IV
77. — Appareils de sûreté, — Ce qui a été donné sur cet objet dans le fascicule 4 nous dispensera d'entrer ici dans beaucoup de détails.
L'indicateur de niveau est toujours le tube de verre avec robinets jaugeurs établis sur la colonne de l'indicateur même ou en un autre-
point de la façade. Le bouchon fusible (quelquefois deux) est placé dans le ciel du foyer (pi. II, fig. 69 et 75).
Les soupapes sont au nombre de deux, chargées par ressorts. Autrefois on a beaucoup employé, pour produire la charge des soupapes, le levier avec ressort à boudin à tension réglable. Le plus souvent aujourd'hui les deux soupapes sont appliquées sur la boîte à feu extérieure : elles sont montées sur deux tubulures parallèles, et chargées au moyen d'un seul ressort en hélice agissant au milieu d'une traverse à branches égales qui reporte sa pression sur les deux disques ; Tun des bras de la traverse est prolongé et se termine par une poignée à la portée du machiniste; en appuyant sur la poignée ou en la soulageant, on soulève l'une ou l'autre des soupapes.
Cette disposition fort simple, due àRamsbottom, s'est beaucoup répandue : elle n'exclut pas la soupape perfectionnée à grand soulèvement Adams, Wilson, etc. (4Masc.) (voir fig. il et 65, pi. I).
M. Webb emploie une disposition dans laquelle le ressort est comprimé, et qui rend les accidents impossibles en cas de rupture du ressort {Engg,, 1885-1-462).
78. — Alimentation. — L'alimentation se fait de préférence avec rinjecteur; on emploie cependant aussi la pompe alimentaire : le London-Brighton n'emploie pas d'autre système; le plongeur est actionné par l'un des patins de la crosse (£n^gr., 1881-2-376); on diminue les chocs en employant de grandes soupapes à très petite levée ; les ailettes des soupapes sont en hélice, pour leur donner un mouvement de rotation; il y a un petit reniflard sur l'aspiration et une boule d'air sur le refoulement. Les pompes sont toujours amorcées, mais l'eau peut retourner vers le tender par une soupape supplémentaire dont le réglage sert à graduer l'alimentation de la chaudière.
Au London-Brighton, l'emploi des pompes permet d'obtenir un chauffage effectif de l'eau du tender ou des caisses portées par les machinestender: un tuyau de 75 millimètres, greffé sur l'échappement de chacun des cylindres, est conduit dans la chambre supérieure des soutes à eau. La circulation étant constamment maintenue par les pompes, favorise l'absorption de la chaleur ; dans chaque soute, il y a un petit tuyau au sommet pour le départ de l'air. On reproche au chauffage par l'échappement l'inconvénient d'introduire les huiles dans la chaudière.
Les pompes sont encore en usage quand on emploie beaucoup la
contre- vapeur (74) ; on les trouve fréquemment dans les machines américaines; on a quelquefois employé un petit cheval alimentaire (Borsig).
Les injecteurs (V. Sauvage : la Machine-Locomotive) sont ordinairement disposés pour chauffer Teau du tender, quelquefois sans luyautage spécial, puisque par la fermeture du trop plein, la veine de vapeur
est forcée vers l'aspiration; mais l'injecteur ne pouvant fonctionner avec de l'eau très chaude (fasc. 3 et 4), il y a une limite de température qui ne peut être dépassée.
Outre les dispositions d'injecteurs déjà données dans le fascicule 4, nous ferons ici une mention spéciale de Tiiy ecteur que M. Webb a appliqué à de nombreuses locomotives du L. et N. Western. Il est représenté par les figures 130 et 131 : V est la prise de vapeur, E rentrée de l'eau d'alimentation ; la tuyère et le divergent forment la pièce centrale, qui peut recevoir un mouvement vertical par l'intermédiaire de là tige filetée t et du volant v ; cette tige filetée sert aussi à manœuvrer le robinet de trop plein P, qui monte et descend avec la chambre centrale ; à cette fin, une poignée M peut lui imprimer un quart de tour; l'orifice du robinet de trop plein est prolongé par un tuyau qui rejette l'eau sous la plateforme.
A la partie supérieure de la chambre dans laquelle coulisse le divergent, se trouve la soupape de retenue sphérique S. L'injecteur ainsi constitué est monté à joint rodé maintenu par un écrou sous la boite de la soupape d'arrêt A. Dans ce montage, très élégant, on remarque que le parcours de l'eau est vertical et direct jusqu'à l'orifice d'entrée de la chaudière; le tuyau de refoulement proprement dit est supprimé. Pour chauffer l'eau du tender, on ferme le robinet de trop plein et on ouvre l'entrée de vapeur en même temps qu'on agit sur le volant v.
Les deux injecteurs sont montés de chaque côté sur la façade.
