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CHAPITRE PREMIER

ECOULEMENT PEUMANExNT DES LIQUIDES PARFAITS.

63. L'hydraulique (') est l'ensemble des règles qui peuvent aider Tingénieur à résoudre les problèmes relatifs au mouvement des eaux. On a pu remarquer dans l'introduction combien Tliydrody- Damlque est peu avancée ; il seiait impossible d'attendre les progrès de cette acience pour traiter rationnellement une foule de questions qu'on rencontre à chaque instant dans la carrière des ti avaux publics. L'art de diriger les eaux, d'ailleurs, est contemporain de rétablissement des graodes villes, et il répond à des besoins trop impérieux pour qu'on n'ait pas essayé, à toutes les époques, d'en trouver les solutions les plus convenables et les plus pratiques. L'art a donc précédé la théorie. La théorie,* à son tour, redresse beaucoup d'erreurs que les praticiens sont exposés à commettre quand une

.*) Le mot hydraulique ayait aotrcfoisune toute autre signiftcation : « Ce mot rst * dérîTé da grec &2pauX((, eau sonnante, formé de uîup^ eau et de aiiXd<, flûte, La lai- ' son de cette étymologic est que Thydraulique chex les ancicoB, n'était uutre chote que a la sdence qui enseignait à construire les jeux d'orgues, < t que diDs la première origine desorgue», où Ton n'avait pas encore l'invention d'appliquer des soufflets, on se « servait d'une chute d'eau pour y fiiire entrer le vent et les faire sonner. » (Encycl. ■Ué.'A(y/.', Art, hydraulique,)

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expérience vulgaire est leur seul guide. L'hydraulique est donc une science intermédiaire, modeste, mais fort utile ; elle n'a en vue que les applications pratiques, mais elle éclaire les résultats de Texpérience par des théories rationnelles.

L'hydraulique est née en Italie, et l'on peut regarder Torricelli, élève de Galilée, comme son véritable créateur (*). Aussi l'hydraulique date de la même époque à peu près que la mécanique générale. Elle est antérieure à l'hydrodynamique, que l'on doit faire remonter à d' Alembert et à Euler, et qui exigeait la connaissance des nouveaux calculs. Torricelli découvrit la loi de l'écoulement d'un liquide qui sort d'un vase par un orifice en mince paroi. En pratiquant l'orifice dans la paroi d'un tube très court adapté au vase, et de telle manière que le jet fût dirigé de bas en haut, il observa que le liquide en mouvement remontait, à peu de chose près, au niveau de la surface libre de l'eau contenue dans le vase; il en conclut qu'à sa sortie le liquide possède la vitesse qu'un corps pesant acquiert en tombant

de cette hauteur. L'équation v = sj'lgh s'applique donc au mouvement de l'eau sortant d'un vase, \> étant la vitesse d'écoulement, et h la hauteur verticale comprise entre l'orifice et la surface libre. Torricelli donne ce résultat comme un fait d'expérience (**). Plusieurs géomètres, entre autres Varignon (***), en 1667, et Newton (****), en 1687, cherchèrent, sans y réussir, à l'expliquer théoriquement. La théorie proposée par Newton n'est pas admissible; son essai sur cette matière est, dit Lagrange, l'endroit le moins satisfaisant de son livre Aq^ Principes; mais elle présente un véritable intérêt historique,, car c'est en en comparant les résultats à l'expérience que Newton découvrit le phénomène si curieux de la coniraciion de la

(*) Tonicellit né en 1G08, mourut en 1647. L'érudition moderne fait remonter l'iivdraulique plus tiaut. Sans s'arrêter an père CaMelli, qui écrivit vers raniiée )638 un traité de la mesure des eaux courantes, elle voit déjà ia science hydraulique briller d'un vif éclat vers l'an 1500, dans les manuscrits de Léonard de Vinci, aujourd'hui conseivéii à la t)ib)iûthèque nationale de Ptiris. Voir sur cetie question 1. Nazzani, Idrauiica matematica e praticOt 1. 1*% p. 30.

{'*; De motu naiuraliter accelerato,

('**) Mémoires de l'Académie des sciences de Paris, 1667.

{**'*) Livre 11 des Principes mathématiques, 7*^ section, prop. 36.

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