CONTRE LES TREILLIS SIMPLES
points ëqaidistants restent fixes dans la barre, sans môme qu'ils soient appelés à exercer un effort appréciable (§ i33).
D'ailleurs les barres du treillis ne sont pas assimilables à des pièces dont les deux extrémités sont libres de faire un angle quelconque avec la droite qui les joint l'une à l'autre, et suivant laquelle s'exerce l'effort de compression. Elles sont comme encastrées par leur rivure avec les pièces qui les rattachent aux bandes horizontales et à la paroi verticale à l'aplomb de la culée ; les montants verticaux maintiennent encore ces barres en divers points de leur longueur; de sorte que l'application du calcul est attaquable à ce nouveau point de vue, et doit conduire à des résultats trop élevés.
Enfin les deux systèmes de barres, rivés l'un à l'autre, forment en réalité un système unique, et ce qui se passe dans l'un d'eux a sur l'autre une influence nécessaire. Admettons pour un instant une flexion dans les barres comprimées ; cette flexion ne peut se produire qu'en entraînant une flexion pareille dans les barres étendues ; . or la flexion des barres étendues ne peut avoir lieu sans une augmentation du degré d'extension de ces barres, car nous devons admettre que les montants verticaux de la poutre s'opposent à toute variation de hauteur de la ferme (i). Ainsi le résultat nécessaire d'une flexion latérale du treillis, c'est l'augmentation des tensions dans toutes les barres du système étendu. Mais il y a toujours dans chaque section transversale db la poutre tendance vers l'équilibre entre Teffort tranchant, les tensions des barres étendues et les compressions des barres comprimées; si donc les tensions augmentent, comme l'effort tranchant reste toujours le même, et que d'ailleurs les directions des
(1) Les montants verticaux sont sortoot très utiles pour les ponts où la voie est au bas des fermes. Les constructeurs qui donnent de la raideur aux barres du treillis suppriment du même coup les montants verticaux ; mais alors la reparution des efforts exté* rieurs entre les diverses barres de treiUis n'est plus assurée d'une manière aussi égale; car la charge ne se transmet du tablier aux fermes qu'aux points d'attache de chaque pièce de pont: elle s'exerce done d'abord sur les barres de treillis qui abouUssent au droit des pièces de pont, et se transmet fort indirectement aux barres intermédiaires; U n'en est plus de même si la paroi évidée est renforcée par des montants vei'ticaui, rattachant pour ainsi dire chaque pièce de pont à toutes les barres issues des intervalles compris entre les pièces voisines. — D'autres constructeurs adoptent pour les barres de treillis successives l'écartement même des pièces de pont; ce qui conduit à nn treillis à mailles très larges, beaucoup plus usité aujourd'hui que les treillis à mailles serrées. La transmission des efforts an treillis n'exige plut alors de montants verUcaux.