passé si par hasard on en rencontrerait quelques notions, et, de cette manière, nous réussissons parfois à obtenir sinon un éclaircissement absolu, tout au moins à découvrir des traces qui nous servent de guide dans nos recherches. C’est ainsi que je m’y pris. — Partout je rencontrais les traces du spiritisme de nos jours. L’histoire sacrée et la profane, les traditions de tous les peuples et de tous les temps fourmillent défaits d’une parfaite analogie avec les étonnants effets spirites, qu’à tout moment il nous est facile de produire par l’expérimentation. Je me dis alors : il y a là un fond de vérité, tout n’est donc pas absurde, chimérique, et, redoublant de zèle dans mes recherches, je repassais l’histoire, j’examinais de nouveau les causes, les effets et leur en-
cliaînement mystérieux, et voici ma conclusion :
Au-dessous de l’homme, créature la plus parfaite sur ce globe, tout est progressivement ordonné, enchaîné, tout est soumis à la loi des réciprocités. Or, l’homme, s’il réfléchit un instant, ne pourra jamais se croire la créature la plus parfaite de l’univers; il doit, par conséquent, exister des êtres supérieurs à lui, des êtres qui échappent à la perception de nos sens imparfaits. L’ordre de progression et d’enchaînement qui règne au-dessous de nous, doit aussi exister au dessus, parce qu’enfin la création visible, selon moi, n’est que le reflet ou l’expression des forces supérieures invisibles — et la même loi doit régir le tout. Une fois cette vérité adoptée, je puis, rien que par la logique du raisonnement, arriver à la conviction que le monde invisible des esprits peut communiquer avec nous, agir sur le monde matériel visible, lors même qu’aucun fait
positif, saisissable, ne vient me le démontrer. Cela me suffit. La clé est trouvée, le reste se fera par l’étude, par l’exercice, par l’observation des faits, et peut-être l’homme pourra-t-il, après avoir longuement cherché, mille fois erré, réussir à'trouver un moyen plus sûr et plus facile de ■communiquer avec ce monde auquel, sciemment ou inconsciemment, il ne cesse d’aspirer.
Je m’arrête. J’aurais pu dire davantage, —j’ai peut-être trop dit. Que celui qui est courageux avance, mais sérieusement et avec prudence, car on ne plaisante pas impunément avec le spiritisme. Je puis vous l’affirmer par une amère expérience. Bien loin d’arrêter qui que ce soit dans la recherche même la plus hardie, je préfère, pour mon compte, travailler en attendant sur le terrain bien plus solide du magnétisme humain. —Il nous reste encore tellement ù apprendre ; le magnétisme nous offre un champ si infini, si positivement utile, que je ne l’aban-
donnerai pas pour me lancer dans des régions inconnues. — Si un avis de ma part peut avoir quelque valeur, je. vous conseillerai d’apprendre d’abord à marcher avec sagesse sur la terre, pour que votre ascension au ciel soit, en son temps, mieux assurée.
J’ai parlé du spiritisme parce que je le croyais de mon devoir. — N’acceptez rien sans réserve, sans scrupuleuse observation, mais ayez aussi soin de ne jamais nier l’existence d’une véritéj^ seulement parce que vous ne la connaissez pas, ou parce que vous ne pouvez pas la comprendre. — Vous éviterez ainsi bien des chutes douloureuses, tout en ne négligeant rien de ce qui pourrait couronner vos efforts de succès.
Vlir^ LEÇON
Après avoir passé en revue la plupart des phénomènes magnétiques connus et en avoir produit plusieurs assez intéressants et assez évidents dans nos séances, j’ai le droit de croire qu’il ne vous restera aucun doute sur la réalité de la force magnétique dans l’homme et de ses merveilleux effets.
Mais à quoi bon une telle conviction, si elle ne devait nous servir qu’à savoir employer cette force pour produire sur notre semblable des effets curieux au seul but de nous amuser? Je n’aurais
certes pas consacré ma vie et mes forces à une telle étude. Non, mon travail a une direction bien plus sérieuse; il tend, comme je vous l’ai dit dans nos séances antérieures, uniquement à vous faire connaître de quelle manière vous pourrez tirer profit du don précieux qui gît en vous. C’est une sage application de cette force au soulagement de nos souffrances physiques et morales que j’entends vous enseigner, pour qu’il puisse en résulter un grand bien général. — Le peu que je vous ai dit jusqu’ici, le peu que nous avons produit dans nos séances par l’action magnétique, n’avait d’autre but que d’engendrer en vous une conviction profonde qui donnerait vie . à une série infinie d’effets vraiment salutaires. J’espère donc avoir bien employé mon temps et mes forces.
