LIMITE INFÉRIEURE DES PRESSIONS
séparément aux deux portions delà section: à Tune, parce que le fluide y est en repos ; à l'autre, parce que F écoulement s'opère par filets parallèles, rectilignes et animés de vitesses uniformes. La pression mutuelle, à la séparation des deux liquides, ne peut d'ailleurs varier brusquementNd' un côté à l'autre de cette surface, et par suite la loi de répartition des pressions s'étend d'un côté à l'autre sans solution de continuité.
Ces remarques permettront d'appliquer, dans un grand nombre de cas, le théorème de Benioulli; car elles font connaître les pressions p, en certains points, ce qui suffit en général pour qu'on puisse (iier de l'équation les vitesses. On ne doit pas oublier que les règles ainsi posées n'ont rien d'absolu ; qu'elles reposent sur l'hypothèse du parallélisme des filets, de la permanence du régime et de Tuniformité du mouvement, toutes hypothèses qui, dans les applications» ne sont jamais rigoureusement vérifiées. Il suffit qu'elles soient à peu près vraies pour que les formules de l'hydraulique soient applicables, au moins à titre d'approximation.
65. Les pressions, dans un liquide en mouvement, aussi bien que dans un liquide en repos, ne peuvent être négatives ; car une pression négative équivaut à une tension, et un liquide ne peut subir ce genre d'efforts sans se disjoindre et sans perdre la continuité que supposent les formules. Lorsque le calcul conduit pour certains points, à des pressions négatives, c'est une preuve que l'hypothèse faite sur le mouvement du liquide doit être repoussée ; en général, cela indique que le mouvement réel du liquide ne satisfait pas aux conditions de la permanence. Les formules sont alors en défaut, et il faudrait, pour savoir exactement ce qui se passe, modifier Thypothëse qui leur ^rt de base, et chercher une autre théorie.
Théoriquement, la pression dans un liquide doué d'un mouvement permanent peut être aussi petite qu'on veut pourvu qu'elle ne soii jamais nulle. Si toutefois l'écoulement se fait dans Tair, il est impossible que la pression en un point de la veine descende audessous de la pression atmosphérique; il semble du moins que dans UD tuyau fermé, le mouvement permanent soit compatible avec
THEOREME
une pression moindre que cette limite. Gela est possible, en effet, comme le démontre rexpérience des syphous. Mais il ne faut pas perdre de vue que Teau d*uue conduite est toujours saturée d'air, et que si^la pression s'abaisse notablement au-dessous delà pression atmosphérique, il se fait dans la conduite un dégagement de gaz aux points insuffisamment pressés ; le gaz mis en liberté tend à interrompre la continuité du mouvement, et, s'il est en trop grande quantité, il peut empêcher 1 écoulement d'une manière absolue. Le même effet se produirait encore avec de Teau privée d'air ^mr Tébullition ; car l'abaissement de la pression suffirait pour amener le changement de l'eau en vapeur, effet qui se produirait surtout si l'eau était à une haute températm^e {*). Il faut donc avoir soin, quand on fait le projet d'une distribution d'eau, de vérifier que nulle part la pression ne s'abaisse notablement au-dessous de la pression de l'atmosphèie.