DES LIQUIDES
QD même niveau pendant toute la durée de chaque expérience. Les pressions développées aux divers points du tuyau, et la vitesse de l'écoulement dépendent de la situation des deux niveaux dans le réservoir d'amont et dans le réservoir d'aval. Or Dubuat observa que a Ton élevait d'une même quantité les niveaux dans chaque réservoir, le débit du tuyau restîût identiquement le même. Les pressions étaient cependant augmentées, et si le frottement avait varié avec la pression, la résistance au mouvement s'étant accrue, le débit aurait dû se trouver plus petit. Darcy confirma cette loi par les nombreuses expériences dont nous aurons à parler plus loin.
La proportionnalité du frottement à Tétendue des sm-faoes en con-»* tact peut être considérée comme un résultat de la liberté presque absolue des molécules liquides les unes à Tégard des autres ; les résistances que chacune subit s'ajoutent pour former la résistance totale au mouvement de leur ensemble. C'est aussi une conséquence probable de l'indépendance reconnue entre le frottement et la pression dans les liquides. Pour les solides au contraire, le frottement est à la fois proportionnel à la pression, et indépendant de l'étendue des surfaces frottantes, parce que ces surfaces ne peuvent augmenter sans que la pression moyenne subie par chaque élément individuel ne diminue en conséquence.
Enfin Dubuat posa comme principe, et tous les hydrauliciena, jusqu'à. Darcy, ont admis depuis, que le frottement est indépendant de Ja nature delà paroi sur laquelle le liquide glisse; ce qui revient à supposer qu'une couche d*eau très mince s'attache à cette paroi, et que le glissement a lieu entre cette couche fixe et le liquide. Noua verrons que les nouvelles expériences ne permettent plus de conserver cette opinion.