Il me reste encore à compléter le programme de notre cours dans sa partie essentielle : l’application du magnétisme humain à la guérison
des maladies. Le thème est tellement vaste, infini, qu’on pourrait en parler pendant une vie entière sans Tépuiser; et cependant on peut en donner l’essence en deux mots.
Dieu a déposé en nous une force précieuse, qui obéit, soumise à une volonté bien déterminée. C’est la force dite magnétique, qui non-seulement détermine en nous tous les actes de notre propre vie, mais qui, lancée au dehors, va s’insinuer dans l’organisme de notre semblable pour y produire toutes les modifications dont il est capable, pourvu qu’elle n’y rencontre pas une disposition réactionnaire soutenue par une volonté décidément opposée à celle qui opère l’émission fiuidique. Cela admis, il est évident que ce même agent dirigé avec énergie sur notre frère malade ne manquera pas de produire des changements dans son état. Ainsi, vous réussirez soit à réchaulîer les parties refroidies, soit à dissiper en cTautres la chaleur excessive qui les
accable. Il vous sera facile d’exciter, de calmer, de fortifier et de produire mille autres modifications sur l’organisme malade, et soyez sûrs que toutes ces modifications, comprises ou non, tendent toujours à rétablir l’équilibre et l’harmonie d’où résultent la santé et le bien-être.
La portée de la force magnétique dans son application comme moyen thérapeutique est telle,
■ que je suis convaincu qu’à elle seule elle peut suffire, si les conditions sont favorables, à guérir tout ce qui est encore guérissable. C’est une conviction basée sur l’expérience.
Mon assertion doit vous sembler exagérée; mais comment voudriez-vous ou pourriez-vous en juger avant d’avoir étudié à fond le magnétisme humain? Veuillez donc, en attendant, croire à mes paroles. Lorsque vous aurez longuement travaillé dans ce champ, vous reconnaîtrez que je suis dans le vrai. Mais n’espérez pas avancer et arriver à une compréhension plus ' exacte de
la science magnétique sans faire des efforts de dévouement, sans posséder une persévérance à outrance dans le travail, sans être doués d’un esprit observateur. Ce n’est pas ce que les autres pourront vous enseigner, ni ce que vous verrez produire par eux, qui pourra vous convaincre profondément et vous éclairer, — non, si vous désirez connaître la vérité dans toute sa grandeur et jouir du bien qu’elle nous offre, il vous faut mettre la main à l’œuvre et travailler sans jamais vous lasser. A ce prix seulement vous serez initiés aux mystères de la vie.
Mais vous réclamez de moi des détails, vous attendez avec impatience que je vous parle enfin de la forme la plus convenable à appliquer au traitement des différentes maladies. — On en a déjà trop dit et écrit pour perpétuer l’erreur. Ce qui convient à l’iln ne va pas à l’autre. C’est l’esprit qui vivifie! — Commencez donc par la simple imposition des mains sur les par-
ties malades; soyez calmes, soyez bienveillants ; que votre cœur, touché par la douleur qui accable votre frère, s’échauffe du plus sincère amour,, et la forme sera trouvée.
Si j’évite de m’étendre sur la forme, c’est que j’y attache une importance secondaire, tandis que, selon moi, les effets supérieurs sont plutôt dus à une disposition heureuse du corps et de l’ame de celui qui opère, comme je l'ai clairement reconnu dans certains moments exceptionnels dans lesquels je produisais des guérisons instan-. tanées, en apparence miraculeuses, sans aucune forme extérieure. — Mais nous sommes malheureusement encore trop imparfaits pour nous passer de la forme. Je vous en dirai donc le peu que je crois utile et jusqu’à un certain point nécessaire.
Les deux parties du corps les plus influençables sont en général la tête et l’épigastre. — Or^ si vous dirigez l’action magnétique pendant ub
certain temps sur l’une ou sur l’autre de ces deux parties, le sujet actionné éprouvera progressivement une certaine gêne qui peut, si l’on pousse plus loin la magnétisation, sensiblement l’accabler. A la tête il éprouvera de la chaleur, une certaine lourdeur, plus tard de la somnolence; l’action sur l’épigastre produira sur lui de la chaleur et de l’étouffement. Vous n’avez alors qua faire des passes longitudinales du point chargé aux extrémités des bras ou des jambes, et tout disparaîtra ; vous aurez rétabli Téquilibre. Le même effet s’obtient en soufflant avec énergie sur les parties accablées ou en faisant des passes transversales que vous connaissez déjà.
Il semble donc que toutes ces modiflcations résultent du fluide dirigé et accumulé sur une partie quelconque, et de la'déviation de ce surcroît de fluide vers les extrémités. Mais l’important est de connaître le temps et la mesure et
de savoir lequel des deux procédés peut le mieux convenir au malade.
