DES FLUIDES
en deux classes» les oorps liquides et les cor^ gazeux. La considérAiîon des variatiens de volume permet tfétaialir entre ces deux états des corps «me ^iistiiictîoû bien traociiëe.
Lorsqu'on cherche à ccMnprimer un liquide, de manière à réduire le volume <pi'il occupe, on -éprouve une résistance extrêmement grande, «it l'on n'obtient la rédaction demandée qu'au prix de très grands effE)rts. Ce n'est qu'en répétant avec des précautions particulières CCS essais de compression des liquides, que les physiciens modernes ont déterminé les valeurs très petites des coefficients de compressibilité. Quant aux anciens physiciens, ils ont cm, sur la foi d'expériences trop peu rigoureuses, que l'eau et les liquides sont incompressibles d'une maniè)*e absolue.
Si, an lien de comprimer un liquide, on vent lui faire occuper un volume {dus .grand, le liquide m s'étend pas à proportion de la liberté qu'on liii donne. Un liquide versé dans \m yase ouvert, se termine à une sul-faoe horixontale parfaitement nette, et ne manifeste aucune tendance à s'élever au-dessus de ce niveau. Sur cette surface libre, s'exerce la pression de l'atmosphère. Mais la physique indique des moi^ens de la supprimer, ou au moins de la réduire. Qu'on fasse cette opération avec la machine pneumatique, le liquide va-t-il augmenter sensiblement de volume? Non; les molécules se répandent sous la cloche où l'on vient de laire le vide, mais elles s'y répandent à l'état de vapeurs^ c'est-à-dire enfin, à l'état ga^seux. Le hqaide s'est à peine dilaté, et un phénomène d'un autre genre s'est accomplL
Ainsi, eompressibôlité tràs fmble, dilatabilité également faible, voilà les caractères des liquides naturels.
Pour les gaz, au contraire, la compressibilité et la dilatabilité pecrettt être constatées par les expériences les moins délicates. Un mètre cube d'air, pris sous la pression normale atmosphérique, est réduit à un volume moitié moindre si on lui fait supporter une pressioïi double ; il est réduit au quart sous une pression quadruple : et il en est de même de tous les gaz, sauf lorsqu'ils arrivent à l'état (fit de Mêuratie^ parce qu'alors l'augmemlation de la pression .peut transformer mie partie du gaE en liquide. Mab, à part ce voisinage
4 LIQUIDES ET GÂZ.
du changement d'état, dans lequel le gaz comprimé devient une vapeur, un gaz suit sensiblement la lot de Marioite^ entre des limites très étendues, c'est-à-dire qu'un même poids de gaz, pris entre les limites convenables de pression, occupe un volume réciproquement proportionnel à la pression qu'on lui fait supporter.
Dans cet énoncé, nous négligeons les températures. La chaleur joue cependant un grand rôle dans tous les phénomènes naturels, et notamment dans ceux qui ont rapport aux gaz. La loi de Gay-Lussac complète la loi de Mariotte, en introduisant dans les formules les binômes de dilatation qui renferment la température. Mais la température n^est pas, comme on Ta longtemps cru, une sorte de variable indépendante, sans liaison avec la pression et qu'on puisse toujours donner à part pour achever de déterminer l'état d'une masse gazeuze. Les physiciens ont reconnu que la question est beaucoup plus complexe, et que les variations de pression d'un certain poids de gaz ne peuvent s'opérer sans entraîner dans la température de ce gaz des variations correspondantes, à moins qu'on ne communique au gaz ou qu'on ne lui enlève certaines quantités de chaleur. On arriverait à des conséquences physiques tout à fait fausses si, dans les problèmes relatifs aux gaz, on perdait de vue les circonstances calorifiques.
Quoi qu'il en soit, nous pourrons donner du liquide parfait et du gaz parfait les définitions suivantes : un liquide parfait sera pour nous un fluide incompressible d'une manière absolue ; un gaz parfait, un fluide indéfiniment compressible et indéfiniment dilatable conformément à la loi de Mariotte, tant que la température reste la même; en d'autres termes, un liquide parfait est un fluide dont la densité est constante, et un gaz parfait, un fluide dont la densité varie proportionnellement à la pression, à égalité de température.
DÉFINITION DE J-A PRESSION EN UN POINT d'UN FLUIDE.
3. Conformément à l'hypothèse qui sert de base à toutes les théories de la physique moderne, nous admettons que les fluides