‹ Cours de mécanique appliquée aux constructions (volume 2)Chapitre 475 sur 544 · DISCUSSION D*UNE OBJECTION · texte numérisé non relu

DISCUSSION D*UNE OBJECTION

forces ne subissent aucun changement appréciable, il faut bien que les compressions diminuent, c'est-à-dire que la flexion latérale diminue elle-même. La flexion, si elle est possible, est ainsi essentiellement limitée, puisque, dès qu'elle commence, l'excès de tension qui se développe dans les barres étendues vient soulager les barres comprimées, et prévient, par suite, l'augmentation de la flexion.

L'objection fisdte aux barres plates ne tient pas compte, en résumé, de la solidarité des deux systèmes de barres du treillis ; la rivure des barres qui se croisent suffirait pour la combattre. L'expérience, du reste, prouve que, dans les conditions ordinaires, les déviations latérales du treillis, s'il y en a, sont renfermées dans des limites extrêmement étroites. Les treillis sont souvent composés de barres qui s'infléchissent pour passer de part et d'autre de la feuille qui les rattache aux tables horizontales. Ce tracé est peu favorable, puisque la compression des barres d'un système tend à les courber davantage, tandis que l'extension des barres de l'autre système tend i les redresser ; mais le seul inconvénient qui en résulte pour la stabilité du pont, est la nécessité où l'on se trouve de renforcer les rivets qui unissent les deux systèmes. La résistance de la ferme n'en reçoit aucune espèce d'attente. Nous pensons donc que la substitution des fers à T, de cornières, ou de rails Barlow aux barres plates d'un treillis lattice, n'est pas indispensable. Le treillis douBle, autre solution destinée à prévenu- la flexion des barres, présente aussi un inconvénient assez grave, celui de la complication des assemblages. Un treillis simple, raidi par des montants verticaux qu'on utilise d'ailleurs pour le contreventement et l'entretoisement des fermes, et qui a l'avantage de répartir avec une grande uniformité les efforts entre toutes les barres, est peut-être encore la solution la plus satisfaisante du problème des ponts à grande portée, toutes les fois qu'on ne se résigne pas à l'emploi, plus économique des ponts à poutre pleine.

Dans tous les cas, ce qu'il faut, c'est ne pas demander aux barres un travail exagéré. Les ponts, c^mme on en voit, où la barre du treillis supporte plus de 6 kilogrammes par millimètre carré, et où

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