Quel maître pourra nous servir de guide dans nos recherches ? Les doctrines des hommes les plus versés dans la pratique du magnétisme humain, notre propre travail suivi d’une observation scrupuleuse et constante, — mais l’intuition surtout, cette intuition qui naît d’un amour sincère, désintéressé envers nos frères souffrants, nous servira de guide suprême dans notre œuvre de bien. — Voilà pourquoi je vous ai dit autrefois que l’amour, tel que notre divin Maître nous l’a enseigné par la parole et par l’exemple, pourrait le mieux nous indiquer la forme la plus convenable au traitement des malades.
Je pourrais vous citer une foule de méthodes, différentes entre elles, qui ont été pratiquées par les magnétistes les plus distingués; mais comme le temps nous est compté, et que d’ailleurs je n’y attache pas grande importance, je me bor-
nerai à vous signaler les procédés les plus généralement adoptés en dehors de l’imposition des mains et des passes dont je vous ai déjà parlé. Il y a, par exemple, deux modes d’insutdation qui bien souvent produisent de bons résultats. L’insufflation chaude appliquée à dés douleurs opiniâtres est souvent très-efficace. D’autre part, l’insufflation froide aux parties où il y a excessive affluence ou accumulation des fluides soulage en général le malade. Dans les douleurs rhumatismales, dans les cas où il y a stagnation locale des humeurs, les frictions magnétiques semblent agir très-favorablement. Les riiêmes effets s’obtiennent aussi par le massage qui consiste en une légère pression exercée par les pointes des doigts sur les membres souffrants. Ces procédés tendent à éveiller la vie, à animer la circulation dans les membres engourdis, et sont presque toujours suivis de succès. Pour soulager presque instantanément des douleurs aiguës, comme des né-
vralgies, des maux de dents, etc.,il existe une méthode particulière. C’est l’électroyama ; Vous prenez la paume de la main du malade entre votre pouce et votre index, en exerçant une légère pression ; vous promenez ensuite doucement et en cercle les pointes des doigts de l’autre main sur la partie douloureuse. Vous invitez votre malade à vous fixer dans les yeux. Dans ce moment vous concentrez votre volonté avec toute l’énergie dont vous disposez, dans l’intention bien déterminée de chasser la douleur. Le temps de l’action ne doit pas dépasser une à deux minutes, et si après cela votre malade n’éprouve aucun soulagement, vous répétez l’opération jusqu’à trois fois. Le succès est assez constant. Sur quatre malades j’en ai généralement guéri ou soulagé trois. Vous n’avez qu’à faire l’essai, l’occasion se présente assez souvent, et vous serez surpris des résultats que vous obtiendrez. Mais n’oubliez pas que le succès est en proportion di-
recte du degré d’énergie employée. L’indifférence ne produira jamais des effets bien remarquables.
Voilà l’énumération des procédés les plus connus et les plus généralement adoptés. — Or, je vous dirai encore que bien souvent, dans le traitement des malades, il arrive que la douleur, au lieu de céder à votre action, augmente d’intensité. Ne vous inquiétez pas; c’est un suprême effort que la nature, excitée par l’agent magnétique, fait pour éloigner ce qui l’empêchait de fonctionner régulièrement ; votre succès n’est que mieux assuré. Soutenez avec calme et énergie cet effort, et ne quittez pas, s’il est possible, votre malade avant que la crise n’ait cessé — votre présence lui sera d’une grande utilité.
Du reste, ceux qui désireraient connaître plus à fond le magnétisme humain pourront facilement être satisfaits par la lecture des nombreux ouvrages qui en parlent. Ils y trouveront des détails fort intéressants et la description d’une foule
de cures obtenues par ce moyen. Mais je vous conseille d’être prudents. N’acceptez rien sans examen, parce que trop souvent les hommes, dans leur ignorance des causes, ont mal interprété les faits ou les ont exagérés; d’autres, guidés par l’orgueil, ont établi de faux systèmes, ce qui a empêché le progrès de la vérité, et entraîné les crédules dans l’erreur. — En suivant mes conseils, vous pourrez lire tout ce qui a été écrit sur le magnétisme humain sans aucun danger. Cependant, je vous recommande surtout la lecture des ouvrages du baron Dupotet qui, selon moi, s’approche le plus de la vérité. De tous les écrivains que je connais, aucun n’a mieux approfondi, mieux compris le magnétisme humain. Vous y puiserez sans doute des connaissances d’une utilité positive.
Il nous reste encore à examiner quelles sont les conditions physiques et morales qui favorisent le mieux tout travail magnétique dirigé vers le bien.
