DÉTERMINATION DES CONSTANTES SPÉCIFIQUES
21. Les calculs de résistance exigent la connaissance d'un certain nombre de constantes spécifiques, qui dépendent de la nature des corps soumis à ces calculs. Il y en a quatre principales.
La première est le poids de Tunité de volume du corps, ou le poids spécifique; dans presque toutes les constructions, le poids de Touvrage est une des principales forces qu'il soit appelé à soutenir. 11^ arrive même quelquefois, pour les maçonneries par exemple, que le poids des surcharges accidentelles soit tout à fsdt négligeable par rapport au poids propre de l'ouvrage.
La seconde constante spécifique est le coefficient d'élasticité; c'est, comme nous l'avons vu, la valeur de la force ficlive d'extension capable de doubler la longueur d'une tige qui aurait partout une même section droite, égale à l'unité de surface.
La troisième constante spécifique est la limite d'élasticité; elle est donnée par la plus grande valeur de la tension ou de la pression ne produisant encore qu'une déformation passagère. Nous avons vu sous quelles réserves cette définition pouvait être admise.
La quatrième constante spécifique est la charge de rupture; c'est la plus petite tension ou la plus petite pression qui rompe le corps 00 qui l'écrase.
Ces constantes se détermineront pour chaque corps par une série d'expériences.
22, Poids spécifique. — La détermination du poids spécifique d'un corps est june des questions que l'on traite dans les cours de physique. Les expériences des ingénieurs ont un caractère moins rigoureux que celles des physiciens ; ils ont plutôt à chercher une limite supérieure que la valeur exacte du poids spécifique. On trouve dans les recueils de tables les poids spécifiques des principaux matériaux : fer, bois, fonte, pierres... Lorsque ces renseignements font défaut, par exemple lorsqu'on doit employer une pierre nouvelle et non encore soumise à l'expérience, l'ingénieur aura à déterminer lui-même le poids spécifique de cette matière ; pour cela il fera tailler une vingtaine de blocs parailélépipédiques de mêmes dimensions, et les fera peser tous ensemble, en les empilant en. tas sur le plateau de la balance de Quintenz. Le volume occupé par ces vingt morceaux pouvant être mesuré avec exactitude, et le poids étant connu par la pesée, une division donnera le poids de l'unité de volume.
Pour le fer et la fonte, il est d'usage de fixer dans les cahiers des charges la valeur du poids spécifique qui sera adopté pour les calculs des poids ; c'est au poids qu'on règle les comptes d'une entreprise d'ouvrage métallique ; or le métré se fait en mesurant les dimensions linéaires des différentes pièces qui figurent dîfns un tel ouvrage; il est donc nécessaire, au point de vue du règlement des comptes, de connaître le poids spécifique, et on le fixe d'avance pour éviter les discussions. On adopte ordinairement 7800 kilogrammes pour le poids du mètre cube de fer, et 7200 pour le poids du mètre cube de fonte.
Pour les bois, les pierres et les briques, qui se payent au volume et non au poids, le poids spécifique est seulement un élément des calculs de résistance, qu'on n'a pas à faire entrer dans les conditions des marchés.
23. Coefficientd! élasticité. — Il y a un grand nombre de problèmes de résistance où la connaissance du coefiicient d'élasticité n'est pas nécessaire. Considérons, par exemple, l'allongement d'une tige pris-