L'alimentation est introduite dans la chambre d'eau, généralement vers le milieu de la longueur du corps tubulaire ; les sels de chaux se déposant à cet endroit sont moins nuisibles que dans les lames d'eau étroites qui entourent le foyer (fig. 7 et 9, 11 et 13 ; pi. 2, fig. 69) ; lorsque la soupape d'arrêt n'est pas placée sur le corps cylindrique lui-même, l'eau est amenée à l'endroit voulu par une tuyauterie intérieure (pi. 2, fig. 69, 130 et 131) : il y a toujours un robinet ou une soupape qu'on peut serrer à la main tout près du point où le tuyau alimentaire s'applique sur la chaudière, et près de ce robinet, se trouve un clapet d'arrêt qui forme souvent la soupape de refoulement de l'injecteur (4® fasc, n** 95). Dans la figure 132 (type 25 de l'État belge) se montrent la prise de vapeur de l'un des injecteurs et le refoulement avec le clapet d'arrêt et le robinet de sûreté.
Fig. 132
ACCESSOIHES DES CHAUDIERES
79. — Prise de vapeur. — Elle se fait le plus souvent dans un dôme qui surmonte le corps cylindrique ; celui-ci est même très volumineux dans certaines chaudières; le dôme est surtout utile pour éloigner Torifîce de prise au-dessus du niveau ; à ce sujet, sa position la plus convenable est sur l'avant ou au milieu du corps cylindrique, car au départ, alors que les chaudières priment le plus facilement, Teau se porte vers Tarnère par son inertie ; d'ailleurs, le dôme se place difficilement audessus du ciel du foyer dont il gênerait les consolidations ; la vaporisalion étant la plus active en ce point, cette position convient peu. On peut cependant citer quelques types anciens dans lesquels le dôme est à Tarrière,
Dans la figure 7, le dôme est en communication, par un tuyau en U, avec le coflfre de vapeur surélevé de l'arrière; cette précaution est peu usitée. Le mode d'installation ordinaire est celui de la figure 68, planche 2; le chapeau du dôme est démontable; le tuyautage, depuis le modérateur jusqu'à la boîte à fumée, est intérieur ; il comprend d'abord im cou de cygne terminé par une glace verticale à lumières multiples, puis un Ironçoii en cuivre avec bride à l'intérieur de la boîte à fumée; le joint entre les deux parties ne peut faire saillie afin de permettre le passage par Touverture de la plaque tubulaire; ce joint est fait au moyen d'un liée conique et d'une fausse bride munie de deux boulons de serrage. Lorsque le dôme est très près de la plaque tubulaire (pi. I, fig. 65), la disposition peut être différente. Dans la figure 58, la glace du modérateur est inclinée et le renvoi du mouvement se fait par une tige à translation. La pression de la vapeur rendrait le mouvement du modérateur très dur pour l'ouverture ; aussi la glissière principale est percée d'une petite lumière sur laquelle pose une tuile de section très réduite reliée invariablement au mouvement du modérateur, tandis qu'on donne un certain jeu à l'articulation qui commande la glissière principale.
Le mouvement imprimé à la poignée du modérateur a pour premier effet de découvrir la lumière auxiliaire, jusqu'au moment où le jeu est regagné; Fig, 133 le contraire se produit à la fermeture.
On emploie aussi assez fréquemment les soupapes équilibrées à double sLêge, qui sont d'une manœuvre toujours facile (fig. 133); cette disposilioii est tréquente aux Etats-Unis.
ACCESSOIRES DES CHAUDIERES ISl
En Angleterre, on trouve assez souvent des chaudières sans dôme : celle de la figure H est dans ce cas : la prise de vapeur se fait au moyen d'un long tuyau horizontal percé d'orifices dans sa région supérieure ; tuyau qui aboutit dans la boite à fumée à la chapelle du modérateur, dont les glissières peuvent être manœuvrées sans aucun renvoi.
On a beaucoup employé autrefois le modérateur à papillon tournant; il est conservé au London-Brighton {Engg.y 1881-2-377) avec une petite soupape centrale pour diminuer la résistance initiale.
Dans les machines à cylindres extérieurs, lorsque ceux-ci sont sur le milieu de la longueur, le tuyautage qui amène la vapeurdu modérateur aux chapelles est extérieur à la chaudière.
A partir de la boite à fumée, la prise de vapeur se bifurque et les branches aboutissant aux chapelles cpntournent la boite à fiimée ; le mode de jonction de celle-ci avec le corps cylindrique lui donne ordinairement un excès de diamètre qui permet de loger le tuyautage sans obstruer les tubes de fumée.
Tout le tuyautage se fait en cuivre rouge ; les joints sont serrés de préférence à sec au moyen de cônes rodés.
80. — Nettoyage. — Il est surtout nécessaire sur le ciel du foyer, dans les lames d'eau qui l'entourent, et au fond du corps tubulaire où tombent les boues ainsi que les écailles qui se détachent du faisceau ; l'espace manque pour établir des portes de nettoyage de grande dimension, mais on multiplie les regards et les bouchons à vis qui permettent de gratter les incrustations et d'introduire des jets de lavage.