Je serais bien heureux si je savais vous communiquer avec clarté et précision ce que je crois avoir compris, bien heureux si je possédais le don de vous faire comprendre ce que je sens, ce que je sais, bien heureux, dis-je, parce qu’alors mes paroles auraient la force de détruire tout doute et toute hésitation; — vous marcheriez hardiment dans les voies de la vérité. Mais qu’aije à espérer ? A mon imperfection se joint malheureusement le manque de compréhension chez la plupart de mes élèves, pour des vérités encore si peu connues. — N’importe! Je ne cesserai de proclamer à haute voix tout ce que j’ai reconnu être vrai et bon. — A chacun d’en profiter selon ses moyens !
La condition essentielle à toute production magnétique vraiment salutaire est, selon moi, l’harmonie. Sans harmonie jamais Faction magnétique ne produira des effets d’un ordre supérieur. Les forces qui se fuient ne peuvent se ren-
contrer pour coopérer uu même but. Voilà pourquoi celui qui voudrait secourir son semblable par l’action magnétique, s’il n’y rencontre pas des dispositions harmoniques, c’est-à-dire : la confiance, le désir, l’abandon, ne réussira qu’incomplètement. Il est vrai que le faible peut parfois être violenté par le fort, mais les effets produits par la violence n’égaleront jamais ceux qui naissent de l’harmonie; ceux-ci sont les seuls vraiment salutaires, tandis que les premiers troublent toujours le malade et dérangent par conséquent le travail réparateur de l’agent magnétique.
Après tout cela, vous comprendrez que sans réciprocité d’amour votre travail sera infructueux, et dans certains cas même pernicieux. — Dieu a donné à l’homme la liberté de violenter ses lois, de s’éloigner de l’ordre établi par Lui, et l’homme a, pour son malheur, trop souvent fait usage de ce fatal don — le désordre et la
souffrance en ont été le fruit. — Tâchons donc d’étudier la loi pour nous y conformer strictement dans notre travail magnétique, et nous apporterons partout l’ordre, l’harmonie, — le bienêtre.
J’en ai, je crois, assez dit pour vous faire comprendre que l’amour est une condition essentielle de la production d’effets magnétiques d’un ordre supérieur.
Mais qu’importe l’harmonie? diront quelquesuns. La force magnétique est un agent physique qui, suivant des lois physiques, produit des effets en dépit de toute influence spirituelle. Ce sera surtout l’objection de certains hommes qui, plus avancés dans les sciences, sont arrivés à reconnaître la non-existence de l’âme. Laissezles dire. Eux-mêmes ne pourront jamais croire sérieusement à leur consolante doctrine. —Pour nous, non-seulement l’âme existe, mais c’est ■elle qui anime et dirige l’admirable travail qui
se fait dans notre organisme, surtout si elle parvient à mieux reconnaître sa propre puissance et la loi d’après laquelle elle agit. — C’est ma conviction inébranlable, et je crois que la vie entière le démontre jusqu’à l’évidence.
Oh! lorsque le magnétisme humain sera connu dans son essence, lorsqu’il sera généralement adopté, le doute, source de nos plus cruelles souffrances, sera remplacé par une joyeuse certitude. L’homme cessera d’être rebelle à la vérité — une ère nouvelle, vraiment heureuse, aura principe et vie.
Nous n’assisterons pas à ce triomphe, mais sa seule prévision nous remplit d’une joie indéfinissable.
Chaque individu possède une activité intérieure dont un rayon se répand au dehors et se manifeste à nos sens par des exhalations tantôt agréables et bienfaisantes, tantôt dégoûtantes et même pernicieuses, en raison des qualités
typoïdiques de l’être ou des différents états dans lesquels il se trouve. — De la même manière que le parfum de la rose nous charme et que le pavot nous étourdit par son odeur, l’exhalation du corps sain nous est agréable, tandis que celle du corps malade est répugnante et peut même nous être très-nuisible. La même loi régit le tout. Ainsi l’homme bienveillant, calme et joyeux, répand autour de lui les dispositions qui le rendent heureux, tandis que l’homme agité par de basses passions produit par son approche une sensation de malaise. C’est que l’âme a aussi son rayonnement qui impressionne et modifie les êtres qu’il atteint.
Réfléchissez-y bien et vous comprendrez que dans les traitements des malades, les dispositions physiques et morales de celui qui opère jouent un rôle essentiel. Vous ne pourrez exercer une influence bienfaisante si vous ne vous trouvez pas dans des dispositions favorables. Voilà
la condition et la loi de toute réussite dans les traitements magnétiques des malades.
Celui qui est heureusement doué à ce double point de vue ne manquera jamais de produire de bons effets. Mais, pour exceller dans l’art de guérir, je crois que la prière est le moyen le plus puissant. Elle exalte l’âme dans la foi et dans l’amour et la rend capable de prodiges.
Les guérisseurs les plus remarquables de tous les temps nous démontrent à l’évidence cette vérité.
Imitons leur exemple et nous produirons des oeuvres miraculeuses.