PANTOMÈTRE OU ÉQUERRE GRAPHOMÈTRE. Z
d'obstacle qui gênent la vue clans beaucoup de directions. Ainsi on lève à la boussole les sentiers d'un bois, les détours et les galeries d'une mine. On se sert même exclusivement de la boussole dans ce dernier cas.
Les opérations se font plus vite avec la boussole, parce qu'on la met plus promptement en station que le graphomètre. On n'a pas non plus besoin de se placer au sommet d'un angle pour le déterminer; car on peut choisir sa station en un point quelconque de chaque côté pour en déterminer l'azimut.
81 . Pantomèîre ou éqv.crre graphomètre. On se sert encore pour mesurer les angles d'un instrument qui peut remp'acer à la fois Yéquerre, le graphomètre et la boussole. Cet instrument;, nommé pantomètre, ressemble par sa structure générale à une équerre d'arpenteur; un peu plus gros que l'équerre, il se compose de deux tambours cylindriques dont l'un inférieur B s'emmanche par une douille sur un bâton ou sur un pied à trois branches, et dont l'autre supérieur A peut tourner autour d'un axe qui lui est commun avec le premier. Le tambour fixe B se termine supérieurement par une couronne argentée divisée en 360 degrés; le tambour A se termine de même inférieurement par une couronne sur laquelle on a tracé un vernier d'une étendue de 29° partagée en 30 parties égales. L'approximation obtenue dans la mesure des angles est donc -^ de degré ou 2' (nos 52 et 53). Des pinnules semblables à celles de l'équerre sont percées dans le tambour supérieur dans deux directions perpendiculaires entre elles; la fente étroite de l'une de ces pinnules est située au-dessus du zéro du vernier. Deux pinnules semblables pratiquées dans le tambour inférieur B correspondent aux divisions 0° et 180° de l'a couronne.
Enfin le tambour mobile porte une boussole sur sa face supérieure.
Pour mener une perpendiculaire à une droite donnée en un point donné, on installe verticalement le pantomètre au point donné ; puis on fait tourner le tambour supérieur A jusqu'à ce que l'une des lignes de visée coïncide avec la droite donnée (V. n° 37). Visant ensuite par les deux autres pinnules du même tambour, on fait placer un jalon sur la direction visée.
Quand on veut mesurer un angle, on installe verticalement le pantomètre au sommet en dirigeant la ligne de visée du tambour fixe B suivant l'un des côtés de l'angle. Puis on fait tourner le cylindre mobile A jusqu'à ce que la ligne de visée qui correspond au zéro du vernier ait la direction de l'autre côté. L'angle se lit alors sur la couronne et sur le vernier, le nombre de degrés sur la couronne immédiatement avant le zéro du vernier dans le sens de la graduation, et le nombre des minutes sur le vernier à l'endroit de la coïncidence des traits. (Les traits du vernier sont numérotés 0, 2, À, 6, ..., jusqu'à 60).
Pour imprimer un mouvement doux au cylindre supérieur, on a disposé à l'intérieur une roue dentée qui engrène avec un pignon porté par une tige verticale traversant le cylindre inférieur de bas en haut. Cette tige est terminée inférieurement par un bouton T ; quand on fait tourner ce bouton avec la main, le tambour A tourne doucement. Ce mécanisme permet d'amener avec facilité et précision la ligne de visée du tambour A sur une droite donnée du terrain, soit qu'il- s'agisse de lui mener une perpendiculaire, soit qu'il s'agisse de mesurer l'angle qu'elle fait avec une autre ligne.
Le pantomètre peut donc remplacer avec avantage l'équerre dans les levés et dans l'arpentage, et le graphomètre pour mesurer les angles horizontalement.
82. Les notions précédentes suffisent pour lever un plan quelconque; car un levé, si compliqué qu'il soit, ne consiste que dans la répétition des opérations élémentaires que nous venons d'apprendre à effectuer avec les divers instruments. Il ne nous reste plus qu'à faire quelques applications, à traiter avec détail un certain nombre d'exemples pour donner au lecteur une idée de l'ensemble des opérations qui constituent un levé ordinaire, et de la manière dont ces opérations se suivent et s'enchaînent.