MULTIPLICATION DES DÉTERMINANTS
70. Prenons d'abord deux déterminants P et Q de même ordre ou de môme degré n. Nous rapporterons le premier à la lettre {a), le second à la lettre {b)y et nous les écrirons de la manière suivante :
al
al
,.. al
bl
bl .
Nous nous proposons de trouver le produit PQ sous forme de déterminant.
Multiplions respectivement les éléments d'une ligne quelconque de P, désignée par i, par les éléments correspondants d'une ligne quelconque de Q désignée par k (nous voulons dire : le premier élément d'une ligne par le premier élément de l'aulre, le deuxième élément par le deuxième élément, et ainsi de suite).
En ajoutant les produits obtenus, nous aurons une expression de la forme
a} bl -h aï bl 4- a} bl que nous pourrons représenter par
ALGEBRE SUPÉRIEURE.
l'indice inférieur de la lettre (c) se rapportant au rang de la ligne considérée dans P, et Tindice supérieur au rang de la ligne considérée dans Q.
Comme il s'agit de deux déterminants du /!**"• ordre, nous pourrons former /l' quantités analogues à cf et constituer avec ces n^ quantités un déterminant du «>*"• ordre que nous appellerons R et qui sera
Rzr:
Le terme principal de R est
c\c\cl
Mais, d'une manière générale, on a, d'après ce qui précède,
en faisant varier Tindice supérieur e, simultanément pour at et bji-, depuis i jusqu'à n.
On peut donc écrire, sous cette condition,
( c}cîcî...c«-(2a?^î)(2aP6^)(2al6ï)...(2ai(.i)
les nombres a, (3, y, . . ., X devant varier simultanément pour ai et bi, a, et ô„ a^ et 63, . . ., a» et b^ depuis i jusqu'à n.
Pour former maintenant le déterminant R à Taide de son terme principal, il faut ajouter à ce terme tous ceux qu'on en déduit en laissant, par exemple, invariables les indices inférieurs des lettres (c) et en permutant leurs indices supérieurs (36,37).
C'est laisser en même temps invariables les lignes considérées dans P et permuter les lignes considérées dans Q.
Dans cette hypothèse, les deux indices des lettres (a) écrites dans le second membre de l'expression (i) demeurent invariables, tandis qu'on doit permuter les indices inférieurs des lettres (b), comme on permute les indices supérieurs des lettres (c) dans le premier membre de l'expression (i).
Il en résulte que le produit des lettres {b) représente alors
un certain déterminant, dont nous désignerons la valeur par Q', en posant (39)
et Ton aura (39)
(2) R = ±2a?a5aï...ai(Q').
Dans Q', les indices supérieurs conservent une position fixe, mais chacun d'eux doit recevoir d'une manière quelconque l'une des valeurs i, a, 3, ... n. Il y a donc autant de valeurs de Q' que d'assemblages possibles pour ces valeurs i, 2,
Or, pour tous ceux de ces assemblages qui rendront deux indices supérieurs des lettres (^) égaux entre eux, le déterminant Q' offrira deux colonnes identiques et sera égal à zéro (^7). 11 en sera donc de même du déterminant R, d'après l'équation (2).
Nous ne donnerons, par conséquent, aux nombres œ, (3, y, ..., X que des valeurs différentes choisies dans la suite I, 2, 3, . . ., n, et, par la permutation des indices inférieurs des lettres (6), ces valeurs différentes se trouveront en réalité choisies de toutes les manières possibles compatibles avec la non^nullité de Q'.
Mais, dans ce cas, le déterminant Q' obtenu n'est autre chose que le déterminant Q (36, 37), et l'on a aussi (39), les nombres a, (3, y, . . ., X devant recevoir les mêmes valeurs pour «1 et ^j, a, et ^j, a^ et 6„ . . . , a„ et 6^,
de sorte que l'équation (2) devient
(3) R = Q(±:i;a«afaî...ai)=PQ.
On peut donc énoncer ce théorème fondamental :
Le produit de deux déterminants de degré n est un déter-* minant de même degrés formé, comme nous l'avons indiqué, en prenant pour éléments les sommes des produits des termes qui se correspondent verticalement dans chaque ligne du premier déterminant comparée à chaque ligne du second,